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 ❝ burn slow, burning up the back wall (Jang Mun Hee)

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Niwie en Or et Femme de BATMAN
Niwie en Or et Femme de BATMAN
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MessageSujet: ❝ burn slow, burning up the back wall (Jang Mun Hee)   Mer 2 Jan - 22:52

DESTROY THE STRONG EGO
DESTROY THE STRONGE RELIANCE ...

DESTROY THE WEAK HEART.


Survivre.

Savez-vous ce qu'est une journée réellement pourrave de fibre en fibre ? Comme si le petit con secondant Dieu s'était amusé à foutre sa merde dans le mélimélo des fils de la Vie. Savez-vous ce que ça fait de se lever, le matin, avec une migraine carabinée et l'obligation de répondre à des devoirs merdiques d'étudiant alors que tout ce qui vous plairait se résumerait à rester bien au chaud dans votre pieux confortable à l'abri des regards. Parce que, même si vous vous levez, vous savez que tout finira par partir en sucette. Parce qu'il y aura toujours un monsieur « tout-le-monde » pour venir vous les casser, à vous, pauvre gosse perdu qui ne demande que la paix. Alors, si vous êtes vous aussi un adepte de cette façon - Ô combien rayonnante, avouons le - de voir nos putains de vies répétitives à l’extrême, vous comprendrez peut-être un peu mieux pourquoi quelques fois l'envie de se taper la tête contre les murs l'effleure elle aussi.
Mais, ça, tout le monde s'en branle.


Remontant ton col délicat, te dévêtant de cette chemise hideuse dont le blanc immaculé s'en est vite fait la malle depuis un ans déjà et la foutant en boule dans ton sac jucher sur l'épaule, tu fixe ton regard perdu sur la porte que tes « camarades » passent rapidement. A quoi bon courir si le résultat en restera à jamais le même. Tu te surprend à maudire ta petite vie et ses petites habitudes de merde. Parce que tu sais à l'avance tout ce qu'il va arriver, ce qu'il se passera, tout comme ce qu'il s'est déjà passé. tout. Et tu méprise cela, cette répétition, immondice, lasse. Pire encore que ce connard de Mun Hee, pire que ses blagues foireuses à peine bonnes pour égailler son quotidien de sale gosse. Pire que le coup de ce midi, à la cafète. Pire que les trois réunis, même. Mais comment en vouloir à quelqu'un de tenter d’illuminer son quotidien à lui, hein ? Pourquoi tant de haine alors que toi, tu sais pertinemment que tu n'a ni la patience, ni l'entrain et encore moins la bravoure suffisante pour te le permettre. Alors tu rage. Tu rage et tu le regarde faire. Seulement, voilà. Sa nouvelle cible, c'est toi. Lui, ça l'amuse, tu le sais, tu le sens. Et ton manque de bravoure t’empêche de te rebiffer, hein. Tu le sais. Quand il passe à côté de toi, combien de fois as tu rêvée de lui en foutre une, de lui arracher deux ou trois poignées de cheveux, de lui refaire le visage, de lui casser quelques dents, tiens, au passage. Mais, non. Ton manque de bravoure là encore, ou, pire, ta lâcheté ; te fige. Tu t'obstine. Pourtant, qu'aurais-tu à y perdre ? Tu es déjà tombée si bas dans l'estime des autres ... Et la lueur vengeresse dans tes iris n'y changera rien. Tu es i-n-u-t-i-l-e Cocotte. Aussi chétive qu'un oisillon. Rien. juste, rien.

Lissant avec minutie les pans de ta jupe, tu prend enfin le courage d'avancer vers la porte mangeuse d'homme. C'est drôle, tu est différente des autres même sur les points les plus étranges. Et te complaire à te croire en sécurité dans cette salle de torture alors que tout étudiant normal ne rêverait que de s'enfuir en est une preuve irréfutable. Mais, toi, ça te fais marrer. Ça te fais marrer parce que tu sais pertinemment que là, ici, dans cette pièce lugubre emplis de tubes à essais et de produits multicolores, rien ne peut t'arriver qui ne puisse être prévisible. Parce qu'il n'est pas là. Et, soudainement, tu ricane. Tu t'essouffle à la tâche, sous les yeux effarés des quelques retardataires et du prof encore debout proche de son tableau la craie à la main ; tu t'esclaffe. Tu rie et tu t'étrangle. Tu songe à toutes ces sornettes qui courent un peu partout sur ton compte. Tu songe à ton statut de bitch. Tu songe à toutes ces conneries que disent les gens. Qu'il te fait peur, parait-il. Que t’appréhende plus que tout le courroux de tout retournement de situation. Que tu te tais pour ça. Quelles belles conneries. Lui et ses blagues dérisoires ? Te faire peur ? Et ça te fais rire, de plus belle. Parce qu'il n'a en son pouvoir qu'une seule et unique chose. Le don de pouvoir interférer dans ton petit quotidien répétitif. Et c'est ça, c'est ça qui te fou les boules. Parce qu'alors tu n'a plus aucune emprise sur rien. Et tu es perdue. Aussi perdue qu'un chien sans son flaire. Plus rien. Comme s'il t'enlevait tous tes sens à la fois. Et toi, vile petite calculatrice que tu es, ça te chamboule. Et ça, ça fait peur. Mais tu ferme ta gueule. Parce que rien n'est pire que se rendre à l'évidence.

Longeant les murs les mains retenant une pile monstrueuse de bouquins que tu n'auras même pas pris la peine de ranger dans ton minuscule sac ballant passé à ton épaule gauche, tu garde la tête haute. La tête haute fasse à tous ces regard acérés. Toutes les attentions vont vers toi, tu le sais. Le coup du string au réfectoire ce midi n'était pas passé inaperçu. Et ça t'enrage. Ça te fou un peu plus les nerfs en pelote parce qu'il vient de te prouver qu'il pouvait appuyé un peu plus sur ce statut de bitch qui te colle à la peau comme un vieux chewing-gum durement coller sous la semelle. Les noms d'oiseaux à son encontre fusent dans ta petite caboche. Pire que tous les maux, il te ronge. Il fait en sorte de te marquer. Et tu te demande inlassablement ce que tu as bien pu faire pour en arriver à la avec cette ordure. Mais rien, tu n'es pas asses créative, il faut croire. Alors tu laisse couler. Tu arpente les couloirs, cet éternel petit sourire mauvais au coin des lèvres, telle une folle alliée. Même si, au fond, il suffirait d'un rien pour tout casser. Tu le sais, mais tu pensais pouvoir encore t'en sortir, hein ? Il suffirait de se hâter à la sortie du dernier cour de la journée ; de faire un détour pour rentrer. D'attendre le train de quarante cinq. Il suffirait de si peu de chose pour être tranquille jusqu'à la fin de la journée, jusqu'au lendemain. Même si jusqu'ici rien ne s'est jamais passé comme tu l'avais prévue. Tu calcule, tu monte des plans, tu fignole avec minutie ; mais il t'aura toujours. Et quand tu pense l'avoir semé, l'avoir dépassé sans avoir égayé son attention ; il te retombe dessus à la sortie. Comme s'il savait se dédoubler. Et ça, ça t'emmerde encore plus que le reste. Si seulement tu faisait un peu plus attention aux détails gros comme des immeubles sous ton nez. Si seulement tu avais remarquée les vêtements qui changent, les tics qui évoluent, tout. Mais tu est sotte. Et on ne peut guère plus rien tirer de toi.

Arrivant à hauteur de la ribambelle de casiers, tu t'approche de ton pas aérien vers celui exhibant si fièrement l'inscription « BYEOL HR » et ton sourire en coin revient à l'assaut. C'est que tu aime ton casier, c'est comme un petit bous de ta maison, mais dans cette enfer d'université. Tu est heureuse de le voir là. Et tu ne remarque ni les griffures en surface et pourtant minuscules sur le cadenas quand tu y insère ta clé, ni les regards beaucoup trop vagabonds des quelques crétins prostrés un peu plus loin que tu as pourtant appris à reconnaitre ces derniers temps. Tu n'as rien flairer, rien. Trop heureuse d'avoir une esquive, que dis-je, un plan pour ne pas reproduire la scène du midi. Celle qui te fais tant honte que ça. Celle pour laquelle tu est alors devenue le premier sujet de toutes les conversations alentours. Encore une fois. Une fois qui remplis le verre à sa limite, tu le sais. Tu n'est pas imbattable. Tu tombera sous les assauts répétés. Et ça t'enrage un peu plus.

Il ne t'as suffit que d'un unique tour de clé pour que le désastre te crache à la gueule son hilarité. Et il arriva ce qui devait arriver. Les ours aussi mignons soient t-ils tombèrent en flots rapides sur le sol. Tu restas la, prostrée à ton tour, sous les yeux effarés des quelques étudiants passant par là. Et les premiers rires sonnèrent, déjà, contre le mur du fond. Tu aurais pu les reconnaitre entre milles. Tu le sentais, même. Mais tout s'embrouille, les rires, les exclamations et la tonitruance des chants crachés par les petits cœurs des peluches. Ça ne pouvait qu'être l'une de ses blagues infantiles. Et l'ombre que ce ne soit simplement qu'un admirateur plein aux as ne t’effleura même pas l'esprit. Tu lui en foutrais des admirateur. C'était lui. Ça se devait d'être lui. Parce que la vengeance n'en serait que plus violente encore. Et alors que certains arrivaient attirés par les dizaines d'« I love you » répétés inlassablement et enclenchés par le choque contre le sol glacé, d'autres se mirent à en ramasser quelques uns comme pour mater la qualité du matos. Mais tu restas là, figée au milieu de tous ces oursons, le regard vide et les bouquins jonchant le sol. Certains étaient tombés pendant la descente périlleuse des adorables peluches, les autres t'avaient échappés avec maladresse des bras sous la stupeur. Ta paume, elle, resta fixée au montant du casier alors que les souvenirs t’assaillaient. Les souvenirs de ces coups de putes, les souvenirs de toutes ses interrogations pire que toutes les gueules de bois du monde. Le souvenir de sa voix minaude, de ses paroles aguichantes, de sa présence à quelques pas de toi, comme ce midi, comme maintenant. Tu le sais, tu le sens. Il est là. Et il doit surement bien se marrer. Alors, qu'est-ce-que tu attend au juste pour aller lui foutre une bonne dérouillée ? Une invitation ? Une lettre avec recommandé ? Es-tu si lâche ? Oh, tu aurais tout donnée pour lui lancer quelques insanités à la gueule. Toujours, maintenant, à jamais. Mais tu reste figée net. Et, quelque part, au fond te toi, tu entend ce taimbre hilare qui te murmure que tu a une fois de plus perdue.
« ▬ Vas crever sale con, murmures-tu imperceptiblement. »
Alors, alors que tes mains sont prises de tremblements légers et presque indétectables au même titre que tout le reste de ton corps, tu laisse tes lèvres se muer en une moue dégoutée. Les mots de trop t'échappe, tu ne peux plus faire marche arrière.

Tu sais alors que le verre est empli à excès.

_________________
    « Elle resta jusqu'au soir perdue, dans une rêverie douloureuse »

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