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 Un ciel qui n'appartient qu'à moi [Lionel].

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Niwie en Or et Femme de BATMAN
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MessageSujet: Un ciel qui n'appartient qu'à moi [Lionel].   Lun 24 Mar - 12:35

Elyrian a écrit:
Et je vole dans ce ciel qui n’appartient qu’à moi.
Ou presque.
FEAT.  LIONEL A. LUTHER
Soupir. De bien être, de plénitude, de liberté. Les mains posées sur son balai, la poigne délicate témoignant de son habitude à manœuvrer tout en gérant un souaffle et en esquivant des cognards, Elyrian continuait de virevolter dans les airs, jouant avec la vitesse que pouvait lui procurer son moyen de transport, jouant autour des gradins et passant dans les cerceaux, exécutant des pirouettes aériennes pour le simple plaisir d’avoir la tête à l’envers. C’était bon, tout simplement. Le Quidditch elle avait toujours aimé ça, respectant la bonne majorité de ceux qui pratiquaient ce sport. C’était un moyen pour elle de s’évader et également de faire ses preuves. La demoiselle tenait à sa maison, tenait à lui rapporter des points, tenait à ce que l’on soit fier d’elle, aussi se donnait-elle à fond lors des entraînements et surtout lors des matchs. Pour faire honneur aux Poufsouffles, tout simplement. Et tant pis si dans l’équipe se trouvait son crétin d’ex, tant pis si elle se prenait un peu trop de cognards à son goût. Le Quidditch c’était son plaisir personnel : le seul moyen d’avoir enfin des ailes. Et malgré l’esprit d’équipe que cela impliquait, esprit dont elle ne manquait pas spécialement, elle avait toujours l’impression d’être seule. Et cette impression la comblait, la renforçait, lui donnait l’impression qu’elle pouvait toujours tout affronter : toujours seule.

Mais aujourd’hui cela ne serait pas le cas. Car si le terrain d’entraînement n’avait pas été réservé pour une équipe entière en particulier, cela n’empêchait pas les fous du balai d’en profiter, loin de là. Mais elle les ignorait, tous. Sauf un. Un lion, qu’elle découvrit encore au sol et ne semblant pas avoir l’envie de voler sur le moment – peut-être plus tard qui sait – mais surtout il s’agissait d’un lion qu’elle connaissait bien. Lionel. Tout était partit d’un duel de sorcier entre eux et aujourd’hui la sorcière ne se risquerait pas à mettre un nom sur la relation qu’ils entretenaient : trop compliqué et trop perturbant pour qu’elle daigne se donner cette peine. De toute manière quelle importance ? Pour l’heure un choix s’imposait à elle : faire comme si elle ne l’avait pas vu et poursuivre ses cabrioles aériennes pour le simple plaisir – un plaisir infini soit dit en passant – ou bien descendre, quitter le ciel pour retrouver la terre et le Gryffondor au passage. L’hésitation ne dura qu’une poignée de secondes : elle était déjà en train de fuser vers le sol pour le rejoindre. S’arrêtant pile à côté de lui, Elyrian descendit alors tranquillement de son balai, le gardant à la main tandis qu’elle vrillait désormais son regard d’émeraude dans celui de son compagnon. Sourire. Mince, presque imperceptible, mais sourire quand même. Elle aimait bien le voir.

« Alors quoi, tu me mates quand je vole maintenant ? C’est bon à savoir, à l’avenir je pourrais peut être te déconcentrer. »

La bonne blague. Déjà elle ne perdrait pas son temps à s’abaisser à ce genre de choses durant un match, deuxièmement elle doutait fortement que le lion s’y laisse prendre, il était trop envieux de faire gagner sa maison, comme elle. Mais la moquerie était là, comme à chaque fois qu’elle ouvrait la bouche presque. Peu de temps après leur première rencontre, Elyrian avait enfin comprit qu’elle avait déjà vu le jeune homme sur le terrain – oui elle est longue à la détente mais on s’en fout – et en avait souri. Ils se ressemblaient déjà sur de nombreux points, et elle leur avait trouvé par la suite une passion commune. Quoi qu’il en soit, une fois les salutations ainsi formulées, la rouquine décida de s’asseoir dans l’herbe, déposant son balai à côté d’elle avant de se pencher doucement en arrière, levant les yeux vers le ciel. Il faisait bon, et ça faisait franchement du bien.
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Niwie en Or et Femme de BATMAN
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MessageSujet: Re: Un ciel qui n'appartient qu'à moi [Lionel].   Lun 24 Mar - 12:36


Personne ne lui a jamais appris,
Qu'on pouvait dire oui.
avec Elyrian Helm.



Il faisait beau, ce jour là. Suffisamment beau pour te tirer dehors, même malgré la petite brise farouche flattant ta nuque sensible. Fidèle à toi-même, tu t'étais trainé jusqu'au terrain de Quidditch, seul. C'était un peu comme un rituel satanique, pour toi. Avec ou sans beau temps, avec ou sans balais ; il te fallait ta visite quotidienne et rébarbative pour maintenir ta bonne condition mentale. C'était un peu ton expiateur, ton temple. L'endroit qui te calme les nerfs en un claquement de doigts, en une poussée vertigineuse. Et avec toutes ces tuiles te tombant les unes après les autres sur le coin du nez, tu avais bien le droit de foutre le camp, de temps en temps. Ta cape de sorcier pendant lâchement par dessus ton épaule droite, avançant de ton allure preste, tu t'arrêtas à mi-chemin entre la première partie et le milieu du terrain. Ton œil fatigué et pourtant si professionnel dans ses analyses, s'arracha à la contemplation des quelques adolescents juchés sur leurs balais. Il ressortait du décors une impression d'amusement si nette que s'en était presque irritant. Pourtant, tu n'avais pas l'ombre de l'envie d'aller piquer quelques pirouettes, histoire d'épater la galerie. Non, aujourd'hui tu n'étais pas là pour ça.

Il ne te fallut que quelques minutes pour cibler la belle rouquine virevoltant non loin de là. Ses gestes emprunts de la délicatesse que vous confère l'habitude et l'entrainement rigoureux, tout semblait lui être indéniablement donné, possible, facile à réaliser. Elle était comme ça, Elyrian, agaçante. Elle et ses petites mimiques outrées, elle et ses gueulantes effarouchées, elle et ses remontrances acharnées, elle et ses beaux sourires en coin. Il avait suffit d'un rien, d'un match, pour mettre le feu au poudres dans ta tête. Puis, d'un duel, d'un rhume et d'une défaite. Elle semblait s'être déjà faite une place de choix au sein de ton petit circuit nerveux. S'en était presque décevant de voir avec quelle facilité tout lui semblait dû. Et, perdu au confins de tes pensées moroses, tu la vit sans la voir, descendre vers toi telle une fusée dans son piqué parfait. Tu ressentis la morsure de l'appel d'air sur ton épiderme, tes quelques mèches malmenées venant troubler ta vision fatiguée et son sourire presque infime se dessinant sur ses lèvres purpurines. Le tiens suivit de près, plus grand. Doux.

« Alors quoi, tu me mates quand je vole maintenant ? C’est bon à savoir, à l’avenir je pourrais peut être te déconcentrer. »

La regardant mettre pied à terre de sa façon assurée, tu ne pu retenir un haussement de sourcil très Lutherien. C'est qu'elle t'en sortait des bonnes, la miss. Son regard vivement planté dans le tiens te rappela de nombreux souvenirs de vos déboires dans la salle de duel. La façon dont elle t'avais refiler le pire des rhumes possibles. Tenace. Comme toi.

« Oh, c'est sur, ça ne loupera pas... Tu sais bien que t'es irrésistible chevauchant ton balais comme ça... Un vrai appel à la débauche ! Ton rire rauque répondit à ta propre boutade, avant que tu ne reprenne doucement : Je ne te savais pas si, Serpentarde. »

Jamais tes yeux ne la quittèrent alors que, soudainement, elle s'installa dans l'herbe sans l'ombre d'une gène. Ton sourire s’agrandit. T'aimais bien cette assurance, chez elle, ça faisait une partie intégrante de son charme. Et, t'accroupissant à ses côtés, les mains pendantes sur tes genoux pliés, ta cape de sorcier gisant sur ta gauche ; tu la fixa d'une œillade lubrique. Ses beaux cheveux roux semblaient luire sous les quelques rayons dardant aux loin. Intriguant.  

« Depuis quand t'es là ? C'est assez inhabituel de te croiser ici, hors match. Te serais-tu faite gronder par un certain blondinet ? Comme je te plaint. »

Il y a des occasions de fermer sa gueule qu'on loupe.
Mais à la guerre comme à guerre.
Celle-ci, elle ne l'avait pas volée.


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MessageSujet: Re: Un ciel qui n'appartient qu'à moi [Lionel].   Lun 24 Mar - 12:37

Elyrian a écrit:
Et je vole dans ce ciel qui n’appartient qu’à moi.
Ou presque.
FEAT.  LIONEL A. LUTHER
Elyrian s’était rapidement habituée à l’humour du lion. A ces répliques salaces, envieuses et désireuses si bien qu’elle-même prenait un certain plaisir à évoquer ces sujets, savourant les compliments qui se cachaient derrière les moqueries. Derrière son rire aussi, grave, masculin. Sincère. Cela lui plaisait, si bien que son sourire s’accentua doucement, amusé. Pour disparaître tout aussi vite quand son interlocuteur insinua qu’elle était plus serpentarde qu’il n’y paraissait. Une véritable insulte pour elle. Elle qui trouvait les serpents tellement prétentieux, tellement hautains, avec leurs airs supérieurs et leurs sourires mauvais. Et il osait la comparer à ça ? Décidément niveau flatterie elle avait connue mieux, bien mieux. Mais soit, bien qu’elle tiqua face à la remarque, elle préféra l’ignorer pour le moment, retrouvant l’esquisse d’un sourire sans se donner la peine de répondre. Elle trouverait bien un moyen de lui faire payer cette remarque au centuple. Ce fut pour cela qu’elle se contenta de s’asseoir dans l’herbe, en tailleur, observant son comparse s’accroupir près d’elle. Monsieur craignait-il de ne plus savoir se relever s’il décidait de s’asseoir ? La remarque, intérieure, lui tira un nouveau sourire mais elle garda le silence. Ce fut de toute manière lui qui le rompit à nouveau.

Le regard d’émeraude de la rousse se vrilla de nouveau dans celui de son interlocuteur, assassin. Elle, se faire gronder ? Par Kalev qui plus est ? La bonne blague. Le blond en question serait tout simplement incapable de lui faire la morale sincèrement et si cela devait arriver il était certain qu’elle ne se laisserait pas faire. Mais de voir que le lion était capable d’évoquer son ex pour l’emmerder, quel coup bas ! Encore. Et cette fois cela ne resterait pas impuni, parole de Poufsouffle ! Tout d’abord la demoiselle s’empara d’une des jambes du jeune homme et tira violemment dessus, le faisant ainsi tomber à la renverse. Ne lui laissant pas le temps de réagir, la rouquine se retrouva à califourchon sur lui, enfermant entre ses poings le col de sa robe de sorcier et rapprochant lentement son visage du sien, un sourire moqueur aux lèvres. Furieuse ? Pas vraiment. Elle se contentait de répondre à une réplique lancée à son égard, et puis pas besoin de magie pour exprimer ses pensées. Elle avait vécu dans un monde moldu, elle avait vu les gens se battre dans la rue. C’était peut-être moins civilisé qu’un duel de sorcier, quoi que, mais c’était à ses yeux plus vrai. Et Lionel comprendrait, il était comme ça lui aussi. Immobile dans sa position, Elyrian lâcha alors :

« Même pas en rêve le lion, le blondinet en question n’a aucunement le droit de me faire la morale. Ah et concernant mon côté serpentard, ça ne m’étonne pas que tu l’ignorais. Au fond, tu ne sais pas grand-chose, pas vrai ? »

Vengeance. Violente, disproportionnée. Vengeance qui frappe là où ça fait mal. Mais peut-être était-elle folle d’ainsi aborder cette manie qu’elle avait de se cacher des gens, de garder pour elle sa vie privée et ses sentiments, ce refus de s’ouvrir. Il s’en servirait contre elle évidemment,  il n’aimait pas ça. Elle non plus. Alors pourquoi avoir abordé le sujet ? Peut-être était-elle vraiment une serpentarde au fond, trop vicelarde, trop cruelle dans ses propos parfois. Mais elle ne voulait pas de ça, elle aimait penser qu’elle ne faisait ça que pour se protéger. Préserver ses sentiments, préserver son honneur. Et alors qu’elle songeait à tout ça, la demoiselle finit par quitter sa rêverie, comprenant qu’elle avait dû paraître quelque peu troublée. Elle, serpentarde ? Non, pas moyen. Alors elle finit par soupirer, se reculant lentement, relâchant sa prise sur son interlocuteur. Ses poings devinrent une caresse, éphémère, comme en guise d’excuse. Mais elle resta sur lui, nullement gênée, lui jetant un coup d’œil soudainement plus apaisée. Et, comme si rien ne s’était passé, elle ajouta.

« J’avais besoin de prendre de la hauteur. Tout est bien plus facile quand on est sur son balai. Mais comme tu peux le voir moi je n’ai pas de fan pour m’acclamer à chaque virage que je prends. »

Pas de fan, pas de supporters qui ne viendraient que pour elle. Quoi que. N’y avait-il pas une personne ? Ce lion ainsi coincé sous elle, bien qu’il puisse reprendre l’avantage quand cela lui chantait.
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Niwie en Or et Femme de BATMAN
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MessageSujet: Re: Un ciel qui n'appartient qu'à moi [Lionel].   Lun 24 Mar - 12:38


Personne ne lui a jamais appris,
Qu'on pouvait dire oui.
avec Elyrian Helm.



« Depuis quand t'es là ? C'est assez inhabituel de te croiser ici, hors match. Te serais-tu faite gronder par un certain blondinet ? Comme je te plaint. »

Mon regard perdu sur ses mèches rougeoyantes, sur son profil harmonieux et ses traits parfaits, j'attendis bien sagement. Ely, une fois que l'on prenait le temps de la connaître telle qu'elle voulait bien se montrer, ne débordait jamais du moule. Jamais. Et trop prévisible qu'elle a toujours été, son petit sourire en coin jurant si violemment avec la lueur maladive dilatant ses pupilles ; il ne m'en fallut guère plus pour comprendre que j'allais une fois encore prendre cher. J'avais dépassé les bornes, c'était certains, les premières frontières avaient cédées. Chaque jour, c'était la même rengaine. Tout n'était que jeu, entre nous deux. La pousser dans ses retranchements les plus profonds, la pousser à son paroxysme, flirter avec l'interdit. Et soit ça passe, soit ça casse. Oh, bien-sûr, des loupés, j'en ramassais à la pelle. Des fois où, trop excité par mon propre petit rôle, je l'ai poussée trop loin. Beaucoup trop loin. Là où je ne pouvais plus aller la récupérer. Là où ça fait mal : au cœur. Et autant dire que dans ces moments là, il faut être prêt à payer au centuple sa connerie. Et ce n'est pas peu dire.

Son regard dure, infiniment bien encré au mien, semblait prendre un malin plaisir à jongler entre mes deux iris. Comme pour peser le pour et le contre, comme pour juger quelle attaque ferait le plus de dégât, serait à même à me toucher là où elle le voulait. Mais, ironiquement, j'ai toujours aimé ça chez elle... Et ouvrir le sujet tapé du mot « relations » n'avait pas été ma meilleure idée, ni la plus judicieuse. C'était comme entrer dans le tabous, mettre les pieds en territoire inconnu. J'ouvrais une nouvelle porte vierge de toute effraction ; et c'était infiniment grisant. A force de trop jouer, on s'en brule vite les ailes. On devient dépendant, même. Et c'est ce qui unifie la boucle sans fin, l’interminable grand huit. Le truc jouissif. Même si pour ce plaisir, il faut savoir faire des concessions de même intensité. Agréer à s'écorcher soi-même. Jeu à double tranchant.

Sans vraiment comprendre quoique ce soit, je sentis plus que je ne vis, le contact de sa paume douce et chaude contre mon mollet. Et en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, je me retrouvais étalé de tout mon long, dos contre terre. Mon crâne vrillé d'une douleur sans nom - suite à sa rencontre fortuite avec le sol - m'arracha une flopée d'insulte bien senties et moldues. C'est qu'elle cherchait la merde, la naine. Faudrait voir à pas trop déconner. J'étais même prêt à lui expliquer ma façon de penser, lorsque son poids immobilisa mes hanches. OK, ça se corsait - ça dérivait, même. Quelle idée d'aller monter un adolescent aux hormones détraquées. Une véritable suicidaire, la Pouffy. Ce qui ne m'empêcha pas de sourire sournoisement.

« Holà, chérie, on s'calme. »

Ses mains refermées sur mon col fit mourir ma phrase par manque d'air. C'était à peine croyable, elle serait prête à m'étrangler. Oh, bien-sûr, je n'étais pas connu pour être le plus doux des hommes envers la gente féminine, mais d'ici là à devenir brutal avec Elyrian, fallait voir à pas abuser. C'était, malheureusement, déjà arrivé par le passé, mais cela ne voulait pas dire que j'en étais particulièrement fier. Loin de là. Bien sur que c'était une sacrée teigne, mais c'était avant tout une sacrée bonne amie, qui me comprenait, me supportait... Au moins, son acclimatation aux manières moldues mêlée à sa connaissance sur mon propre passé ; me permettait facilement d'avancer que je n'avais pas à craindre un quelconque sort traitre et mal venu. Et, ça, c'était foutrement rassurant.

« Même pas en rêve le lion, le blondinet en question n’a aucunement le droit de me faire la morale. Ah et concernant mon côté serpentard, ça ne m’étonne pas que tu l’ignorais. Au fond, tu ne sais pas grand-chose, pas vrai ? »

Touché, coulé. Ni une, ni deux, mes yeux durcis par la rage capturèrent les siens. Fallait voir à vraiment pas déconner. Une vague pareille à de l'acide échauffé dévastatrice remonta vers mes poumons, stoppant net ma respiration déjà plus que laborieuse. Sans y réfléchir à deux fois, ma voix rauque et guttural cingla mon dégoût profond.

« A qui la faute ? »

Mon sourire mua en une grimace ironique. J'étais clairement plus sensible qu'elle. Nous n'avions tout bonnement pas les mêmes points faibles. Les miens devaient êtres plus simplistes à toucher, à labourer. Son regard devint doucement vitreux, comme si sont esprit avait foutu le camp infiniment loin. Loin de là, de moi. Et ça non plus, ça ne me plaisait pas.

« Mais dis moi, pourquoi mettre tant de hargne à te cacher des autres, comme ça... Aurais-tu réellement de bien sombres secrets à ne pas dévoiler ? Au risque de me répéter, moi, je ne t'abandonnerais pas. Même malgré tout ce que tu peux bien croire. »

Doucement, ma main se referma sur les siennes froissant mon col. Mais comme brulée, elle s'esquiva, soupirant. Mon regard froissé dévia, déçu. En guise de baume, ses paumes flattèrent mon torse en une caresse aérienne dont elle seule avait le secret. Je n'étais pas suffisamment con pour ne pas comprendre le semblant de regret s'y camouflant, mais, mon égo n'aurait pas supporté de devoir abaisser les armes si rapidement.

« J’avais besoin de prendre de la hauteur. Tout est bien plus facile quand on est sur son balai. Mais comme tu peux le voir moi je n’ai pas de fan pour m’acclamer à chaque virage que je prends. »

Nouvelle pique acidulée. Acide, surtout. Où comment renfoncer le couteau un peu plus loin dans la plaie. Je ne comprendrais jamais son blocage sur ma façon d'être ouvert à tous et n'importe qui. Avais-je vraiment mérité ça ? Je faisais pourtant des efforts, depuis quelques temps. Je suivais son avis avec précaution. Devant elle, j'évitais de parler avec de parfaits inconnus, avec les fans comme elle semblait si encline à les nommer. Je faisais réellement des putains d'efforts. Et, ça aussi, c'était rageant. Que son avis ait tant de retombée sur mon petit mental malmené.

Doucement, ma main dévia vers le creux de son dos, y faisant pression. Prenant appuis sur mon autre coude replié contre le sol, je relevais tant bien que mal mon buste, finissant de nous rapprocher un peu plus. Suffisamment pour n'avoir qu'à murmurer.

« Je suis là, moi. Soufflais-je comme pour moi même, le regard déviant. »

Il y eut un flottement, mon regard tentant de déchiffrer les traits de son visage délicat. Puis, mon rire éclata. Je n'avais même pas honte de ce que je venais de lui déblatérer. C'était digne des plus immondes films pour jeunettes en manque. Pareil à ses phrases magiques que l'ont ne devrait, logiquement, jamais avoir à entendre dans la réalité. Mais, que voulez-vous, je suis comme ça, moi. Je suis ce genre de type. Beau parleur. A me lancer pour réfléchir aux dégâts après. Pourtant, malgré les clichés, c'était profondément pensé. J'y croyais. Vraiment.

« C'est immonde tant sa dégouline de mièvrerie, hein ? Vas savoir pourquoi les écolières en raffolent... Ma main libre remonta caresser les quelques mèches rousses rebelles. Il n'empêche que je dis vrai. Dans la mesure de possible, je serais là, moi. »

D'un regain de lassitude, ma tête retomba contre l'herbe humide de rosée.
Sur ce coup là, elle n'allait pas le louper.

« Et tu le sais, rajoutais-je mollement. »


Et les yeux fermement clos, un sourire lasse fiché aux lèvres, j'attendis que la sentence tombe. Quel bel enfoiré.

[HRP; j'ai une putain de playlist à côté, ça m'a prit comme ça. Donc, forcément, à la première personne, c'est un poil plus conséquent. Excuse-moi. ;;]


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MessageSujet: Re: Un ciel qui n'appartient qu'à moi [Lionel].   Lun 24 Mar - 12:38

Elyrian a écrit:
Et je vole dans ce ciel qui n’appartient qu’à moi.
Ou presque.
FEAT.  LIONEL A. LUTHER
Il n’avait pas aimé. Bien sûr que non, comment aurait-il pu ? Elle qui, vexée de le voir aborder des sujets fâcheux, avait décidé de planter son propre couteau plus loin. Vengeance. Ce besoin de renvoyer la balle à l’envoyeur avec cent fois plus de force, cent fois plus de hargne, de colère. Quand on aboyait, elle se décidait à mordre, par réflexe, pour se protéger. Elle voyait le mal partout, constamment. Même en lui, et au fond ça la faisait chier. Parce qu’il était probablement la personne la plus importante à ses yeux dans cette foutue école. Le mec suffisamment fou pour se briser contre le mur qu’elle incarnait, et pour recommencer ensuite, encore et encore. Inlassablement là. Mais cela n’avait pas empêché la demoiselle de cracher son venin, de guetter le regard plein de haine qu’il lui adressa en retour, de le voir siffler son dégoût. Pour elle, pour son obstination à se fermer au monde ; se fermer à lui. Le sourire de la rousse s’étira, si sombre et si faux. Elle savait parfaitement que c’était de sa faute, mais là où il voyait un défaut elle ne voyait qu’une nécessité. Aussi se perdit-elle dans ses pensées, loin de lui. Jusqu’à ce qu’il ne daigne la ramener à la réalité en s’emparant de ses mains, un contact qu’elle préféra fuir alors qu’elle écoutait ses mots d’une oreille distraite.

Des secrets ? Bien sûr que non, elle n’avait nul passé sombre à cacher. Mais comment lui expliquer. Comment justifier ce véritable traumatisme, cette peur viscérale de se confier pour voir les gens la poignarder avec ses rêves et ses espoirs. Il n’y avait à ses yeux rien de pire, et au vu d’expériences passées elle ne prendrait plus jamais ce risque. La preuve, ne venait-il pas lui-même de la provoquer avec son ex ? Avec sa haine naturelle vis-à-vis des serpentards ? Certes ce n’était rien comparé à ce qu’elle lui avait infligé ensuite, en véritable garce nullement assumée. Mais c’était ainsi. Et elle ne se voyait pas le lui dire, le lui expliquer. Probablement rirait-il, s’il savait. Qu’importe. Comme une imbécile elle ne put rien faire d’autre que d’envoyer une nouvelle pique au lion. Le pauvre. Et pourtant il restait. Elle ne comprendrait jamais. Puis ce fut comme une descente aux enfers pour la rousse.

Alors que la main du lion se posait sur le creux de son dos, alors qu’il se redressait et réduisait la distance qui les séparait. Elle ne put retenir un frisson, face à la caresse et face à ces mots. Je suis là. Elle aurait voulu le frapper, lui décocher une droite monumentale qui l’aurait contraint à se taire. Elle n’en trouva pas la force, elle n’avait de toute manière pas envie de le blesser. Pas de cette manière. Aussi se contenta-t-elle de vriller son regard dans le sien, un sourire moqueur aux lèvres, soufflant à son tour.

« Toujours là pour m’emmerder hein… »

Ce n’était pas une vraie question. Ce n’était que des mots, lancés pour tenter de masquer son trouble et ses réflexions. Alors elle restait droite, tentant d’ignorer cette proximité, ces paroles on ne peut plus sincère. Droite. Fière. Intouchable. Elle doutait que cela fonctionne vraiment mais qu’importe. Et alors qu’Elyrian restait concentrée sur l’image qu’elle voulait donner d’elle, le rire de son interlocuteur la fit sursauter et elle s’intéressa de nouveau à lui. Pourquoi se mettait-il à rire, si soudainement, alors qu’il avait le dessus sur elle, d’un point de vue émotionnel en tout cas. Alors la rousse fronça les sourcils, coulant un regard intrigué en sa direction. Un sourire, sincèrement amusé, flotta sur ses lèvres un instant en l’entendant parler des pauvres écolières qui raffolaient de ce genre de discours. Sourire qui disparut quand la main libre du lion effleura sa chevelure, jouant avec les mèches. Et, une ultime fois, il lui avoua qu’il serait là pour elle. Dans la mesure du possible. Et le sourire revint, sceptique. La mimique de celle qui trouvait une faille dans un discours et comptait bien la dévoiler au monde entier. Un discours qu’elle dévoila alors que le jeune homme se laissait retomber à terre.

« Tu es toujours là le lion, là pour le monde entier. Mais si le monde devait s’écrouler, si tu ne pouvais conserver près de toi que quelques rares personnes… »

S’interrompant dans sa tirade, ce fut à la rousse de suivre le mouvement, se penchant de nouveau en avant. Et de nouveau contre lui, la demoiselle alla nicher son visage dans son cou, se rapprochant de son oreille au creux de laquelle elle murmura :

« … Me sauverais-tu ? »

Dans la mesure du possible. Bien sûr. C’était cruel, c’était la question piège tellement pitoyable. On ne pouvait répondre à cette question, jamais. Comment pouvait-on dire avec certitude quelles personnes nous sauverions ? Impossible. Elle le savait, s’en moquait. Mais ce ne fut qu’une fois le message passé qu’elle se recula de nouveau. Ses mains toujours posées sur le torse de son interlocuteur, elle ne daigna pas bouger de sa place. Elle était bien là. Lionel avait toujours été tactile avec elle et cela ne la gênait que quand, comme aujourd’hui, il accouplait ses gestes à des paroles douces et sincères. Une douceur qui lui faisait peur, elle n’osait le croire. Aussi ne se gênait-elle plus pour lui rendre la pareille. Elle savait contrôler ses hormones elle, tout du moins aimait-elle le penser. Elyrian garda alors le silence un instant, conservant son regard dans celui du Gryffondor, elle accordait une réelle importance à ce contact visuel, avec lui comme avec tout le monde. Et, soudainement sérieuse, elle lâcha alors.

« Ma mère est à Azkaban  et mon père fait partie de la mafia italienne moldu »

Tiens grand fou, les voila tes sombres secrets.


[T'excuser ? T'es malade, j'adore. Epouse moi. Faisons des bébés.]
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MessageSujet: Re: Un ciel qui n'appartient qu'à moi [Lionel].   Lun 24 Mar - 12:39


Personne ne lui a jamais appris,
Qu'on pouvait dire oui.
avec Elyrian Helm.



« Toujours là pour m’emmerder hein…
Il-y-a de ça, oui.
Lui répondis-je, l'ombre d'un sourire froissé aux lèvres. »


Ce n'était certainement pas la réponse à laquelle je m'attendais, pourtant, tout au fond de moi, profondément encré, cela ne m'étonna guère. Ne venait-elle pas de fuir le sujet ? De déporter la chose sous un angle qui l'arrangeait mieux, de porter ses propres dires en dérision pour pouvoir éviter de me voir y porter trop d'intérêt ? Mes yeux nouvellement élargis sous la stupeur eurent vite faits de se rallumer de cette fausse lueur amusée, déçue, blasée. Cette fille avait le don de me faire passer par un nombre incalculable d'humeurs diverses et variées n'aillant rien de bon pour ma bonne santé. Vile créature. Sa mine égarée bientôt suivie de mon rire maladroit - tentant de cacher mon malaise, ma façon d'essayer d'alléger l'atmosphère, vainement, de faire passer un peu mieux la pilule. Son sourire amusé faisant écho à ma blague malhabile, ma main se perdant dans sa si belle chevelure flamboyante, puis sa mine septique, trahissant le prochain lynchage.

« Tu es toujours là le lion, là pour le monde entier. Mais si le monde devait s’écrouler, si tu ne pouvais conserver près de toi que quelques rares personnes… Sa joue nichée au creux de mon cou m'électrisa. … Me sauverais-tu ? »

Désarrois.
Agacement.
Une fin du monde ? Laissez moi rire.
Dérangement.
Énervement.

Bien-sûr que je te sauverais. Mais, ça, tu n'avais pas besoin de le savoir.

« Mais te sauver de quoi, exactement ? Ma main dégagea mon front des quelques mèches rebelles, furieusement. Elyrian... Je suis, certes, un Gryffondor fort et fier, mais j'ai quand même mes propres limites. Tu comprend ? Et, te sauver de toi-même, de ta façon de te murer face au reste du monde, de te leurrer... Ça, ça en fait partit. Ma paume dériva vers la toison rousses, allant s'y perdre en douceur, obligeant la douce chaleur du souffle si fragile à rester couver ma nuque sensible. En partie parce que tu ne le souhaite pas. Ma mâchoire se crispa. Ne te fais pas plus bête que tu ne l'es déjà. Ely, tu peut très bien trouver la réponse à ta question toute seule. Ne m'oblige pas à le dire tout haut. »

Quel piètre chevalier servant je faisais là. Son corps collé tout contre le mien me semblait vouloir me brûler au second degré, me réchauffant bien plus intensément que n'importe quel sortilège utilitaire et lancé à la perfection. Bien plus que cette cheminée de grosses pierres ornant l'un des coins du salon de mon ancienne maison. De mon chez moi... Chaleureuse. Pourtant, même malgré mes bras l'entourant consciencieusement ; sa chaleur s'atteignit aussi vite qu'elle fut apparue, me laissant seul face au morsures vives de la brise glacée. Je ravalais tant bien que mal un sifflement agacé. Ses yeux profondément encrés aux miens suffisaient à balayer tout le reste. Même malgré ses paumes délicates déposées à même mon torse - détendant mes nerfs échauffés l'espace d'un court instant, ses derniers mots vinrent imploser au beau milieu de mon cerveau.

« Ma mère est à Azkaban et mon père fait partie de la mafia italienne moldu. »

Belle entrée en matière, crue, franche, le genre de confession peu réfléchies pour être sur de ne pas se défiler. Il n'en fallut pas plus pour attiser mon esprit fouineur. Mais je compris rapidement qu'il valait mieux pour moi que je prenne sur moi sans faire d'histoire. Pour la simple et bonne raison que j'avais bien remarqué que m'avouer ça lui avait couté. Qu'elle avait eus sa dose pour la journée. Mon regard fouilla le siens avec l'espoir futile d'y déceler un peu plus de détails. J'aurais dû m'estimer heureux de cette avancée, de ce pas énorme qu'elle avait fait, seule, vers moi. Et pourtant.

« La Mafia Italienne, hein ? T'as dû en voir, de sacrées choses, alors. A supposer qu'elle voyait son père. Ce qui était loin d'être sûr. Ou alors elle se foutait royalement de ma gueule. Mais je me retins bien de l'ajouter et, le regard déviant vers les quelques cons virevoltant encore haut dans le ciel, je me prit au jeu. Et bien, je n'ai pas l'honneur de pouvoir me venter de quoique ce soit de rocambolesque, mais, je crois bien que mon seul et unique rêve soit celui de rejoindre, un jour, les banc du Ministère de la magie. Je dis ça, mais il n'y-a pas de raison pour que je sois plus privilégier qu'un autre, j'en fou pas une, c'est clair... Puis il y a des faits qui ont tendances à faire fléchir ma résolution, mais... Si j'ai choisis cette voie, c'est en partie pour repartir de bon pied dans le monde moldu. Comme dans le monde sorcier. Un entre deux... Je ne veux pas avoir à faire la même erreur que ma mère, cacher la vérité à son gosse, tout ces trucs là, tu vois, c'est pas trop mon tripe. »

Un prêté pour un rendu. Une façon simple de l’inciter à m'en dire plus.
Ou alors, avais-je simplement ressentis le besoin de me confier, un peu, moi aussi.


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MessageSujet: Re: Un ciel qui n'appartient qu'à moi [Lionel].   Lun 24 Mar - 12:39

Elyrian a écrit:
Et je vole dans ce ciel qui n’appartient qu’à moi.
Ou presque.
FEAT.  LIONEL A. LUTHER
Tactile. Trop tactile. Mais en même temps qu’est ce qu’elle faisait à se rapprocher constamment pour lui murmurer ses pensées, alors qu’elle savait parfaitement qu’il y répondrait. Cependant cette fois la rousse fut légèrement surprise, s’attendant plutôt à ce qu’il la rassure encore une fois, elle l’écouta en silence lui expliquer qu’il était incapable de se battre contre elle. La protéger d’elle-même, de ses peurs, de ses erreurs, de ses aprioris, c'était trop compliqué. En partie parce qu'elle refusait cette aide. Elle frissonna de nouveau face à ses propos. Elle n’aimait pas quand il prononçait son prénom en entier, cela faisait si sérieux, si sincère. Presque autant que cette main délicate, qui se nicha dans sa chevelure, la contraignant à rester contre lui. Cette autre main contre son dos, alors qu’il l’enlaçait, la conservait près de lui. Si seulement il savait. Si seulement il avait la moindre idée de l’effort que lui demandait le simple fait de se reculer, de fuir cette étreinte ô combien plaisante mais qui, à n’en pas douter, la conduirait à sa perte. Elle n’était qu’une garce. Une fille suffisamment cruelle pour se lover contre lui, et reculer aussitôt. Telle une flamme, une brûlure vive, qui s’esquive. Insaisissable. Trop. Si bien que les gens se lassaient, agacés. Pourquoi lui restait-il, malgré son agacement, sa frustration. Pourquoi se battait-il encore ?

Elle ne voulait pas avoir la réponse à cette question muette, aussi le feu follet qu’elle était se recula encore. Malgré ces bras, malgré sa douceur. Elle l’ignora, la balaya d’un revers de main invisible. Elle avait la sensation d’étouffer, d’évoluer dans un monde de sentiments qu’elle ne connaissait plus, qu’elle avait oublié. Et c’était dur pour elle de plonger ainsi dans l’inconnu. Elle qui aimait tant avoir le contrôle. Aussi préféra-t-elle changer de sujet, annonçant de but en blanc que sa mère était à azkaban et son père un mafieux. Et là ce fut la claque. La vraie. Celle qui te perturbe, celle que tu sais parfaitement méritée aussi. Car le lion la croyait. Il la croyait et se mit même à prendre la parole, entamant un discours le concernant lui et ses rêves. Elle en fut surprise, bafouillant péniblement.

« Quoi ? Nan mais… attend, je…  Non !»

Trop tard, il était lancé. Lui, si compatissant pour un passé et un avenir qu’elle ne possédait en vérité pas. Lui qui pensait ne pas être capable de tenir la comparaison, qui voulait rejoindre le ministère de la magie, faire coincider sa vie moldu et magique, ne jamais mentir. Non, non, non. Pitié. Je t’en supplie tais-toi, ne dis plus rien. Ne me gratifie pas de tes mots, ne m’offre pas tes rêves ni tes espoirs. Ne me parle pas de ce qui te fait mal, de tes passions et de tes goûts. Car je serais incapable de te rendre tout ce que tu me donnes. Toujours sur lui, elle le fixait, ne sachant quoi faire. Elle était terrifiée, sentant une boule dans le creux de sa gorge, au creux de son ventre. Partout. Ses mains, délicatement posées sur le torse de son interlocuteur, empoignèrent légèrement les pans de sa robe, comme pour combler son besoin viscérale de se raccrocher à quelque chose. En l’occurrence lui. Et il finit par garder le silence, l’observant, la jaugant. Et elle, qui ne savait pas quoi faire, qui se contentait de le fixer. Comment lui dire ? Comment avouer un mensonge, une stupide blague, face à tant de sincérité. Face à ce lion qui venait de s’ouvrir à elle, le plus naturellement du monde. Hésitante, laissant un long silence planer, la rousse finit par reprendre, après s’être éclairci la gorge. Les mots furent pénible, plus douloureux qu’elle ne l’aurait pensé.

« Je… Lionel, c’était une blague. Tu me parlais de secrets, de sombre passé alors j’ai… Fin j’ai inventé. J’ai pas de sombre passé, j’ai pas d’histoires à cacher. Ma vie est simple je… »

Silence. Elle se sentait con, à un point inimaginable. Et surtout elle avait peur, peur de le voir partir. Parce qu’à sa place c’est ce qu’elle aurait fait, vexée et blessée de voir l’autre s’être jouée d’elle. Et même si c’était involontaire c’était bien ce qu’elle venait de faire : se jouer de lui. Les mains de la demoiselle glissèrent, remontèrent jusqu’à son cou, sa peau qu’elle effleura du bout des doigts, appel silencieux pour lui demander de rester. Malgré ses erreurs à elle. Bordel. Ça ne suffirait pas, elle le savait. Elyrian le prenait pour un con depuis le début, il demeurait, malgré les piques et les blessures. Sauf que là elle était aller trop loin, involontairement certes, mais cela n’excusait pas son geste. Elle inspira lentement, continuant de le caresser, doucement et elle ajouta alors dans un murmure. Aveu.

« Ma mère chasse les loups garous pour le ministère, je sais jamais si elle reviendra vraiment, si elle se fera tuer ou mordre. Je suppose que je prends l’habitude, et j’oublie. Mon père est moldu et forgeron, j’ai toujours aimé le voir travailler, les épées et les couteaux m’ont toujours bien plus fascinée que la magie. J’ai… J’ai foutrement aucune idée de ce que je veux faire plus tard, mes ambitions ne vont jamais au-delà d’une année. »

Je me contente de survivre. Elle se tut, la gorge nouée. Elle avait cette désagréable sensation d’en avoir trop dit mais c’était nécessaire. Pour lui, pour eux. Mais elle craignait dans le même temps qu’il n’en réclame plus, de suite. Satisfait de la voir s’ouvrir à lui, elle craignait qu’il n’en réclame encore, avide. C’était comme ça que tout avait basculé la première fois, elle ne souhaitait pas que cela recommence. Et toujours cette peur, de le voir s’emparer de ses mains qu’elle laissait à hauteur de son cou, pour qu’il ne les retire. Cette peur de le voir la repousser, violemment, pour partir. Si cela arrivait elle fera comme d’habitude : feindre qu’elle s’en moquait. Elle irait ensuite crier au monde entier que l’on ne pouvait se fier à personne, elle l’accusait ainsi de tous les mots. Blessée. Il ne fallait pas qu’il parte. Mais entendrait-il cet appel silencieux ?
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MessageSujet: Re: Un ciel qui n'appartient qu'à moi [Lionel].   Lun 24 Mar - 12:39


Personne ne lui a jamais appris,
Qu'on pouvait dire oui.
avec Elyrian Helm.



Le souffle court, tu ramena tes yeux vers cette si belle demoiselle - pour laquelle tu venait de faire un discours digne des meilleurs parlementaires. Si tu t'étais donné autant de peine, c'était essentiellement parce qu'elle en valait la peine, n'est-ce-pas ? Elle et sa belle gueule d'ange, elle et ses problèmes de sociabilité, elle et ses humeurs lunatiques, elle et toutes ces choses qui font d'elle l'un de tes points d'encrage dans ce monde hasardeux. Tu aurais aimer, un jour peut-être, prendre le temps de lui expliquer ta façon de la voir, elle. Peut-être que ça l'aurait aidée, que ça l'aurait calmée aussi. Peut-être que ça aurait fait avancer les choses entres vous. Ouais. Faire avancer les choses, tout ne s'était jamais résumé à plus que cela. Toi, pauvre gosse aillant vécu trop longtemps dans le monde moldu pour pouvoir te vanter d'une vie riche en rebondissement exceptionnels. Alors, c'était tout naturellement que tu étais partis les chercher autre part, ces expériences sensationnelles. C'était tout naturellement que tu t'étais ouvert aux autres, pour pouvoir goûter à la magie de leurs propres histoires. Après tout, tu as toujours été comme ça, putain de naïf. Tu le sais pertinemment, mais tu ne pensais pas que l'on pourrait s'en jouer aussi profondément, démesurément.

Pourtant, les mises en gardes s'étaient montrées plus qu'expéditives, sur ce coup là. Expéditives comme son histoire à dormir debout - qui pouvait bien s'offrir le luxe d'avoir un parent incarcéré à Askaban (surtout sa mère), l'autre étant un mafieux pour la crème des crèmes. Expéditives comme ses mains si petites et graciles se crispants sur ta robe de sorcier froissée, la maltraitant. Tu le savais depuis le début, que les chances qu'elle soit réellement sérieuse étaient minces, mais tu avais préféré relégué ta suspicion au second plan. Tu lui avais voué une confiance aveugle et sans nom. Pourtant, son regard affolé te blessa bien plus que sa si belle connerie, oui. Tu n'étais qu'un pauvre con. Mais ne l'avait t-elle donc pas comprit ? N'avait t-elle donc rien pigé ? Pigé à ta façon d'être : trop con ; à ta façon d'être naïf... Ce qui faisait de toi ce putain de gars trop gentil et plaisant à côtoyer. Avait t-elle été si conne ? Ou alors, peut-être qu'elle ne s'était tout bonnement jamais donnée la peine de s'intéresser à ce sujet, à toi, comme tu t'étais tant tué à le faire avec elle.

Définitivement trop con.

Ses yeux rayonnant d'une lueur que tu ne leurs connaissait pas, te fit sourciller. Mais tu la mis en veilleuse. Voir une telle bête de la nature, soudainement si fragile, si incertaine, c'était pas humainement imaginable. Pas pour toi. Repoussant & infiniment attractif. Tu restas simplement là, stoïque, attendant le verdict. Sans prendre la peine d'esquisser un geste de réconfort vers elle, juste ton regard ne sachant plus où se fixer. Elle avait putain de déconné.

« Je… Lionel, c’était une blague. Tu me parlais de secrets, de sombre passé alors j’ai… Fin j’ai inventé. J’ai pas de sombre passé, j’ai pas d’histoires à cacher. Ma vie est simple je… »

Les mots avaient beau êtres sortis avec lenteur et calme, comme bredouillés, ton esprit resta bloqué sur ce petit bruit guttural qui avait annoncé ses paroles dans un éclaircissement de voix. Si féminin. Puis, ton crâne finit pas lier les deux bous. Le silence lourd s'étant interposé entre vous n'avait rien de plaisant. Inconfortable aurait été un fabuleux adjectif, et à cette pensée, tu compris que ta cervelle menaçait de s’auto-déconnecter. De foutre le camp, de laisser place à la bête féroce ruminant déjà savamment sa vengeance bâtarde. La chaleur de ses mains quittèrent ton buste et tu pris soin d'inspirer profondément. Tu ne voulais pas tout foutre en l'air, tu ne voulais pas réveiller ce rustre sommeillant narquoisement au fin font de tes tripes.

Ton rire rauque éclata. Violent, féroce, méchant. Emplis de cette rancœur justifiée. Même si tu avais été le plus con des mecs, elle avait sa propre part de responsabilité. Et tu aurais bien voulu le lui cracher à la gueule, la toiser hautainement, lui dire que « et bien, tu vois, pour une fois, c'est toi qui a tout foutu en l'air, avec ton jeu de pute » ; qu'elle n'avait qu'à savourer ce à quoi tu te crashait à chaque essai pour elle. Pour l'aider. Qu'elle comprenne à quel point ça pouvait être douloureux. Mais aussi à quel point, toi, tu avais pu lui être fidèle. « Tu vois, je n'aurais pas eus à le dire tout haut, tu l'auras eus, ta preuve. » Mais elle te coupa, et la magie opéra. Sa main caressant ton cou si tendrement finit de t'achever, toi et ton rire ingrat. Un frisson parcouru ta colonne vertébrale, tes yeux emplis de stupeur se fixèrent sur son visage si délicat ; et tu compris que ton temps de parole n'était pas encore arrivé.

« Ma mère chasse les loups garous pour le ministère, je sais jamais si elle reviendra vraiment, si elle se fera tuer ou mordre. Je suppose que je prends l’habitude, et j’oublie. Mon père est moldu et forgeron, j’ai toujours aimé le voir travailler, les épées et les couteaux m’ont toujours bien plus fascinée que la magie. J’ai… J’ai foutrement aucune idée de ce que je veux faire plus tard, mes ambitions ne vont jamais au-delà d’une année. »

Un prêté pour un rendu.
Le silence retomba lourdement. Elle aura eus le mérite de se montrer franche une fois dans toute sa putain d'existence. Son regard baissé sur ton torse te fila la gerbe. Depuis quand l'impétueuse joueuse de Quidditch, si forte et si fière, était réduite à ça ? Où était passée celle qui semblait si encline à se refuser à toi, celle qui semblait si encline à te remettre à ta place pour ta fidélité de pacotille ? Tu tiquas, montras les dents, claquant ta langue contre ton palais - tel était le véritable signal de ta fureur. Elle avait clairement déconné. C'était son faux pas à elle. Et tu te surpris à espérer que ça la traumatiserait suffisamment pour qu'elle en tire une leçon, aussi quelconque qu'elle puisse être. Pour son propre bien, pour ton égo malmené. Elle te devait bien ça.

Plus qu'agacé, tu fus, l'espace d'un infime instant, tenté de la faire crouler sous les dettes. De renverser les rôles. Ô comme ça t'aurait foutrement excité. La voir se plier en quatre pour ton pardon, s'en vouloir à ne plus pouvoir réfléchir sereinement, te courir - tout bonnement - après. Se rendait t-elle seulement compte de tout ce à quoi tu te pliais pour elle ? Surement que non. Alors, oui, tu fus tenté de l'obliger à s'acquitter de dettes imaginaires. Mais sa mine égarée eus, encore une fois, raison de toi.

Tu détourna les yeux.
Tu ne la violentera pas. Pas cette fois.
Pas dans le sens physique du terme, en tout cas.

Et, inspirant une énième fois jusqu'à en faire imploser tes poumons, tu pris la parole de ton timbre grave et trainant. Dur, blessé, et blessant.


« Tu devrais y réfléchir à deux fois avant de sortir des bobards comme ça, la prochaine fois. Tu vois, la différence entre nos deux versions de la fidélité est aussi pleinement visible là. C'est pour éviter ce genre de problème que, moi, je ne me le permettrais pas. Mais il faut croire que là aussi, je me goure complètement. Tu marquas une pause, partant dans un semblant de rire ironique. Quel con je fais. »

Continuant de ton rire jaune dont seul toi avait le secret, tu détourna la tête violemment. Tu ne voulais pas lui succomber trop rapidement. Fallait voir à assumer. Tu jouais au pire jeu de tout les temps. Continuer à la pousser sans commettre le poindre faux pas. Ne pas l'énerver, l'alourdir de regret. Comme elle le méritait. C'était ça, l'un des aspects mauvais de ta version animale. T'avais beau arborer fièrement les couleurs de ta maison, t'en restais pas moins un putain d'humain. Avec tes défauts et tes qualités, avec ta putain de fierté.

Elle savait, pourtant, que tu étais plus tendre et sensible qu'elle.
Elle était lâche de t'attaquer comme ça.
De foutre une belle après midi en l'air.

Pourtant, lorsque, quelques minutes plus tard, tu estimas qu'elle avait suffisamment ruminé ses faits et gestes ; tu te permis un ultime geste. Doucement, avec plus de tendresse que l'on pourrait bien t'imaginer, ta paume large partit ébouriffer le bel amas roux, l'espace d'une longue seconde. Puis tu l'a retira. Soudainement, durement, comme elle l'avait toujours fait avec toi.

Parce que la vengeance est un plat qui se mange froid.

Tes yeux cherchant les siens, tu n'esquissas pas l'ombre d'un sourire. Elle ne le méritait pas.
Pas encore.

Pourtant, ce n'était pas l'envie de la serrer dans tes bras qui te manquait.


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MessageSujet: Re: Un ciel qui n'appartient qu'à moi [Lionel].   Lun 24 Mar - 12:40

Elyrian a écrit:
Et je vole dans ce ciel qui n’appartient qu’à moi.
Ou presque.
FEAT.  LIONEL A. LUTHER
Il avait compris. Depuis un bon moment déjà, bien avant qu’elle ne se justifie, bien avant qu’elle ne lui parle réellement de sa vie. Il avait compris qu’elle s’était jouée de lui. Et le regard qui lui lança, si froid, imposait une attente qui la fit frissonner. Elle n’osait plus parler et pourtant les mots devaient sortir, c’était une nécessité. Ce n’était qu’une blague. Parce qu’elle était pas foutu de réfléchir correctement, de chercher à savoir si ses mots pouvaient blesser ou non. Elle ne s’en était jamais souciée, semblait seulement comprendre qu’avec lui ça avait une importance cruciale. Elle ne voulait pas le blesser. Pas de cette manière-là, gratuite, cruelle. Au fond pourquoi ce mensonge ? Pour se moquer de l’envie que le lion éprouvait, cette envie de mieux la connaître. Elle s’était foutue de ça, et c’était ce qui craignait le plus. Alors elle aurait voulu en rajouter un peu plus, se justifier encore et encore, inlassablement, jusqu’à trouver les bons mots pour calmer ce regard. Pour calmer ce rire aussi, qui venait de lui échapper. Bestial. Celui d’un animal qu’on blesse et qu’on achève. Et les mains de la demoiselle se refermèrent avec plus de force sur les vêtements, encaissant difficilement ce regard presque haineux, cette rancœur justifiée. Elle avait peur, et elle voulait le retenir.

Alors elle effleura son cou de ses doigts, caresse légère, douce. Suppliante. Que c’était lâche, d’user ainsi de son corps pour le retenir. D’user d’un regard, d’un geste au lieu d’utiliser ces mots qu’elle ne savait manier que pour faire mal. Elyrian était tout bonnement incapable de parler, de trouver les mots. Alors il n’y avait que cette douceur qu’elle lui rendait, qu’elle voulait lui faire ressentir. Elle ne faisait pas que du mal malgré tout. Et à défaut d’obtenir une vraie réaction, une vraie réplique, cela stoppa ce rire si sombre. Elle ne voulait plus l’entendre. Alors elle trouva les mots, elle lui offrit la franchise qu’il avait toujours désiré. Mais n’étais ce pas trop tard ? N’étais ce pas trop facile que de demander pardon, une fois que la blessure était béante ? Comment parler de ses parents et de son absence d’idées concernant son avenir pouvait-il réparer cela. Cela ne fonctionnerait pas, jamais. Elle avait peur. Encore et toujours. Encore plus quand elle le vit détourner les yeux. L’espace de quelques secondes, la demoiselle comprit alors ce que le lion ressentait, quand elle-même fuyait. Le fuyait. On se sentait seul, terriblement. Et elle osait parler de loyauté après ça ? De fidélité, d’honneur.

Les mains ainsi contre son cou, et ses hanches enfermant le bassin du lion, elle perçut sa respiration. Lente, démesurée. Effrayante. Presque autant que le timbre de sa voix, que ses mots : implacables. Il y avait les reproches qui faisaient mal, il y avait les insultes qu’il se lançait lui-même aussi. Elle aurait voulu le faire taire, lui dire qu’il n’avait rien fait, que ce n’était pas de sa faute à lui mais de la sienne, à elle. Parce qu’elle n’était pas capable d’entretenir une relation normale avec quelqu’un, parce qu’elle ne faisait jamais attention : trop habituée à rabrouer plutôt que d’aimer. Mais la rousse n’en trouva même pas la force. Au lieu de ça elle se contenta d’excuses pathétiques, à peines chuchotées tant elle en avait honte elle-même. Pitoyable.

« Je pensais que ça se voyait, que je n’étais pas sérieuse. »

Elle grimaça. Elle aurait mieux fait de fermer sa gueule, plutôt que de tenter de sauver vainement sa peau, alors que c’était celle du lion qu’il fallait sauver. Panser ses plaies à lui, non pas les siennes qu’elle avait entièrement méritée. Au fond elle aurait préféré qu'il la frappe, vraiment. Bien plus prompt à encaisser des coups physiques. Et Elyrian sursauta, face à ce rire, encore. Frissonna quand elle sentit sa tendresse habituelle, cette main dans ses cheveux. Suffoqua face à l’absence de cette douceur, quand il retira la dîtes main. Fermant les yeux, il lui fallut un effort colossal pour les rouvrir et les vriller dans le regard du lion, un regard qu’elle retrouvait enfin mais peinait à soutenir. Et rien. Le silence, encore. C’était à elle de parler, ses paroles précédentes n’étant que du vent, des mots faibles. Pitoyable. Alors elle ajouta, toujours dans un murmure. Douloureux.

« Je suis désolé. Mais même ça je sais pas faire, je ne sais pas donner de la force à mes excuses car je ne réclame jamais pardon. Je n’ouvre la bouche que pour faire du mal, pas pour aimer. Mais je suis désolé, parce que je ne voulais pas te blesser. Pas toi. »

Jamais lui. Sa gorge se noua, une nouvelle fois. Et elle n’était pas non plus capable de savoir quoi faire avec lui. Comment réagir, pour qu’il la pardonne. Pour qu’il l’accepte à nouveau. Et si la situation était inversée, qu’aurait-elle voulu ? Qu’il parte. Loin. Elle aurait voulu rester seule. Mais étais ce vraiment ce qu’il désirait ? La solitude face aux blessures ? Elle ne le savait pas, et ce constat la renvoya à sa propre médiocrité. Profonde, honteuse. Elle s’en dégoûterait presque. Mais quitte à ne pas savoir quoi faire, autant le lui demander. Alors, pour de bon cette fois, la demoiselle soutint son regard. Ses caresses se stoppèrent soudainement, bien qu’elle ne déplaça pas ses mains pour autant. Nul tremblement, nul peur. La détermination farouche de celle qui était prête à faire ce qu’il fallait, pour son bien à lui cette fois. Juste lui. Alors elle lui demanda, d’une voix légèrement plus forte que jusqu’à présent. Plus humble aussi. La voix de celle qui a fauté, le sait, mais est prête à tout pour se faire pardonner.

« Veux-tu que je parte ? »

Prête à tout. Prête à oublier son besoin de l’avoir à ses côtés pour le laisser décider de ce qui lui convenait le mieux. A lui.
La voulait-il près de lui ? Ou au loin.
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MessageSujet: Re: Un ciel qui n'appartient qu'à moi [Lionel].   Lun 24 Mar - 12:41


Personne ne lui a jamais appris,
Qu'on pouvait dire oui.
avec Elyrian Helm.



« Je pensais que ça se voyait, que je n'étais pas sérieuse.
Comme quoi, il t'arrive aussi de mal penser. »


C'était sortit tout seul, une simple envie primaire d'enfoncer un peu plus profondément le couteau dans la plaie. De la saigner, à blanc. D'essayer de m'alléger de cette humeur imbuvable, vainement. Elle grimaça. Je n'aurais su dire pour quoi exactement, mais je n'en avais que faire finalement. Mon visage stoïque, pareil à la pierre, ne fléchit pas. Je ne voulais pas. Je ne me le permettrais pas. Tout au fond de mon crâne, une voix prenait un malin plaisir à me rappeler à quel point j'avais pu guetter cet instant. Là où elle trébuchera, se loupera, et laissera l'ombre d'une fissure à mon vice. Ça n'avait pas loupé. Ma main partit s'emmêler aux mèches cuivrées avec une infinie douceur, pour mieux s'en dérober par la suite. Vilain garnement, c'était puéril. Était-ce une façon de quémander son attention ? De l'inciter à getter le moindre faux pas avec moi ? De me prendre avec des pincettes ? De m'épargner ? Je n'aurais su le dire clairement. Son regard déviât, se clos péniblement, puis revint noyer le miens avec plus de ferveur encore. Divin. Même malgré son timbre chevrotant, même malgré son sérieux et son malaise, j'avais plus cure pour la nuance de ses iris que pour ses faibles excuses. Elle n'avait pas besoin d'énoncer ses pires faiblesses, je les connaissaient pas cœur. Bien plus qu'elle ne l'imaginerait jamais.

« Je suis désolé. Mais même ça je sais pas faire, je ne sais pas donner de la force à mes excuses car je ne réclame jamais pardon. Je n’ouvre la bouche que pour faire du mal, pas pour aimer. Mais je suis désolé, parce que je ne voulais pas te blesser. Pas toi. »

Un silence pesant prit le soin de recevoir ses quelques belles paroles. Seul le bruissement de la brise légère entrecoupée des gestuelles aériennes des quelques idiots restants, nous berçait. J'avais bien du mal à deviner sur quel pied danser avec elle. Paradoxalement, ça avait toujours été le cas. Tenter le fil délicat que représentait notre relation, sans pour autant le faire céder d'aucune manière. Mais même là où j'étais gracier - là où je devais pouvoir m'en sortir la tête haute, dépourvu de poids ; les scrupules me rattrapaient au galop. Peut-être qu'elle ne faisait pas assez attention aux détails, mais ce n'était certainement pas une raison suffisante pour la malmené à mon gré. La voir ainsi n'avait jamais rien eut de plaisant. Sa voix qui se mourrait progressivement, l'infâme sentiment me tordant les tripes. Serais-je assez sournois pour la faire mijoter jusqu'au bous ? J'étais un Gryffondor, après tout. Et, un Gryffon, par définition, n'avait peur de rien. Tout du moins, c'est ce que je me plus à croire. La lueur fade de ses yeux ne m'annonça guère la couleur du reste. Son regard trop sur. Comme possédé d'un regain d’énergie. Un truc d'infime me soufflait qu'elle partait trop loin. Réguler la sauce, ne pas la pousser trop rapidement au bord du gouffre.

Ne me cèdes pas, pas maintenant. D'aucune manière. Ne te disqualifies pas.

« Veux-tu que je parte ? »

Pire qu'une bombe, un tsunami force neuf. Voulais t-elle me lobotomiser ? C'était, après tout, peut-être bien une énième façon d'en tirer son avantage. Peut-être que c'est ce qu'elle souhaitait, dans le fond, me laisser en plan. Un sourire ironique étira la commissure de mes lèvres. Désabusé. Elle se foutait royalement de ma gueule.

« Alors, c'est l'impression que je te donne ? »

Une de mes paumes prit soin d'encercler délicatement sous menton fin, attirant son lobe à ma bouche.

« Vouloir changer de pote comme de chemise ? Dénigrant... »

Mes lèvres dérivèrent bien rapidement vers son con. Caresse aérienne, hypothétique. Camouflée.

« Il va falloir se racheter. Allez, laisse toi aller. »

Bombant le torse, j'étais pire qu'un adolescent à fleure de peau. Simple recherche de contact, à tout prix. Sentir sa chaleur à travers nos vêtements. M'en droguer. Ses formes appuyées contres mon corps bandé. Sentir sa chevelure de feu agacer mon épiderme délicat. Écouter son souffle se perdre à la surface de ma peau. Apprécier l'instant, tout simplement.

« Je ne mord pas. »

Pas encore.


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Niwie en Or et Femme de BATMAN
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MessageSujet: Re: Un ciel qui n'appartient qu'à moi [Lionel].   Lun 24 Mar - 12:41

Elyrian a écrit:
Et je vole dans ce ciel qui n’appartient qu’à moi.
Ou presque.
FEAT.  LIONEL A. LUTHER
Alors elle attendit, ses mains reposant de nouveau sur le torse de son interlocuteur. Plus droite qu’il y a quelques minutes, plus assurée aussi. Cela ne l’empêchait pas d’avoir le souffle court, d’appréhender sa réponse, de frissonner face à l’attente presque interminable. Mais en même temps si elle avait infligé la blessure de trop, n’étais ce pas normal que d’être capable de le laisser si c’était là ce qu’il voulait ? Elle ne voulait pas être égoïste, pas autant, pas avec lui. Alors elle attendit le verdict, qui apparut tout d’abord sous la forme d’un sourire ironique qui lui sembla être de mauvais augures. Ou peut-être pas étant donné que le lion lui demanda si c’était là l’impression qu’elle avait. Qu’aurait-elle pu répondre à cela ? Elle espérait qu’il veuille encore d’elle, elle espérait que ses caresses ne soient pas là que dans le but de lui faire du mal mais également parce qu’il en tirait un certain plaisir, mais elle avait trop peur de voir ses pensées n’être que des rêves, alors elle se préparait au pire. Toujours. Car le mal était partout. Aussi quand la main du jeune homme glissa jusqu’à son menton, la rousse eut enfin l’impression de respirer à nouveau, l’esquisse d’un soupir lui échappant. Elle ne le quittait pas des yeux, daigna enfin répondre alors qu’elle se sentait rassurée par ce simple geste.

« Tu aurais pu te lasser de mes erreurs. Ce serait presque normal. »

Normal de le voir partir, agacé, énervé, las. Et pourtant, pourtant elle ne rencontra désormais plus que la délicatesse de ses doigts et elle se laissa faire, s’avançant jusqu’à son cou, effleurant sa peau de son souffle tandis qu’il lui murmurait quelques mots à l’oreille. Frisson. Plaisir, agacement, incertitude. Trop de sentiments contradictoires, trop de sentiments qu’elle ne désirait pas analyser. Cependant elle ne pouvait le laisser dire des choses pareilles. Car si elle l’accusait de beaucoup de choses, si elle n’était pas parfaite, si leur relation connaissait des hauts et des bas, il lui était interdit de penser qu’il était au même niveau que les autres. Car c’était faux. Totalement. Et elle le lui signala, murmurant au creux de son oreille tandis qu’une de ses mains remontait dans son dos, se logeant contre sa nuque, jouant avec les quelques mèches d’ébènes étant à sa portée.

« Tu as toujours été au-dessus des autres pour moi, et tu le sais alors arrête de dire des conneries. »

Car elle riait avec les gens, les provoquait, leur souriait, discuter avec eux. Elle savait faire tout ça, mais pas de cette manière. Pas avec ce genre de regrets qu’elle n’éprouvait qu’avec lui, pas avec cette douceur, cette proximité. Non, il n’était définitivement pas un simple ami, il n’était pas au même niveau que les autres. Mais elle n’ajouta rien, ainsi penchée contre lui, sa tête nichée au creux de son cou, une main ainsi sur sa nuque, à jouer avec sa chevelure tandis que l’autre reposait à la base de son cou, glissant le long de son torse parfois. Elle sentait ainsi l’air s’engouffrer dans ces poumons et ressortir sous la forme d’une fine expiration contre son cou. Elle sentait ces lèvres effleurant sa peau, lui arrachant un frisson ou deux. Elle s’était toujours demandé, était-il aussi tactile avec les autres qu’il l’était avec elle ? Etait-elle une exception jusque dans sa douceur ? Et Elyrian s’autorisa un sourire, quand le lion annonça qu’il ne mordait pas. Ce à quoi elle répondit dans un souffle.

« Menteur. »

Conservant ce mince sourire, la demoiselle resta ainsi contre lui, immobile. Elle alla même jusqu’à s’allonger complètement, position plus confortable à ses yeux, en coinçant ses jambes entre celles du jeune homme afin de s’assurer un équilibre précaire sur son torse et ainsi éviter de tomber sur le côté, tout simplement. Et elle savoura l’instant, à l’image d’une retrouvaille. C’était ça en vérité, des retrouvailles, des excuses, suite à une dispute. Et ces contacts l’apaisèrent, plus efficacement qu’auraient pu le faire les mots de Lionel. Cependant, fidèle à elle-même, la rouquine laissa ainsi s’écouler plusieurs minutes avant de reprendre la parole, toujours dans un chuchotement au creux de son oreille. Moqueuse.

« Tes hormones en ébullition ont-elles finis par se calmer un peu le lion ? »

Et en guise de provocation, elle effleura son cou du bout des doigts, glissant par la suite par-dessus les vêtements qui recouvraient son torse. Allez demander à un adolescent de rester calme après ça.
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MessageSujet: Re: Un ciel qui n'appartient qu'à moi [Lionel].   Lun 24 Mar - 12:41


Personne ne lui a jamais appris,
Qu'on pouvait dire oui.
avec Elyrian Helm.



« Tu aurais pu te lasser de mes erreurs. Ce serait presque normal. »

Presque, seulement ?
Mon rire chaud, amusé, satura l'air ambiant. J'étais foutrement intéressé par la tournure des choses. Bien-sûr que j'avais encore cette rancune tenace bafouant mes principes et tordant ma poitrine. C'était oppressant. Je ne pouvais tout bonnement pas passer du tout au tout, comme ça, je n'étais pas bipolaire, pas comme toi. Mais j'avais jugé bon de fermer ma grande gueule, pour une fois. Après tout, je ne m'en sortais pas trop mal, sans anicroche jusqu'à maintenant. La partie était loin d'être terminée. Imperceptiblement, ton corps se détendit contre le mien. C'était là la preuve concrète que je n'avais pas encore dépassé la bordure du vase. Tu te laissas guider, pareille à l'une de ces poupées triste et un peu flippantes que l'on trouvait dans les vieilles brocantes moldues. Celle qui rivalisaient en réalisme et en beauté. Ton souffle lent embrassa ma nuque, c'était gratifiant. Grisant. Ne plus recevoir de refus, se laisser bercer par ce timbre doux, féminin. J'en aurais presque redemandé.

« Tu as toujours été au-dessus des autres pour moi, et tu le sais alors arrête de dire des conneries. »

La beauté reprenait du poil de la bête. C'était rassurant. Après tout, tu avais l'étoffe d'une lionne. Et une lionne ne se laisse pas soumettre. Ne baisse pas les bras. Pas pour si peu, parce que je n'avais pas finis mon petit jeu. Ta paume vint effleurer ma colonne avec une infinie lenteur qui aurait pu faire dérailler n'importe qui. Je sentais tes lèvres exquises s'attarder sur ma peau. Te rendais-tu seulement compte de ce que tu pouvait bien me faire ? De ce que tu faisait à tout le monde en général. De l'emprise infime que tu tissais tout autour des autres. Ta maladresse asociale en était doublement plus étonnante. Un tiraillement taquina mon cuir chevelu tout aussi sensible que ma nuque. Un frisson me parcourra. Belle parleuse, diplomate aurait été un bon métier pour toi. Je n'oserais surement jamais me perdre à croire à un tel ramassis de faux semblants. Était-ce une façon de quémander mon pardon ? De faire passer plus habilement la pilule de ton raté ? Comment pouvais-tu te permettre de déblatérer ce genre de choses avec moi. Pour moi. Cruelle. Mes bras encerclant ta taille raffermirent leur emprise. Inconsciemment. Tu venais de signer ton arrêt de mort, clairement. Je n'étais visiblement pas le seul à jouer avec la bordure du vase, narguant le vide béant s'ouvrant en dessous du cordon sensible. Tendu à l'extrême. Ne me fais pas espérer. Cela aurait été une punition trop grande. Ne me pousses pas au vice. Je n'apprécierais pas de ne pas avoir le dessus. Mais nous étions deux, dans ce jeu.

Fais gaffe je pourrais bien ne plus répondre de rien.

« Je ne mord pas.
Menteur. »


Un sourire charmeur s'esquissa sur mes lips. Ce n'étais pas totalement faux, mais je ne m'en cachais pas pour autant. C'était l'un de mes nombreux vices. L'un de mes défauts peu plaisant, avec lequel je vivais pleinement. Je fermais les yeux. J'avais clairement vu ton petit sourire en coin. Tu savais clairement ce que tu faisais. Ton poids s'alourdit un peu plus contre mon buste, mes muscles se bandèrent pour soutenir nos corps en un équilibre précaire. Déposant une paume sur la pelouse nickelle du terrain, m'en servant comme pilier, l'autre partit encercler tes hanches étroites. Mon sourire s'allongea. Mon nez aquilin effleura quelques mèches rousses, comme j'avais toujours voulu le faire. Le temps s'arrêta.

« Tes hormones en ébullition ont-elles finis par se calmer un peu le lion ? »

Mon rire rauque repartit de plus belle, légèrement enroué, presque gêné. Et dire que nous étions encore à l'extérieur, découverts face aux trop nombreux regards indiscrets.

« Non. J'ai bien peur qu'elles s'échauffent un peu plus, même. »

Un sourire taquin fiché aux lèvres, mes yeux fixèrent tes doigts si fins dessinant quelques arabesques imaginaires à même ma chemise. La tension monta. Ma respiration s'excita. Doucement, mes lèvres vinrent épouser cette zone dissimulée à mi chemin entre ton cou et ton oreille.  

« Avoue que ça t'amuses bien. »

Souffle chaud, rauque. Mes dents partirent à la rencontre de ta peau fine, taquines.
Celle-ci s'illumina d'un beau carmin.

« Tu devrais songer à prendre tes distances, avant que tout n'aille plus loin. Mes yeux cherchèrent les tiens. Tu ne voudrais pas que ça déraille, nous ne sommes qu'amis, après tout. »

Tentation. Ma main quitta ton corps anguleux, ma tête se releva.
La balle était dans ton camp.
Nous jouons à un jeu dangereux.


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MessageSujet: Re: Un ciel qui n'appartient qu'à moi [Lionel].   Lun 24 Mar - 12:42

Ely a écrit:
Et je vole dans ce ciel qui n’appartient qu’à moi.
Ou presque.
FEAT.  LIONEL A. LUTHER
Et le temps s’arrêta, alors qu’elle gardait les yeux clos, ses mains dessinant des arabesques légères, presque inconsciemment. Son souffle lent, apaisé, taquinant le cou du jeune homme quand ce n’était pas ses lèvres qui, délicatement prenaient le relais l’espace d’une seconde. Il avait toujours été tactile, elle y avait toujours répondu, trouvant dans ses bras un plaisir certain, un réconfort aussi. Elle ne pensait plus à rien et c’était là la meilleure chose qu’elle pouvait espérer. Et si c’était là ce qu’il attendait d’elle : le contact, cela rendait les choses encore plus faciles non ? Enfin, facile en apparence. Car elle frissonna en sentant la main du lion se refermer autour de ses hanches, frissonna en sentant son souffle, son nez qui venait se loger dans sa chevelure. C’était délicat, presque irréel. Mais incroyablement plaisant. Et pourtant elle ne voulait pas analyser ce bien être, elle ne voulait pas se demander avec exactitude la place qu’occupait le rouge dans sa vie. Elle se plaisait à éprouver, ressentir, enfermée dans le plaisir ou les blessures immédiates, sans chercher à voir plus loin. Car elle savait que les questions qu’elle se poserait seraient dérangeantes, les réponses : intolérables. Alors elle se contenta d’un sourire, puis d’un souffle, demandant à son interlocuteur si ses hormones s’en trouvaient satisfaites.

Et son sourire s’accentua, doucement, quand elle le vit rire. Etais ce de la gêne ? Elle n’aurait pu le dire avec précision. La rousse se contenta d’ouvrir à nouveau les yeux, jetant un bref coup d’œil au ciel, où quelques adolescents continuaient de s’agiter avec leurs balais, tandis que d’autres restaient à terre au loin. Du monde, de la foule et pourtant elle s’en moquait. Royalement. Elle se contenta de l’écouter, quand il affirma que c’était tout le contraire. Il s’échauffait. Alors bien que la rousse ne bougea pas d’un iota de sa position initiale, les caresses se firent plus brèves, voire même interrompues. Pousser le vice était peut-être une mauvaise idée, surtout dans ces conditions. Lionel qui s’emballait, c’était toujours délicat, imprévisible aussi. Elle craignait un nouveau faux pas, peu importe de qui il émanerait. Elle craignait une nouvelle rupture à ce moment agréable. Mais ses pensées s’envolèrent face à la respiration accentuée du lion, face à ses lèvres qui se glissèrent sur son cou, y traçant un chemin du bout des dents. Frisson. Encore. Si ça l’amusait ?

« Non. Je suis juste bien. »

Un souffle, un murmure à peine audible. Ce n’était pas de l’amusement pour elle, pas ça. Oh bien sûr cela lui arrivait de l’effleurer, une caresse aérienne, suivit d’un regard amusé. Cela lui arrivait de provoquer, de tester, de délimiter. Cela lui arrivait d’aller trop loin aussi. Mais pas cette fois. Pas alors qu’elle venait juste de fauter, pas alors qu’elle se contentait d’apprécier sereinement le moment. Une bulle de bien être, qui éclata soudainement. « Tu devrais songer à prendre tes distances, avant que tout n'aille plus loin. Tu ne voudrais pas que ça déraille, nous ne sommes qu'amis, après tout. » Les paroles explosèrent dans son esprit, alors qu’il la lâchait soudainement, mettant fin au contact. Tout d’abord immobile, Elyrian garda le silence un long moment mais l’on sentait sa respiration qui s’accélérait. Il venait, en une phrase, de lui balancer à la gueule toutes ces questions qu’elle préférait éviter. Juste se laisser aller, sans se prendre la tête, mais voilà qu’il la contraignait désormais à se décider. Réellement. Alors elle se redressa, lentement, légèrement, restant toujours allongée sur lui mais portant son visage au-dessus du sien, vrillant ainsi son regard dans celui du jeune homme. Elle ne ressentait plus sa chaleur, plus autant, préféra étouffer cette sensation de manque afin de se concentrer sur lui. La main de la demoiselle remonta, dégageant doucement le front du lion avant de demander.

« Je suis censée comprendre quoi ? Que toi, tu veux aller plus loin pour voir cette amitié dérailler. Ou bien à tes yeux je ne suis pas qu’une amie ? »

Des questions. Pour savoir, jauger, comprendre. Pour le laisser s’aventurer le premier sur un terrain qu’elle ne connaissait pas, qu’elle maîtrisait si mal qu’elle regretta presque aussitôt ses paroles. Que se passerait-il, s’il confirmait qu’il la voyait autrement ? Que ferait-elle ? Merde. Elle se moquait des caresses, du physique, de la proximité. Cela ne la dérangeait pas, mais les sentiments qui s’accouplaient avec … c’était une autre histoire. Plus effrayante pour elle. Alors elle garda le silence, elle hésita, se crispa, se détendit, au fur et à mesure que des pensées lui traversaient l’esprit. Mais une conclusion finit par s’imposer à elle, plus naturellement, bien qu’elle douta encore que ce fut la meilleure chose à faire. Elyrian l’observa encore et finit par reprendre, sérieusement, toujours dans un murmure, comme si cela facilitait les mots.

« Je t’ai fait une proposition, que tu as refusé. Je ne partirais pas. »

Elle lui avait dit, qu’elle partirait si c’était ce qu’il désirait. Elle n’était pas parfaite, et il lui proposait de s’engager sur un terrain délicat, il devait s’attendre à se brûler. Elle aussi s’y attendait, elle songeait déjà aux blessures. Mais n’en valait-il pas la peine ? La peine de prendre les risques, de s’engager là où elle n’était jamais été. Elle n’aimait pas parler d’elle, ce n’était cependant pas là ce qu’il voulait en cet instant. C’était forcément plus simple, plus facile à accomplir. Tout du moins elle essayait de s’en persuader. Sa gorge se noua, ses doigts glissèrent à nouveau sur le cou de son interlocuteur, instinctivement. Mais au fond elle ne savait rien, tout était confus. Elle savait juste que sa fierté l’avait poussé là, l’envie aussi, elle savait que ces deux sentiments la retenaient désormais dans les bras du lion, à moins que ce ne soit le regard de ce dernier, l’absence de ces mains sur son corps. Fait chier. Parce qu’elle ne savait pas où elle allait, avait la désagréable impression d’être soudainement un jouet dont on testerais les limites. Rongée. Mitigée. Et dans l’attente également.
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MessageSujet: Re: Un ciel qui n'appartient qu'à moi [Lionel].   Lun 24 Mar - 12:42


Personne ne lui a jamais appris,
Qu'on pouvait dire oui.
avec Elyrian Helm.



« Tu devrais songer à prendre tes distances, avant que tout n'aille plus loin. Mes yeux cherchèrent les siens. Tu ne voudrais pas que ça déraille, nous ne sommes qu'amis, après tout. »

Je ne jouais plus, du moins plus vraiment. Si je mettais tant de hargne à stopper le cercle vicieux, le grand huit, si je la repoussais un peu durement ; c'était pour nous épargner, vraiment. Il y avait bien un soupçon de rancœur tenace, mais le trop-pleins d'appréhension était tel qu'il semblait balayer tout le reste. Je m'étais toujours démerdé pour ne pas songer à notre relation ambiguë, aux conséquences que cette dernière pourrait engendrer. Je n'étais pas le type de la situation. J'étais volage, fier, vulgaire et même violent dans quelques éclats incontrôlés : tout ce qu'il ne lui fallait pas, à elle. Nous nous serions crashé inlassablement à un mur, c'était trop de responsabilité à supporter. Et mon côté infiniment pas Gryffondor me poussait à ne pas m'y attarder. Pour son bien comme pour le miens. Ne pas avoir à ramasser plus de pots brisés. Elle méritais mieux, tellement mieux...

Mon bras quitta ses hanches au moment précis où sont regard s'écarquilla. Je venais vraisemblablement d'irriter une corde sensible pour elle. Pourquoi ? Je n'avais pourtant fais qu’énoncer la dure vérité. Je la mettait juste à la sauce, avant que le train ne déraille. Elyrian s'immobilisa, comme pétrit d'un enduit plus solide encore que l'acier. C'était presque flippant. Sa respiration se décupla. Elle allait me faire une crise cardiaque entre les bras et je n'avais même pas de brevet de secourisme. Encore moins de sortilège utilitaire dans la poche. Elle allait me liquéfier à mon tour. Le silence nous berçait du même mouvement que la brise légère. Sa froideur me mordilla, m'irrita. J'aurais donné cher pour rappeler cette bouillotte tout contre moi. La serrer à nous en faire fusionner. Mais ce n'était clairement pas le moment, ne pas flancher, laisser couler. Attendre. Je n'eus pas à me faire prier bien longtemps. Moins d'une minute après, la voilà se relevant adroitement, son regard se vrilla au mien. La lueur que je discernais dans ses iris azures ne me disait rien qui vaille. J'allais devoir passer à table. C'était clair comme de l'eau de roche. Elle embaumait l'attente significative. Et alors, elle eut le plus étrange geste envers moi. Sa paume remonta le long de mes avant bras, pour finalement venir couver mon front. Avait-elle peur pour ma température ? Avait-elle crue sentir quelque chose d’inhabituel ? La chaleur de sa main irradiait mon crâne, le vrillant de cette impression rassurante. C'était écœurent tant j'aurais été près à en redemander.

« Écoute, Ely, j'ai dis ça pour déconner, OK ? Oublie, je... »

Mes mots moururent, hachés par les siens.

« Je suis censée comprendre quoi ? Que toi, tu veux aller plus loin pour voir cette amitié dérailler. Ou bien à tes yeux je ne suis pas qu’une amie ? »

Quelle était la réponse attendue ? Que voulait-elle donc me soutirer ? Mon regard fit la navette entre ces deux iris ombrageuses, y creusant dans l'espoir d'y trouver une réponse quelconque. Je détestais ressentir cette impression que tout vous file entre les doigts. Et elle, alors ? Que ressentait-elle pour moi ? Devais-je vraiment faire preuve de puissantes ressources Gryffondoresques sur ce coup-ci ? Que Merlin me vienne en aide. Tout plutôt que de devoir plonger tête baissée dans ces emmerdes là. Je n'étais pas fais pour ça, pour les bons petits sentiments. Ça foirait toujours. Pourtant, ce n'était pas l'attraction qu'il nous manquait... J'allais péter une case. Tout s'emmêlait, je ne discernais que ce que mon esprit ennuyé voulait bien se donner la peine d'analyser. Comme ce spasme crispé qui la tarauda un instant. Comme son regard infiniment interrogateur. J'allais devoir passer à la caisse, putain. Tout ça était bel et bien sérieux, finit les jeux de vases et de débordement. Nous avions trop joué, justement. Son murmure me glaça. Plus intensément encore que son regard pénétrant.

Cette fille allait me tuer.

« Je t’ai fait une proposition, que tu as refusé. Je ne partirais pas.  »

Un frisson indésirable semblait avoir élu domicile au creux de mes dorsales. Comment devais-je le prendre ? Venait-elle de se confesser, ou bien au contraire, d'enfoncer le clou pour m'obliger à parler ? Un tremblement spasmodique traversa ma main gisant au sol. Bien-sûr que je l'avais retenu ; et comment faire autrement ? J'avais simplement agit impulsivement. Sans avoir à songer aux conséquences. J'avais été naïf. Et pourtant, je n'avais clairement pas pus me résigner à la voir se barrer. Était-ce un signe ? Un signe de quoi ? Les signes se suivaient à la pelle, depuis le commencement, depuis la première fois où mon regard l'avait scanné virevoltant dans les airs en pleins match. J'étais finis depuis le début. Et ce regard incessamment encré au miens, me noyant. Je craquerais, forcément. Le silence et l'attente soutenue me vrillait les neurones. J'allais imploser. Mon regard se fit implorant. Pas ça.

Ses doigts flattèrent mon cou aux endroits sensibles. Ma paume vint choper la sienne en une fraction de seconde seulement, un peu durement.

« Arrête ça, murmurais-je de cette voix beaucoup trop rauque, gutturale. »

Mais j'étais con, forcément, j'allais lâcher.

Ma main encore aux prises de tressautements, emprisonnant la sienne, partie à la rencontre de sa chute de rein marquée. Au risque de tout envoyer en l'air encore une fois, autant faire ça bien. Ma bouche murmura l'ombre d'une excuse silencieuse, avant de fondre sur sa consœur. J'avais définitivement disjoncté, tout bonnement lâché prise. Elle voulait des réponses ; j'allais me faire un plaisir de les lui offrir. Doucement dans un premier temps, mes lèvres épousèrent les siennes chastement. Ne pas la brusquer. Ma langue effleura sa lèvre inférieure, l'espace d'un infime instant, puis tout s'arrêta brusquement. Ma tête tournée au quart, je m'arrachais à la vision du terrain pour éviter tout débordement. Même un con sait quand il vaut mieux ne pas jouer avec le feu.

Le regard fermement perdu dans le vague du paysage, t'entrepris de m'éclaircir la voix avant de lâcher la suite de but-en-blanc.

« Je crois que tu ne te rends pas compte de ce dans quoi tu te lance. Il y a certaines questions qui feraient mieux de restées sans réponses, tu comprends ? Mon regard se durcit, mes yeux se plissèrent. Je me tuais à chercher mes mots. C'est pas si simple, OK ? On va droit vers le mur. Et le mur, c'est du béton armé... Je n’ai pas l'intention de t'entrainer là dedans. »

Un soupir m'échappa.

« Écoute, j'ai merdé. On as repris nos rôles respectifs, OK ? Laisses tomber. Je suis pas le mec qu'il te faut, encore moins celui que tu m'imagine être. Épargne-moi. Et épargne toi au passage. J'ai peut-être un peu plus d'expérience, mais j'en ai justement suffisamment pour ne pas vouloir me replonger là dedans. Alors, oublies, j'ai juste merdé, d'accord ? Comme d'habitude, c'est tout. Rien de plus. »

Descends de là avant que je ne réponde, vraiment, plus de rien.

Comme si la possibilité de rester comme avant nous était possible. Quelle ironie. Devoir se contenter du paradoxe, flirter de façon volage sans jamais s'engager. Peut-être qu'elle se trouvera un gars pas trop mal, qu'elle me laissera le plaisir du rôle secondaire.

Mais c'était mieux ainsi.


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MessageSujet: Re: Un ciel qui n'appartient qu'à moi [Lionel].   Lun 24 Mar - 12:42

Ely a écrit:
Et je vole dans ce ciel qui n’appartient qu’à moi.
Ou presque.
FEAT.  LIONEL A. LUTHER
Il avait voulu la couper, lui dire qu’il avait déconné, que c’était des conneries. Elle ne lui en laissa pas le temps, ne voulant pas entendre ces mots-là. Du vent ? Ce n’était vraiment là que du vent ? Sa manière de l’effleurer, de la réclamer, de lui signaler que ça déraperait si elle ne prenait pas ses distances. Il voulait faire passer ça pour une blague, mais elle n’y croyait pas une seconde. Alors elle lui demanda comment il percevait vraiment les choses, pour savoir, comprendre. Et une fois la question formulée, la rousse songea à ses propres sentiments pour le jeune homme. Elle tenait à lui, c’était indéniable. Elle lui faisait mal, souvent, mais savait s’excuser. Il aurait pu la mettre au pied du mur, lui demander de partir, elle serait toujours revenue à un moment ou un autre, parce qu’elle avait besoin de lui. Mais en avait-elle besoin de cette façon ? Pourtant il ne manquait pas grand-chose, la proximité physique était là depuis bien longtemps. Aussi était-elle sûre d’une chose : elle ne voulait pas partir, lui-même ne semblait pas le vouloir, alors elle resterait. Encaisserait. Assumerait. Elle le lui fit comprendre, par des mots et par ces caresses renouvelées à la base de son cou. Caresses qu’il stoppa, s’emparant de sa main, soudainement, un peu brutalement aussi. Elyrian se crispa, tendue par la crainte de ce qui allait suivre. Merde. Avait-elle merdé en lui posant ces questions ?

Arrête ça. Elle frissonna. Oui, elle avait apparemment merdé. La jugeait-il trop cruelle ? Vicieuse au point de lui donner envie, tout en lui donnant l’impression que ce n’était qu’un jeu ? Mais ce n’était pas un jeu, elle aurait voulu lui dire. Lui dire que même si c’était floue, confus, douloureux aussi, elle ne faisait pas tout ça par amusement. Aussi ouvrit-elle la bouche, prête à se justifier, mais elle la referma bien vite en sentant la main du lion contre ses reins. Pourquoi ce changement d’attitude, pourquoi cette excuse aussi, à peine soufflée ? La réponse s’imposa bien vite quand ses lèvres rencontrèrent celles du rouge. Si ce fut la surprise qui apparut en premier, sous la forme d’un sursaut à peine perceptible, elle la balaya bien vite pour se concentrer sur la douceur de ces lèvres, la douceur de ce baiser. Cette langue la taquinant. Sa respiration s’arrêta, les yeux clos elle voulut effleurer sa nuque mais il ne lui en laissa pas le temps, rompant le contact, se détourna soudainement. Un peu trop à son goût. La rousse se mordilla alors la lèvre inférieure, légèrement, là où il l’avait marqué. Bon sang à quoi jouait-il ? Il pensait que elle, elle était capable de rester insensible à tout ? Même à ça ? Le fou. Un fou qui reprit la parole, refusant cependant de la regarder pour prononcer ces mots. Elle n’aimait pas.

Elle n’aimait pas sa façon de fuir son regard, sa manière de lui parler : comme s’il expliquait à un enfant qu’il venait de faire quelque chose de mal. Elle n’aimait pas sa manière de lui dire que ce n’était pas si simple, le soupir qui lui échappa, sa proposition pour oublier ce qui venait de se passer, son jugement concernant les hommes qui pouvaient potentiellement lui plaire – que pouvait-il bien en savoir franchement ? – et … Non, elle n’aimait qu’il décide pour elle. Pourtant elle aurait pu accepter tant de choses, elle aurait accepté que elle ne soit pas faite pour lui. Elle aurait accepté les refus de ce genre, accepté d’apprendre qu’il en aimait déjà une autre, accepté qu’il ne veuille pas de ça avec elle. Tout. Elle s’en moquait. Mais ces excuses là… Se servir d’elle comme d’un bouclier, dire que s’il faisait ça c’était pour son bien à elle. Non, ça ne passait pas. Elle était grande, suffisamment pour prendre ses responsabilités, suffisamment pour assumer, pour encaisser les coups. De toute manière, les blessures, elles étaient déjà là. Ils s’étaient déjà fait du mal, que pouvait-il arriver de pire ? Oh et puis merde tiens. Les doigts de la demoiselle glissèrent le long du cou du jeune homme, jusqu’à son menton qu’elle empoigna délicatement, le contraignant à lui faire face. Ne te détourne pas de moi. Jamais. Pas comme ça, pas maintenant. Vrillant son regard dans le sien, elle lâcha alors, dans un sifflement agacée qui contrastait avec la douceur de ses gestes.

« Parce que tu crois pouvoir décider pour moi ? Juger de ce qui est bon ou non, juger de ce qui serait le mieux. Tu veux faire quoi, choisir mes prétendants à l’avenir aussi ? Sélectionner celui que tu penseras être le meilleur ? »

Si son regard était glacial, elle finit par s’adoucir, légèrement. Elle ne le lâchait pas, hors de question qu’il détourne de nouveau le visage, elle n’en avait pas fini avec lui. Loin de là. Elle reprit alors.

« Je peux comprendre un bon paquet d’excuses : Etre trop invivable pour toi, que tu ne veuilles pas que ça aille plus loin, que c’est juste physique et que tu n’imagines rien de plus, que tu en aimes une autre. Tout. Mais ne te sers pas de moi pour te justifier. »

Elle ne le tolérait pas. Mais soit. Il avait merdé, ne désirait rien d’autre, d’accord. Mais avant ça, avant de lui dire qu’il avait fait une connerie et qu’elle devait arrêter là, avant de réclamer tout ça d’elle, il fallait qu’ils soient sur un pied d’égalité. Parce qu’en cet instant c’était trop facile, trop facile pour lui, alors qu’elle avait l’impression d’être dans une situation… qu’elle ne contrôlait pas, pas le moins du monde. Alors la main qu’elle avait porté à son menton glissa jusqu’à sa nuque et elle l’attira contre elle afin qu’elle puisse s’emparer à son tour de ses lèvres. Et elle alla plus loin que lui, commençant d’abord doucement, mordillant les lèvres du lion, épousant leurs formes, avant d’en forcer le barrage du bout de la langue, cherchant sa consoeur. De nouveau elle eut l’impression que le temps venait de s’arrêter, mais c’était agréable, plus que ça même, à la limite du supportable. C’était jouer avec le feu, mais il était hors de question qu’elle soit la seule à subir ces assauts. Mais la rousse finit par se reculer légèrement, au bout d’un moment, conservant son visage près de celui du jeune homme. Inspirant doucement elle finit par souffler.

« Et bien vas-y maintenant. Oublie ce qu’il vient de se passer, vu que c’est si facile. »

Car de son côté elle en était incapable. Et elle savait qu’elle ne dormirait pas correctement avant un moment. Mais si après ça il souhaitait toujours arrêter, lui qui disait que c'était facile d'oublier ce genre d'erreurs, soit. Elle n'insisterait pas, et le fit comprendre en lâchant sa nuque, stoppant la moindre caresse qui pourrait le tenter de trop. Ils étaient à égalité désormais, et dans un sens ça la rassurait.
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MessageSujet: Re: Un ciel qui n'appartient qu'à moi [Lionel].   Lun 24 Mar - 12:43




Ely & Lio
« Et je vole dans ce ciel qui n’appartient qu’a moi nous. »



D

oucement, un main douce vint taquiner la mâchoire marquée. Redessinant les traits anguleux y saillants, elle l'obligea à se détourner. Les yeux ambres obstinément fixés sur les quelques gradins s’alignant tout autour d'eux, revinrent se perdre dans les deux billes d'un azure semblant sans fond. C'était tumultueux, étrange, doux, mitigé, fiévreux. Attractif. Un sourire contrit étira ses fines lèvres.
« Parce que tu crois pouvoir décider pour moi ? Juger de ce qui est bon ou non, juger de ce qui serait le mieux. Tu veux faire quoi, choisir mes prétendants à l’avenir aussi ? Sélectionner celui que tu penseras être le meilleur ? »
Une lueur d'adoucissement sembla traverser les pupilles pareilles à deux lagons, mais Lionel ne s'y trompait pas. Tout avait prit un tournant démesuré. Ce contre quoi il semblait tant se braquer depuis des mois avait irrémédiablement finit pas pointer le bous de son nez. Et voilà que la belle rousse venait lui demander des comptes. Comment pouvait-il se permettre quoi que ce soit ? Lui qui n'était même pas assurément sur de son orientation sexuelle. Cela faisait plus de six ans qu'il se trainait les mêmes questions comme un fardeau. Mais, n'était-ce pas normal d'en apprendre plus sur la vie une fois la puberté atteinte ? N'était-ce pas normal de vouloir tenter le Diable avec son seul et unique meilleur ami ? Bien-sûr que si. Mais cela faisait-il forcément de lui un homosexuel ? Et si c'était effectivement le cas, comment pouvait t-il se permettre autant d'intimité avec une femme ? La vérité était pourtant simple : il y prenait clairement son pied. Après tout, il serait bien le premier à l'avouer, cette Poufsouffle n'avait rien à envier à personne. Dotée d'un caractère enflammé, mais dissimulant bon nombre de fissure, Elyrian était l'archétype même de la demoiselle complète. Celles avec leurs hauts et leurs bas, celles qui vous feront irrémédiablement tourner la tête, pour un oui ou pour deux non. Celle qui saura combler mieux que personne le trou béant logé en plein cœur. Mais se résoudre à de telles extrémités, à une pareille intimité, ne faisaient-elles pas de lui un immonde homme vil et cupide ? Cupide, quel faible mot...
« Je peux comprendre un bon paquet d’excuses : Être trop invivable pour toi, que tu ne veuilles pas que ça aille plus loin, que c’est juste physique et que tu n’imagines rien de plus, que tu en aimes une autre. Tout. Mais ne te sers pas de moi pour te justifier. »
Alors, c'était donc ça. Il suffisait de lui certifier ne faire ça que pour le sexe, pour qu'elle le laisse en paix ? L'idée l'effleura. Cela aurait été si simple. Juste quelques mots crus prononcés d'un ton tranchant, sans précédant. Elle venait même de lui donner la clef de tous ces soucis sur un plateau d’argent, gratuitement. Et cette dernière compréhension lui fit plisser les yeux. Mais, si elle osait s'ouvrir pareillement, si elle se donnait la peine de lui remettre toutes les cartes du jeux... N'était-ce pas justement parce qu'elle l'avait présumé trop n'importe quoi pour se permettre une telle bassesse simpliste ? Un frisson l'étourdit. Et comment le voyait-elle justement ? C'était bien trop injuste de lui demander des comptes sans rien donner en compensation. Trop frustrant pour la partie adverse, aussi. Trop groggy par ses propres pensées, il ne sentit pas tout de suite la main adroite s'esquivant vers le creux de son cou. La sensation sur ce point si sensible chez lui fut instantanée. Ses yeux ambres s'agrandirent, avant de se replisser par scepticisme. Que comptait-elle faire, là, exactement ? Un nouveau frisson lui traversa l'échine. Elle n'avait pas le droit d'user de ses pleines faiblesses contre lui. C'était vilain. Vilain, comme lui. Il eut beau chercher son regard du siens, rien ne répondit à la lueur mi-inquiète mi-intéressée se nichant de le sien. Délicatement, les lèvres purpurines tant tentatrices vinrent se lover contre les siennes, avec un peu plus de ferveur que la première fois. Visiblement, elle y mettait du cœur à l'ouvrage et, lorsque des dents vinrent se refermer par intermittences régulières sur ses lèvres, le Lion ne put retenir une main hasardeuse. C'était de sa faute, tout, entièrement de sa faute. Lorsqu'une langue mutine vint forcer ses barrières, il ne se fit pas prier, le ballet commença. Excitant. Il lui laissa l'ombre de quelques secondes pour s'habituer, avant de chercher plus fortement à prendre le dessus. Elle l'avait cherché. Le brasier berçant son bas-ventre s'anima un peu plus. C'était un jeu dangereux. Mais le manque d'air l'obligeant à s'éloigner l’atténua quelque peu. A peine. Leurs visages, si proches, le troubla outre mesure. Il lui semblait que leurs respirations s'étaient mêlées. Puis, après un court instant passé à se regarder dans le blanc des yeux, la jolie rousse balaya son visage aquilin de son souffle quelque peu anarchique.
« Et bien vas-y maintenant. Oublie ce qu’il vient de se passer, vu que c’est si facile. »
La chaleur de sa paume quitta le cou sensible, les yeux ambrés se durcirent, mauvais. Il ne lui avait fallut qu'un infime moment pour comprendre l'entière portée de ses dires. Elle venait somptueusement d'échanger les rôles, pour la énième fois. Un sourire carnassier s'étala sur les lèvres fines du Gryffondor. Se faire prendre à son propre jeu n'était pas l'un de ses plaisir favori. Loin de là. Doucement, l'une des larges paumes vint épouser la nuque délicate, la rappelant à lui. Il ne lui laisserait pas ce plaisir. Ses lèvres fondirent sur les siennes avec l'ombre d'une dureté, d'une envie. Cela lui sembla duré une longue et délicieuse éternité.
« Si tu savais tout ce que j'aimerais décider pour toi... Ce que j'aimerais faire pour toi. J'aurais aimé dire que, oui, je choisirais ton Homme avec soin, mais je n'aurais jamais les nerfs suffisamment bien accrochés pour rester de marbre face à une telle blague. Il marqua une pause, le temps de baisser les yeux pour se regorger de vigueur. Oh, Ely, je n'oserais foutrement jamais t'utiliser pour des raisons pareilles. L'ais-je seulement déjà fait ? Tu sais bien que non. Alors ne m'afflige pas ça. Leurs regards s'accrochèrent. Comme si je pouvais réussir à faire comme si de rien était, après ça. »
Sa voix rendue rauque dérailla sur la fin. L'une de ses mains s'attarda sur la poitrine offerte, la pétrissant l'espace d'un infime instant avant de dériver consciencieusement vers la chute de rein prononcée. Sa bouche vola un troisième baiser, léger cette fois.
« Ce n'est pas forcément le meilleur lieu pour se donner à ce type d'activité... Et j'aimerais bien ne pas faire perdre de point à ma maison, si tu vois ce que j'insinue par là. »
Pitié, qu'elle ne lui demande pas des mots, des déclarations, et tout autre officialité. Morgane, pitié.


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MessageSujet: Re: Un ciel qui n'appartient qu'à moi [Lionel].   Lun 24 Mar - 12:43

Ely a écrit:
Et je vole dans ce ciel qui n’appartient qu’à nous.
FEAT.  LIONEL A. LUTHER
Elle avait senti ses mains contre ses reins, ses hanches, ses cuisses. Elle l’avait senti répondre à son baiser, l’avait senti prendre le dessus au bout d’un moment. Et tout ça était loin de lui déplaire, bien au contraire. L’une de ses mains glissant le long de la chevelure du lion, l’autre effleurait son cou et son torse. Elle aurait voulu rester là, elle aurait voulu prolonger le moment, mais il fallait bien s’arrêter un peu. Le temps de lui souffler qu’il n’avait qu’à oublier, s’il craignait tant le mur. Oublier, partir, arrêter de la toucher, de l’embrasser car c’était bien lui qui avait provoqué tout ça. Lui qui avait commencé. Alors elle le lâcha, se reculant de nouveau légèrement, cessant ses caresses, le temps qu’il se prononce. Et ça lui faisait peur, vraiment. Depuis combien de temps ne s’était-elle pas souciée de ça ? Souciée du rejet. Mais fort heureusement l’attente ne fut pas des plus longues. Elle capta son sourire, carnassier, capta sa main qui glissait à hauteur de sa nuque. Et déjà elle retournait vers lui, s’abandonnant à une nouvelle étreinte. Elle perçu son désir, écho à sa propre envie, sa dureté aussi qui la fit frissonner. Il avait le don de la mettre dans tous ses états. Et si ce n’était que physique pour l’instant, cela ne tarda pas à prendre une tournure différente à ses yeux, quand il reprit la parole.

L’observant en silence la rousse frissonna face à ses mots, ses mains se refermèrent doucement à la fois sur ses mèches d’ébènes et à la fois sur le col de sa chemise et s’il n’y avait aucune trace de violence dans ses gestes, l’on sentait son trouble. Elle n’était décidément pas habituée aux belles paroles, aux aveux. Et pourtant cela lui fit un bien fou, elle sentait son cœur se gonfler de satisfaction dans sa poitrine, de satisfaction et de divers autres sentiments qu’elle ne se donna pas la peine d’analyser. Elle sentait juste la chaleur, son souffle contre sa peau, le timbre de sa voix, ce regard qu’il baissa puis qu’il ancra à nouveau dans le sien. Elle se sentait bien, mais aussi infiniment conne, pour ne pas être capable de pouvoir rajouter quoi que ce soit à ce discours. Il était facile de voir qu’elle ne restait pas de marbre, pourtant elle préféra s’abstenir du moindre commentaire, se contentant d’une caresse, effleurant sa joue, son cou. Ely’. Bon sang, pourquoi l’évocation de son prénom devait-elle lui faire un tel effet. Probablement parce qu’ils étaient de l’autre côté de la barrière désormais, encore plus quand la main du lion erra sur sa poitrine pendant un temps avant de redescendre jusqu’à ses reins. Et ce baiser, le troisième, plus léger.

Et si le lion s’échauffait, il n’était pas le seul, la demoiselle étant loin d’être épargnée par ses propres désirs. Cependant son compagnon eu la bonne idée de la ramener à la réalité, lui signalant que le lieu n’était pas propice et qu’en plus il ne souhaitait pas faire perdre des points à sa maison. Des points. Elyrian garda le silence un instant, dire que quelques jours plus tôt elle avait fait la morale à Kalev, le menaçant de mort s’il venait à faire perdre des points à sa maison à cause de ces conneries. Et elle-même aurait été prête à envoyer au loin tout ça, ses menaces, son besoin de ne jamais décevoir sa maison, ces points à la con. Oui elle aurait volontiers laissé tout ça de côté, mais pas lui. Au fond c’était compréhensible au vu de la position de sa maison actuellement, mais il était hors de question qu’elle se contente d’hocher docilement la tête. Alors la rousse, toujours allongée sur lui, fit glisser l’une de ses mains le long de son torse, faisant preuve d’une lenteur presque cruelle, avant de déposer ses lèvres contre son cou, taquinant la peau du bout des dents avant de murmurer à son oreille, moqueuse.

« Si monsieur était plus motivé en cours et rapportait ainsi plus de points à sa maison, on aurait pu se permettre un écart. Tant pis pour toi. »

C’était fourbe, et elle en tirait une réelle satisfaction. L’embrassant dans le cou elle se recula alors, cet éternel sourire narquois aux lèvres. Soit, s’il n’y avait rien autant parler d’autre chose, et vite. Parce que pour le moment elle ne voyait que lui, et c’était plutôt mauvais quand on pensait à une abstinence. Alors la demoiselle prit les choses en main, changeant tout d’abord de position. Désormais assise dans l’herbe, elle contraignit le lion à faire de même et elle écarta ses jambes, se glissant entre celles-ci afin de se laisser se reposer sur son torse, sa tête ainsi nichée à hauteur de son cou. Elle était bien là aussi, le laissant l’entourer de ses bras s’il le désirait, elle darda alors son regard vers le ciel. C’est vrai que l’endroit n’était pas propice à quoi que ce soit, surtout avec tous ceux qui volaient encore. D’ailleurs elle avait toujours son balai à côté d’elle, l’ayant presque oublié avec toute cette histoire. Et bien tiens, quitte à parler du beau temps, autant parler de ce qui les passionnait tous les deux. De cette chose qui, au commencement, les avait réunis.

« Soit dit en passant j’ai hâte de t’exploser au Quidditch. Tu te méfieras d’Alix, elle est en forme, elle m’a envoyé cinq cognards à l’entraînement. »

Décidément. Une autre fille aurait probablement préféré ronronner jusqu’à ce que la nuit tombe, en silence. Une fille modèle l’aurait valorisé, aurait arrêté de se moquer de lui sous prétexte qu’ils avaient franchis un certain cap. Foutaises. Elle ne changerait pas, encore moins maintenant qu’elle avait la certitude que cela lui plaisait suffisamment pour qu’il daigne rester près d’elle. Rester elle, parfaitement elle. C’était le plus beau cadeau que l’on puisse faire, non ? De son côté elle ne voulait pas voir le lion changer, de toute manière c’était impossible. Chassez le naturel et il revient au galop. C’était aussi pour ça, à cause de ce qu’elle était, qu’Ely n’avait pas cherché à soutirer plus de discours au jeune homme. Elle n’en avait pas besoin, suffisamment troublée et satisfaites par les mots qu’il avait pu prononcer de son plein gré. Et il aurait été stupide de sa part de réclamer des déclarations qu’elle n’aurait pas été en mesure de lui retourner. Pas comme ça. Pas en réclamant. Cela ne fonctionnait pas ainsi à ses yeux.
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MessageSujet: Re: Un ciel qui n'appartient qu'à moi [Lionel].   Lun 24 Mar - 12:44



Et je vole dans ce ciel qui n’appartient qu’à nous.

feat Elyrian Helm.

T
a caresse infime dans mes cheveux lisses. Ta poigne crispée contre mon col. Les mots coulant comme un flot continu dont personne, pas même moi, pouvait en régler le flux. C'était passionnel, naturel, les mots m'échappaient. Ce regain en confiance, ce défoulement par les mots, c'était si bon. Si bon que ça en libérait ma pauvre cage thoracique. Parce que je ne te mentais pas. Je sais parfaitement que j'ai surement le profil du beau parleur. Mais j'espérais tout autant que toi, tu pouvais faire la part entre profil et réalité. Parce que je ne me serais pas permit de te mentir. Pas maintenant, pas sur ça. Mitigé et doux à la fois. Angoissant, aussi. Ce n'était pas tous les jours que je me permettais des déclarations pareilles. Mais ton emprise sur moi a toujours été telle. Tu méritais cette vérité. Nous avions tournés autour du pot si souvent, pendant si longtemps. Nous nous étions tant cherchés, puis rejetés...

Il me sembla que ta respiration s’allongeait, devenant à la fois plus tranquille et moins spasmodique. Sentais-tu ce regain de place au creux de tes côtes ? Sentais-tu, toi aussi, la morsure de la complaisance et de la fierté ? Ce petit rien mêlé à cette angoisse nouvelle de l'inconnu. Cela faisait un moment que les mots sortaient sans que je ne les encaisses vraiment moi-même. Je me confessais, c'est tout. J'avais la peur de mal faire au fond des tripes, et ton silence m'accablait d'incertitude. Pourtant, tout semblait s'envoler au contact de ta peau contre ma joue, mon cou. Ces gestes doux semblant m'accompagner dans ma longue descente en enfer. J'avais réussis à tenir tant d'années sans avoir à te confesser quoique ce soit. Et me voilà au pied du mur, avec toi, pour toi. Les hommes ont parfois des rôles bien peu aisés.

Je n'en menais pas large.

« Si monsieur était plus motivé en cours et rapportait ainsi plus de points à sa maison, on aurait pu se permettre un écart. Tant pis pour toi. »

Ta voix clairement mesquine m'irritas tout autant qu'elle m'amusa. Voilà que tu jouais avec moi. Un sourire désabusé naquit sur mes lèvres que je sentais s'étirer un peu plus à chaque instants. Ton hochement de tête ne m'avait pas échappé. J'avais cru tenir là mon échappatoire. Plus de questions, plus de confessions. Plus de jeu morbide au bord du vide, de l'inconnu, du néant, du tout, de l'incertain. Et pourtant, ta main retraça mon torse, me tenant sous l'emprise de sa lenteur poussée au paroxysme. Tu jouais clairement. Ou alors était-ce ta façon à toi de me montrer ton désaccord suite à ma proposition ? Aurais-tu voulu que je te saute dessus, ici et maintenant, et que je te prenne contre un mur quelconque ? Cela aurait été si grotesque, nous venions à peine de mettre les points sur les « i ». Avais-tu seulement songé à l'incertitude me taraudant sans cesse ? Et si je t'avais plaquée dans un coin sombre, et si je m'étais éveillé à mes pulsions farouches... Et si tu m'avais rembarrée ? Quel merveilleux bide cela aurait-il fait. Tu ne pouvais pas me reprocher mon inactivité. C'était presque mesquin. Mesquin. Comme tes dents longeant mon épiderme jusqu'à mon lobe. Réveillant ce bouillon indésirable au fin fond de mon âme. Pire des tentatrices.

« Ah ah ! Ne sois pas si dure avec moi; tu sais bien que quoique je fasse, mes notes resteront médiocres. Je ne suis pas fais pour tout ça. Cette mascarade de course contre la montre. Puis, tout ne dépend pas d'un seul homme comme moi. Mais de toute la maison... Je ne me défiles pas, là. Je dis simplement les choses. Je ne suis pas un surhomme, Ely. Mon regard profondément encré au sien semblait lui crier de ne pas oublier toutes mes imperfections. Même malgré mon sourire contrit. »

Je n'aurais pas voulus qu'elle se lance à l'inconnu dans le brouillard, en me pensant plus puissant, plus n'importe quoi, plus, que je ne l'étais vraiment. Ses lèvres contre mon cou m'arrachèrent un gémissement appréciateur. Avions-nous l'air d'un couple parfaitement banal, ainsi prostrés l'un face à l'autre ? Avions-nous seulement l'allure d'un couple ? Le voulais-je ? C'était acquérir tant de responsabilité... Pareil à un étau vous enserrant dans ses liens ferreux. Vous obligeant à plier, à faire attention à tout, tout et n'importe quoi pour l'autre. Vous fatiguant à l'avance. Après tout, c'était ça, ma vision d'un couple.

Mes paupières se fermèrent le temps que je puisse reprendre mes esprits.

Et lorsque mes rétines se réhabituèrent à la lumière éclatante du jour, c'était pour mieux incruster les détails délicats de ton portrait parfait au fin fond de ma boite crânienne. J'étais indéniablement mordu, mordu de toi. Je virais Poufsouffle. Et tu m'aurais sans doute frappée si tu avais su déchiffrer mes pensées. Cela suffit à me voler un sourire amusé. Oui, peu importe la tournure des événements, tu resteras indéniablement fidèle à toi même, n'est-ce-pas ? Comme au premier jour de notre rencontre. Un flot inquiétant de souvenirs afflua. Ceux de notre duel, ceux de nos premiers matchs, ceux que je conservais de toutes ces fois où je t'avais épié à ton insu. J'avais tant donné pour en arriver à là. Je le méritais, non ? Mon regard se tua à faire la navette entre tes deux orbes azures; mais déjà tu changeais de position, prenant tes aises entres mes cuisses. Mon sourire s'étira. J'aimais cette impulsivité et ce manque de gène chez toi. Ton poids s'accoupla à mon torse, réchauffant ce dernier de ta proximité nouvelle. C'était grisant. Tes cheveux vinrent taquiner agréablement mon cou, je le relevais pour te laisser plus d'espace, pour que tu y sois confortable. Moi, j'étais bien. Peut-être même un peu trop pour mon propre bien.

« Soit dit en passant j’ai hâte de t’exploser au Quidditch. Tu te méfieras d’Alix, elle est en forme, elle m’a envoyé cinq cognards à l’entraînement. »

Courbant le dos, je bandais mes muscles dorsaux - tout en remerciant le Quidditch de m'avoir autant arrangé - pour nous supporter tous deux, mes bras allant t'entourer dans l'espoir vain de te protéger. Te protéger du mordant de la brise glacée, des regards trop appuyés, de mes divagations d'homme jaloux, et tout bonnement te garder là, tout contre moi. Tu me semblais si délicate, si petite ainsi installée, ainsi face à moi. Mon rire rauque et amusé résonna.

« Cinq, rien que ça ? C'est qu'elle se donne à font pour vos entraînements, de quoi nous promettre un beau match. Mais, m'exploser, ne comptes pas trop là-dessus. Pas d'quartier. Je ne vais pas faire dans la dentelle. Tu n'aimerais de toute façon pas ça, songeais-je, les yeux relevés vers le ciel. »

Le silence qui reçu mes dernières paroles nous berça doucement. C'étais bon. Bon de pouvoir encore passer du bon temps avec toi. Doucement, une de mes mains remonta, ramenant quelques mèches rousses derrière ton oreille. Je faisais preuve d'une délicatesse telle que j'en avais peur de recevoir des réprimandes. Je voyais déjà tes haussements de sourcils agacés et tes mimiques irrités, ta lèvre du bas tiraillée par tes dents fines et d'une blancheur nacrée. Un vieux dessin animé purement moldu me revint en tête, et je ne pus me retenir de nous mettre en comparaison. Mon sourire s'étira un peu plus encore si cela était possible.

La belle et la bête.
J'aurais espéré avoir plus de classe que le prince.

Mes lèvres purpurines effleurèrent ton oreille. Simple retour à l'envoyeur. J'ai toujours été d'un naturel rancunier, tu aurais dû y être préparée.

« Tu ne peux pas imaginer à quel point je peux être heureux, à l'instant. »

Et c'était vrai, je ne mentais pas.

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MessageSujet: Re: Un ciel qui n'appartient qu'à moi [Lionel].   Lun 24 Mar - 12:44

Ely a écrit:
Et je vole dans ce ciel qui n’appartient qu’à nous.
FEAT.  LIONEL A. LUTHER

C’était fourbe, mesquin, elle en avait parfaitement conscience. Cela ne l’empêcha pas de poursuivre son manège, mordillant la peau de son cou, effleurant son torse par-dessus sa chemise. Elle avait besoin de ce contrôle, besoin de s’assurer de l’effet qu’elle pouvait lui faire, pour compenser la peur de la concurrence, pour compenser ses défauts aussi. Pour le retenir. Et l’effet obtenu fut même meilleur que ce qu’elle avait pu espérer étant donné qu’elle parvint à lui arracher un faible gémissement appréciateur. Expirant doucement, son souffle taquinant son épiderme, la rousse se recula légèrement, suffisamment pour capter son regard, pour boire ses paroles aussi. Amusée. Lui, un surhomme ? Elle ne l’avait jamais vu comme tel, il avait ses qualités, ses défauts. Il avait ses forces et ses limites. Elle n’avait jamais envisagé une seule seconde de lui en réclamer plus, ni même de réclamer différemment. Alors elle s’autorisa un sourire, doux, en réponse à ce regard qui semblait lui hurler de ne pas se méprendre sur lui. Sa main glissa le long de sa joue, de son front, alors qu’elle lâchait dans un souffle.

« Non tu ne l’es pas. Et si tu l’étais ce serait ennuyeux. »

Inintéressant. Au même titre que la perfection. Mais qu’importe, le sujet n’était plus là, plus depuis que la demoiselle s’était redressée, imposant sans gêne une nouvelle position, trouvant un confort nouveau contre le torse du lion. Elle se laissa aller, tout simplement, s’abandonnant dans les bras qu’il referma autour d’elle. Elle ne voyait plus le monde, ne voyait plus que lui, ne sentait plus que sa respiration qui soulevait lentement son torse, la berçant. Quelle image pouvaient-ils renvoyer désormais ? Celui d’un couple banal, heureux, amoureux ? Elle l’ignorait, et au fond s’en moquait pas mal. Seul comptait la manière dont elle le percevait, et celle dont il la percevait, le reste n’était qu’une option, un avis potentiellement bénéfique qu’elle jetterait aux orties aussitôt qu’il serait prononcé. L’espace d’une seconde, la rousse songea à sa plus petite taille et savoura cet espace à hauteur du cou du lion, lui offrant le loisir de relever doucement la tête, le chatouillant à l’aide de sa chevelure, pour parsemer sa peau de baisers, au gré de ses envies. Elle était décidément trop bien installée, ayant l’impression d’un véritable cocon. Rassurant. Et contre toute attente, l’impression d’un territoire connu. Elle, tellement persuadée de s’engager sur un terrain qu’elle ne connaissait pas, fut finalement surprise par le peu de changements qu’elle remarqua à l’instant. Il s’agissait toujours du lion, sauf que désormais il était à elle. Et ce sentiment possessif qui déferlait en elle lui tira un léger sourire, amusé. Elle plaignait d’avance les garces qui oseraient s’approcher de trop près.

Mais si son bien être actuel la garda silencieuse un moment, cela ne dura pas, car elle se mit bien vite à parler du Quidditch, évoquant l’agressivité d’Alix. Elle accueillit le rire de son compagnon avec un sourire amusé, sourire qui s’élargit encore plus, appréciateur, quand il lui annonça qu’il ne lui ferait aucun cadeau. Ni à elle ni à son équipe. Pas de quartier. Et c’était mieux ainsi, car elle n’aurait pas apprécié qu’il agisse autrement, qu’il tente de l’épargner d’une quelconque manière sur le terrain. Elle n’avait jamais voulu de ces traitements de faveurs, elle les désirait encore moins maintenant. Un match restait un match et la rousse avait de toute manière elle-même un trop fort esprit de compétition et d’équipe, envers ses coéquipiers, pour se permettre de faire attention au lion. De toute manière, les deux joueurs étant des poursuiveurs, ils risquaient peu de s’affronter directement. Cependant il n’était pas impossible qu’elle grimace si le lion venait à se prendre un cognard trop violent.  Mais alors qu’elle se perdait dans ses pensées, la main délicate du jeune homme qui ramena quelques mèches derrière son oreille la ramena à la réalité, dans un frisson. Elyrian fronça les sourcils un instant, entamant un mouvement de tête, redressant doucement cette dernière, puis elle attendit l’espace de quelques secondes. Sa respiration s’excita légèrement, au vu de ce qu’elle s’apprêtait à lui dire dans un souffle qui, bien que doux, témoignait de son sérieux. De sa sincérité aussi.

« Ne change pas Lio’. Pas sous prétexte qu’on a sauté le pas. Tiens moi tête, encore, fais-moi assumer mes faux pas, signale mes erreurs. Mais ne tente pas de m’épargner… Après tout, nous sommes encore passés par une dispute pour en arriver là. » Silence, alors qu’elle aurait voulu lui faire tout un discours sur ce point essentiel à ces yeux, elle ne voulait pas qu’il change, pas pour elle, pas pour concorder avec l’image du couple ordinaire. Mais, soudainement gênée par sa soudaine franchise, la rousse rit légèrement, le temps d’une seconde, avant d’ajouter sur un ton plus ironique, comme pour mieux assumer ses paroles. « Et si tu pouvais rester près de moi aussi, ça m’arrangerait. »

Ne pars pas. Jamais. Bon sang d’ordinaire elle aurait trouvé cette situation niaise au possible, comme lui au tout début de l’après-midi qui lui avait assuré qu’il serait toujours là pour elle, avant d’avouer que cela rappelait un peu les films dont raffolait les écolières. Et pourtant cela lui semblait tellement naturel. Naturel de se blottir contre lui, un maximum, de chercher son contact, son souffle, ses bras qui l’enserraient. Naturel d’accepter sa petite vengeance quand il vint effleurer l’oreille délicate de ses lèvres, lui arrachant un nouveau frisson et un énième sourire appréciateur. Et sa respiration, qui s’accentua de nouveau quand elle l’entendit évoquer son bonheur du moment. Un bien être qui faisait écho au sien, et pourtant si elle était plus ou moins capable de faire des demandes, de lui signaler qu’elle l’aimait pour ce qu’il était, elle ne se sentit pas capable d’évoquer aussi naturellement le bonheur qui l’étreignait en cet instant. Mais si elle était incapable de lui dire cela ne l’empêcha pas d’agir tout de même, s’emparant d’une des mains du lion afin de la porter à hauteur de son cœur, qui battait à tout rompt depuis plusieurs minutes déjà. Fermant les yeux, elle souffla alors.

« Je sais. » Elle comprenait, elle partageait. Et elle ajouta également, un sourire amusé aux lèvres. « Mais ce sera de courte durée, si ça se trouve je suis également une fille jalouse, possessive et capricieuse. Je ferais de ta vie un enfer. »

Foutaises. Bien sûre qu’elle était jalouse, comme tout le monde. Mais elle connaissait Lio’, elle savait sa sociabilité, son penchant pour les contacts, aussi se doutait-elle parfaitement qu’il resterait tactile avec ses amies. Cela ne la dérangeait pas. Tant que les filles en question savaient garder les mains dans leurs poches.
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