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 Mais trois nuits pas semaine √ Amaya.

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Niwie en Or et Femme de BATMAN
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MessageSujet: Mais trois nuits pas semaine √ Amaya.   Lun 9 Juin - 0:21

Moe Toya a écrit:
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Mais trois nuits pas semaine.


La journée n'avais pas particulièrement été tendre avec toi. Pas plus que d'habitude. Quelle fut donc ta joie de pouvoir mettre la clef sous la porte dans l'éventualité, enfin, de rentrer au bercail. Cela te travaillait depuis que tu avais mis le pied sur l'accélérateur, ce matin. Cette envie irréversible de faire marche arrière et de retourner sous les draps. Depuis quelques semaines, le rythme ennuyeux de ton quotidien avait redémarré de plus belle. Plus aucune soirée arrosée, ni même aucune partie de jambe en l'air, n'était venue agrémenter ta vie. Et tu te languissais de ces petits plaisirs trop peu dénombrés.

Alors, ce fut tout naturellement que, peu de temps après avoir passé le pas de ton appartement et après avoir jeté négligemment ton sac à main sur le sofa du salon du rez-de-chaussé, tu te dirigeas d'un pas conquérant vers la cuisine ouverte. T'agenouillant devant l'étagère consacrée uniquement à l'alcool, tu jetas ton dévolu sur une bouteille de rouge un peu au hasard. Tout, plutôt que cette solitude maladive. Tout, plutôt que cette vie rébarbative et monotone. Un sourire lasse étira tes fines lèvres. D'une main rendue agile par l'habitude, tu défis les boutons de ta veste dans un ordre finement étudié, l'un après l'autre. Ton œil fixe et lasse allât s'accrocher à la bais vitrée apportant la noirceur de cette soirée déjà bien entamée dans votre vaste salon. Même malgré le fait de partager ton logement avec quelqu'un, l'isolement était pour toi le pire des maux. Et tu savais pertinemment qu'en cette triste soirée, tu devrais te contenter de manger de ta mauvaise cuisine, seule. Enfin, si tu avais le courage de ne pas jeûner, comme à ton habitude...

Esquissant un geste vers la télécommande abandonnée au centre de la table basse, tu n'eus pas le temps d'appuyer sur le bouton d'allumage de l'écran plat fixé au mur - qui t'avait valut un bras mais dont tu ne te séparerais pour rien au monde, que la sonnette de la porte principale résonna. Un sursaut te traversas. Tu détestais définitivement ce son grave et menaçant. Et qui cela pouvait-il donc être ? Les démarcheurs ne bossaient plus à cette heure... Ayame ? Il était certain qu'il n'était pas là, pas même dans son lit. De manière générale, une lumière était allumée et la télévision avec, d'ailleurs. Puis, la porte était verrouillée à ton arrivée. Mais surtout, pourquoi sonner ? Aurait-il pu perdre ses clefs ? Un sourire mutin vint ourler tes lèvres de façon enfantine. Tu imaginais déjà le face à face stérile et ta petite pique acerbe, pour finalement mieux l'inviter à faire la bouffe. Parce que taquiner ton colocataire était un passe temps à plein temps, et profondément divertissant.

Ton verre de vin à la main, tu en bus une gorgée pour reprendre contenance. Ne pas se pointer trop rapidement. Le laisser mijoter, quoi de plus frustrant, n'est-ce-pas ? Pourtant, l'atmosphère te paru étrangement pesante. Tu n'avais même pas pris le temps d'allumer la lumière. Généralement, la télé te suffisait. Peut-être qu'il était temps de revoir certaines de tes habitudes stupides. Mais, pour l'instant, tu te contentas de poser ta paume délicate contre la poignée froide de la porte d'entrée. Inspirant un coup, rehaussant ton sourire avec un peu plus de franchise, tu ouvris la porte tout en débitant ta fameuse réplique inutile :
« Bah alors, on oublis ses cl... »
Ta voix mourut un instant, comme soufflée.
« Amaya ? »
Ainsi plantée sur le pas de l'entré, tu pris le temps suffisant pour dévisager le nouveau venu comme il se devait. Ainsi moulé dans son smoking parfait, tu peinais à le reconnaître. A reconnaître cet homme qui, quelques mois auparavant, t'avais fait tomber sous son charme ravageur. Tu te rappelais encore de la sensation de la fourrure de son manteau contre ta peau. Tes sourcils se froncèrent. Des semaines. Cela faisait des semaines que tu avais arrêtée de compter ses instants passés sans nouvelle, de mesurer son absence. Et le voilà maintenant devant chez toi ? Un sentiment fort refoulât vers ta gorge, la nouant définitivement. L'envie de créer un tapage, de lui faire une crise de jalousie voir pire, de manque, te pris aux tripes. Mais tu te retins. De quel droit ? Puis, ça aussi, ça aurait été stérile.

Emmurée dans ton mutisme, tu attendis toute quelconque mise en forme de sa part, cherchant ses yeux des tiens. Chose qui, étrangement, te paru bien compliquée.

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Niwie en Or et Femme de BATMAN
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MessageSujet: Re: Mais trois nuits pas semaine √ Amaya.   Lun 9 Juin - 0:21

Amaya Ikeda a écrit:

❝ Tonight take me to the other side


(Malgré la date de création du rp, le rp se passe juste après celui avec Masanobu, c'est à dire ici. Voilà.)

Il y avait encore quelques minutes, tu avais éliminé un enfant. Masanobu Ayanami, le fils de Kotaro. Eliminé ? Non, tu l’avais complètement massacré, écrasé, détruit. Et ce sentiment de vide était toujours grandissant en toi. Tu avais l’impression de perdre la tête, petit à petit, de devenir fou. Ce vide que tu n’arrivais pas à combler allait te rendre fou, ce désir de vengeance que tu ne pourras finalement jamais combler, sauf sur un substitut. Et quel meilleur substitut que Masanobu, le fils de l’objet de ta vengeance. Et pourtant, tu n’étais pas rassasié, tu avais l’impression de n’avoir rien accomplit. Rien du tout. Et cette petite voix dans ta tête qui te disait que le meurtre que tu venais de commettre venait de te faire franchir la barrière entre l’Homme et l’animal. Tu avais dévoré ta proie et tu avais toujours faim, même ce sang recouvrant ton costume blanc et ton visage ne t’avais pas suffi. Tu ne ressentais étrangement rien et toute ta frustration se retrouvait en ça.  Tu étais froid, instable, la violence n’avait plus de limite. Comment pouvais-tu simplement revenir en arrière ?

Tu restais dans une ruelle sombre, celle où tu avais établis ton petit business pendant le temps de ton infiltration chez Atlantide. Ces moments étaient faux, tu te réveillais tous les matins avec la peur que peut-être une information eu filtré sur toi et que ton propre gang t’attende avec de quoi t’éliminer. Comme Hirohito pendant son isolement et le début de sa folie, tu tapais ta tête contre un mur. Mais ces voix et ces images n’arrêtaient pas de remonter, les images de ta vie habituelle à Atlantide, quand tu donnais ses médicaments à Satsuki, quand tu avais tes quelques conversations avec Sora, quand tu regardais de loin Sébastien tout en sachant pour sa couverture et l’admirer pendant qu’il remplissait sa tâche. Quand tu avais retrouvé Taiga dans un parc, après la guerre contre Eldorado. Finalement, ces moments étaient sûrement ce qui t’étais arrivé de mieux. Depuis quand ta vie fictive était-elle devenue plus agréable et joyeuse de ta vie réelle ? Ces souvenirs étaient tâché de sang. Du sang que tu avais fait coulé déjà de nombreuses fois en traqueur, en chasseur de mutant. Tu avais jeté ces gens pour devenir une machine, un borgne à l’œil robotique qui n’avait déjà plus rien d’humain, qui ne ressentais ni satisfaction ni peine à tuer un enfant au nom d’une vengeance stupide et enfantine. Même voir la langue arraché du jeune Masanobu ne t’avais pas fait détourner le regard, tu étais simplement vide, à l’image de ta vie.

La pluie tombait sur la ville et te rappelait sûrement un de tes plus beaux souvenirs, celui de ta rencontre avec Moe. Alors que la pluie tombait sur ton visage, décollant doucement le sang séché  sur ta peau, tu songeais à ce que tu avais gardé depuis ton départ d’Atlantide et ton adhésion officielle chez les traqueurs. Tu avais gardé Moe, elle t’avait toujours regardé différemment des autres. Comme si elle voyait quelque chose en toi que même toi, tu étais incapable de voir. Elle ne te demandait jamais le pourquoi du comment de tes longues absences, même si ça l’énervait. Elle ne cherchait pas à savoir la vérité sur toi, tu étais ce qu’elle voyait, à ses yeux. Et ces souvenirs n’étaient pas tâché du sang de quelqu’un. Mais pouvais tu simplement venir chez elle, comme si de rien n’était, alors que ton œil gauche était directement relié à l’ordinateur des traqueurs. Tu avais encore quelque chose à détester, à haïr, à vouloir retirer. Dans un excès de colère, tu portais ta main à cet œil robotique qui t’avais déjà tant enlevé, essayant de l’arracher de toutes tes forces. De la douleur, beaucoup de douleur, à en crever. Mais rien, l’œil n’avait même pas bougé d’un pouce. Tu pestais, tu hurlais et tu ne savais pas si c’était tes larmes ou les goûtes de pluie qui dévalait tes joues.

Finalement, la raison céda à l’envie et tu pris la route pour chez Moe. Tu avais appris où elle habitait, dans ces fiches à No Dawn qui étaient ton unique façon de la voir. Tu avançais dans les rues, haletant, comme si cette personne était capable de te sauver de toi-même, pour ce soir. Pour voir si elle était toujours capable de te regarder comme un humain. Tu avais ce sentiment que ça devait être elle.

Une fois devant chez elle, tu étais hésitant, mouillée, sans ta fière allure. Ton costume tâché de sang n’était plus aussi rougeâtre qu’il y a quelques minutes, à cause de la pluie. Elle ouvrit la porte et prononça ton prénom. En voyant son visage et entendant sa voix, tu te sentais un peu mieux. Bien plus qu’en ayant tué cet enfant, bien plus qu’avec ton histoire de vengeance. Mais, la réalité te rattrapa ainsi que la douleur que te provoquais ton œil gauche que tu avais essayé d’arracher, ainsi que la culpabilité d’être venu ici, à ses risques et périls. Ces sentiments t’ont fait tomber à genoux devant elle, à baisser la tête et simplement demander.


─ Pardon. Pardon. Pardon.


Tu regardais le sol, bien incapable de remonter ton regard vers celui de Moe, incapable d’assumer que ce soir tu l’as peut-être égoïstement condamné par ta simple présence. Simplement parce que ce soir, tu aimerais ne plus être une machine et vivre un peu plus à travers ses yeux.
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MessageSujet: Re: Mais trois nuits pas semaine √ Amaya.   Lun 9 Juin - 0:22

Moe Toya a écrit:
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Mais trois nuits pas semaine.

« Qu... »
Simpliste exclamation de pure surprise, comme il t'en prenait si souvent ces derniers mois. Exclamation d'incrédulité, aussi. L'incrédulité d'apercevoir cet homme singulier sur ton pallier. Cet homme si souvent absent, à qui tu te complaisait à trouver mille et une excuses surfaites. Le voilà maintenant revenu, vêtu d'un costume suant le luxe et pourtant saccagé par de sombres tâches rougeâtres et diluées. Tu ne pu t'empêcher de déglutir avec peine, fronçant tes délicats sourcils face à la vague d'incompréhension qui te sauta à la gorge. Tu n'aimais que moyennement sa façon de s'excuser. De s'excuser de quoi, exactement ? La sauvagerie de tes sentiments tumultueux et incertains emmêla vicieusement tes pensées. Tu réagis au quart de tour.
« Bouge pas d'un iota, je reviens. »
Par de grandes enjambées conquérantes, tu dévoras les nombreuses pièces interminables de cet appartement trop grand. Cela faisait maintenant quelques mois que ton colocataire - mais avant tout ami - avait la fâcheuse tendance de prendre la poudre d'escampette pour une destination qui te restait indéfiniment inconnue et ce pendant des semaines entières. Raisons familiales, que tu soupçonnais, mais beaucoup trop d'inconnus subsistaient pour te complaire pleinement, bien évidemment. Sinon tout cela ne serait pas amusant, pensas-tu avec aigreur. Et cet appartement dans lequel tu te sentais à jamais de trop parmi les ombres, te retombait sur le coin du nez avec toutes les factures à payer et autre joyeusetés desquelles t’acquitter. Finalement, tu étais bien contente d'avoir eut cette promotion il y a de cela quelques semaines à peine. Cela réglait pas mal de tes soucis, mais ça ne viendrait pas au bous de cette solitude tenace et singulière qui te taraudais. Cette impression de ne pas être seule chez soi, ces fantômes qui apparaissent aux yeux des personnes facilement sujettes aux angoisses et surtout, seules. Des peurs d'enfant dont tu n'arrivais pourtant pas à te soustraire et que la présence d'Ayame avait réussi à gommer. Il était vrai qu'une présence masculine laissait un vide énorme. Mais l'heure n'était pas vraiment aux angoisses et ou à la déprime. Plus à celles là, en tout cas - mieux valait ne pas trop remuer le passé. Et, après quelques longues minutes passées à fouiner dans les armoires à linge, s'alignant contre les murs crèmes de ta salle de bain, tu dégotas enfin ce qu'il te fallait.
Furtivement, tes yeux aux aguets s'encrèrent sur tes mains éprises de légers tremblements. Tu préféras te détourner de cette frénésie maladive que tu ne te connaissais qu'en de très rares occasions et qui t'habitait pourtant en cet instant. Tu détestais pourtant ça ; être si facile à comprendre. Il n'y avait pourtant pas de quoi monter au rideau - ce n'était peut-être même pas son sang. Pourtant l'angoisse était bien là, brouillant ta réflexion déjà tant malmenée par cette apparition.
Laissant claquer ta langue contre ton palais avec irritation, tu revins sur tes pas avec plus d'empressement encore qu'à l'aller. « Il est tombé à genoux, devant toi, bordel Moe... » Inspirant profondément au détour du couloir du vestibule, tu t'intima au calme avant d'aller décharger les lourdes serviettes encombrant tes bras endoloris par la mauvaise position, sur les épaules de cet homme à terre. Recouvrant délicatement ce visage cassé qui te semblait appartenir à un parfait inconnu et dont tu n'en discernait que quelques ombres, tu prias pour que ton timbre ne défaille pas.
« Sèches toi, je préférerais que tu n'attrapes pas de rhume sur mon pallier. »
D'un geste appuyé et rapide, mais néanmoins emprunt d'une certaine douceur aérienne, tu lui frictionnas le crâne à travers le linge s'imbibant d'humidité.
« Tu ferais mieux de te relever, que je puisse fermer la porte... Allez, viens. »
Lui prêtant main forte, tu pris le temps de mettre tes dires à exécution avant de le guider vers le sofa du salon. Lovée dans cette chaleur émanant de son corps ainsi accolé au tiens, tu pouvais ressentir cette excitation familière attiser chacun de tes sens les plus primaires les uns après les autres. Comme cet autre fameux jour de pluie... Tu fermas les yeux un instant. C'était mauvais. Voilà à quoi t'avais réduite cette attente interminable. Pourtant la situation s'y prêtait pas. Largement pas, même... Tes yeux l'étudièrent scrupuleusement. Était-ce vraiment du sang qui tâchait ses vêtements ? Était-ce seulement ton Ideka qui, après des mois d'absence et de silence, était enfin à nouveau sous tes yeux inquisiteurs ? Était-ce seulement ton Ideka, celui avec qui tu avais partagé dans de nuits sulfureuses et tant de moments inestimables, qui te revenait d'endroits dont tu ne connaissais pas l'ombre d'un détail ? Triturant l'une de tes mèches souples et dorées avec une pointe d'énervement mal dissimulée, tu fis de ton mieux pour adopter un tons doux et mielleux. Le genre de tons dont seule toi avait le secret et que tu imaginais comme étant le meilleur des calmants dans ce type de circonstance.
« Ca va un peu mieux ? Tu veux quelque chose, un remontant ? Un aspirine ? Du vin ? Du wisky ? Je peux monter le chauffage, aussi, si tu veux... Et je dois bien avoir quelques bonnes bouteilles d'alcool fort en réserve, à l'abris des regards. Quoi de tel lorsque le moral ne suit pas. »
S'il ne parlait pas de lui-même, tu ne comptais pas le pousser à la confidence.
Pas dans un tel état.

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MessageSujet: Re: Mais trois nuits pas semaine √ Amaya.   Lun 9 Juin - 0:22

Amaya Ikeda a écrit:

❝ Tonight take me to the other side


Tu n’avais que vaguement écouté ce qu’elle avait répondu, tu n’avais pas non plus analysé sa réaction. Tu étais toujours lamentablement à genoux devant elle, à t’excuser, un tourbillon d’émotions dans la tête. Tu avais l’impression qu’elle s’en était allé, loin. Comme si après cette longue absence, son envie de te voir et de passer du temps en ta compagnie s’était flétri, comme si tu avais trop tiré sur la corde cette fois. Donc tu fixais le sol, le visage marqué par cette sombre soirée, presque à te parler à toi-même comme un véritable malade. C’était difficile, ce soir. Difficile de rester l’homme que tu étais d’habitude, qui se voulait mystérieux et charmant. Peut-être même charmeur, qui sait. Mais actuellement, tu n’avais pas envie de continuer à jouer ce rôle, à porter ce masque. Ta violence avait pris le dessus sur toi avec Masanobu et tu avais maintenant peur d’être incapable de la faire rentrer à nouveau en toi. Oh oui, tu étais faible. Derrière ton impressionnante force physique, tes compétences au karaté et ton sens des affaires, face à tes propres meurtres, tu restais comme un enfant. Tu étais devenu un traqueur pour ta sauver de la prison et peut-être même de l’exécution, mais visiblement, ce travail n’était pas fait pour toi.

Alors, tu avais besoin de sa chaleur, de cette chaleur envoutante que tu ressentais quand tu plaquais ta peau froide contre la sulfureuse jeune blonde. Tu sentais un poids envahir tes épaules, accompagné d’une certaine chaleur. Des serviettes, sûrement de quoi te sécher. Elle avait donc accepté de t’accorder ce temps que tu lui demandais de manière si égoïste, sans lui laisser poser la moindre question. Tu étais égoïste, ce n’était pas nouveau, mais elle arrivait à passer outre cet aspect de la répugnante personne que tu es. Pendant qu’elle frictionnait ton crâne et tes cheveux humide, tu pensais. Si tu méritais ce traitement, si tu méritais ces attentions.  Finalement, tu décidas de chasser ces pensées, tu t’autoriserais à avoir ce que tu ne méritais décemment pas.

Tu te laissais guider à l’intérieur de cet appartement trop grand, trop luxueux, trop différent. A chacune de vos rencontres, ça se terminait dans ton appartement, dans un lit posé là de manière parfaitement aléatoire, tout était bordélique, à l’image de votre relation, à ton image. Moe par contre faisait honneur à son métier de réceptionniste, de secrétaire, d’organisatrice. Tout était impeccable, sauf peut-être ses chaussures qui avaient probablement été envoyée dans la pièce avec un rapide mouvement du pied. Elle était seule dans un appartement de ce style ? Probablement pas. Tu ne prétendais pas connaitre exactement son salaire, mais il serait étonnant qu’il soit capable de couvrir les dépenses de l’appartement en question. Tu en serais probablement capable, avec tout l’argent que tu avais amassé avec le temps, mais il n’était pas utile de penser à ça. Tu te posais dans le sofa, très peu intéressé par le fait de le salir ou de le mouiller. Tu en paierais un autre, à la rigueur. Tu portais ta main sur ton œil mécanique, vérifiant bien qu’avant de venir tu avais placé cette espèce de bandeau par-dessus. Elle n’était probablement pas encore en état mental pour comprendre cet œil, tu avais laissé encore trop d’éléments inconnus.

Si ça allait mieux ? Sûrement, rien n’avait réellement changé. La seule chose qui t’apaisait, c’était d’être en sa présence, pour le moment. Mais tu venais déjà à anticiper, à être effrayer à l’idée de partir d’ici rapidement ou encore pire, d’y être contraint et forcé par Moe.


─ Je veux bien. Pour le chauffage, je veux dire. Pour l’alcool, tu sais bien que je suis du genre à ne pas le tenir. Alors, prend ce que tu veux. Peu importe. De toute façon, je ne suis pas venu jusqu’ici pour prendre un verre.


Ton visage évitait de se mettre face au sien, tu avais honte de devoir la regarder dans les yeux dans un moment pareil. En tout cas, tu en étais incapable pour le moment. Et pourtant tu aimerais pouvoir comme à ton habitude dessiner les courbes de son corps avec tes yeux, parcourir ses hanches avec la paume de tes mains et te dire à quel point tu la trouvais attirante. Mais, la situation ne s’y prêtait pas. Toujours honteux de t’être retrouvé à genoux, toi l’homme impassible et intouchable, tu t’énervais contre toi-même. Contre cette faiblesse apparente dont tu étais en ce moment même recouvert, cherchant comme un adolescent pré pubère le réconfort contre le corps de cette fille que tu passais ton temps à regarder de loin, sans oser lui avouer.  En comme quand on ne parle pas de ses problèmes, ils n’existent pas, tu ne parlais pas. Tu cherchais scrupuleusement quels mots tu pourrais bien lui accorder, pour avoir un semblant de crédibilité. Machinalement, tu faisais claquer ta langue contre ton palais, comme tu avais pris l’habitude de le faire à cause de Moe. C’était une des habitudes que tu avais piqué à Moe, un moyen de te dire qu’elle était quand même là, mine de rien. Et pour chasser ces pensées de gamin amoureux, tu pris la parole à nouveau.


─ Cet appartement est bien grand pour une fille seule, où est ton colocataire ? Ou alors, peut-être que tu n’es plus avec un colocataire, à présent. En tout cas je suis… Content. De te voir.


Raté. Et de toute façon, s’il y avait un autre homme dans cet appartement, tu serais probablement prêt à le tuer, ici et maintenant, pour garder cette jeune blonde avec toi. Depuis quand tu considérais Moe comme ta propriété ?
« just you »

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MessageSujet: Re: Mais trois nuits pas semaine √ Amaya.   Lun 9 Juin - 0:23

Moe Toya a écrit:
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Mais trois nuits pas semaine.

Inspirant un grand coup, tu te levas du sofa avec lassitude. Il était clair qu'Amaya était tout sauf décidé à te faire part d'un quelconque détail. Rien, nada. Manque de confiance ? Peur futile de t'embêter ? Tu n'aurais su savoir le pourquoi du comment, mais une chose était sûr : ça commençait outrageusement à te taper sur les nerfs. Parler était salvateur, non ? N'était-ce pas ce que les plus grands psychologues de ce bas monde s'évertuaient à répéter ? Ouais, peut-être qu'Ideka aurait mieux fait de t'en parler dès la première minute, à même les genoux contre le revêtement de ton pallier, même. Cela aurait été beaucoup plus simple. Plus simple pour toi, pour appréhender la situation et surtout pour envisager quoi faire. Mais non. Il fallait toujours que le hasard complique les choses lorsqu'il s'agissait de vous deux. De quoi te foutre en l'air, pensas-tu, comme il t'arrivais d'y songer parfois.
Évitant la table en bois gisant à l'exact milieu de la pièce, tu te dirigeas vers l'espace ouvert de la cuisine style américain. Tendant le bras vers un petit espace situé entre les plaques du fourneau et un étui à couteau, tu réglas le thermostat de sorte à ajouter quelques degrés à la température ambiante. Pas grand chose, juste de quoi réchauffer un peu l'iceberg ayant nouvellement élu domicile sur ton sofa. La question fatidique de la colocation tomba lorsque tu t’accroupis derrière le bar, une main tendue vers un pack de bière - puisque Amaya avouait lui-même ne pas être un adepte de l'alcool, autant commencer en douceur. Tu aurais largement le temps de faire chauffer ton propre taux d'alcoolémie plus tard dans la soirée. Prenant appuis sur tes genoux arqués par l'effort, tu te relevas doucement tout en ne laissant aucun quelconque sentiment paraître au travers des trais aquilins de ton visage. Il te semblait que sa question était plus rhétorique qu'autre chose - comme s'il avait voulu la gommer par la suite. Remarque impulsive ? Bah. Qu'est-ce-que ça changeait à l'affaire, finalement.
« Mon colocataire est absent. »
Tu relevas ton regard dans sa direction, tentant de lire n'importe quoi sur ses propres traits, à lui. Mais, rien. Le néant. Comme d'habitude, songeas-tu. Ravalant un soupire tu ouvris doucement l'un des tiroirs du bar pour en tirer un décapsuleur.
« Il se pourrait bien que cette absence soit définitive, en effet. »
D'un geste expert, tu fis sauter chacune des capsules des deux bières, avant de t'approcher de ton interlocuteur pour lui en tendre une.
« Pourquoi cette question ? Simple curiosité de courtoisie ? »
Tu pris le temps de patienter une minute, histoire de voir si tu serais gratifiée d'un regard, en vain. Cette attitude n'était pas propre à cet homme que tu pensais connaître sous tout les angles, à tord. Faisant quelques pas en arrière, tu partis t'adosser avec élégance à la longue table centrale. Mieux valait prendre tes distances, ne serait-ce que pour ton taux de cyprine. Ton sourcil droit s'éleva et tu bus une ou deux gorgée de ta bière ruby tout en le fixant sans ciller. C'était drôle, s'il lui fallait la soirée pour te parler, tu te sentais prête à attendre le temps qu'il fallait. Qu'avait-il bien pu faire de si terrible ? Soudainement, l'idée d'héberger un criminel te fit rire intérieurement, mais tu chassas cette pensée saugrenue. Pourtant, il avait en cet instant même le profil parfait de l'homme hanté par les remords... Tu haussas les épaules. C'que tu peux être idiote, quand tu t'y met, bon Dieu. Ce genre de choses n'arrivaient, fort heureusement et à juste titre, que dans les film. Pas de quoi s'angoisser.
« Et sinon, quoi de nouveau dans ta vie ? Depuis ces quelques... Quoi, mois ? Oui, c'est ça. Après ces quelques mois. »
Le tons que tu venais d'emprunter était clair comme de l'eau de source. Il était lourd. Lourd de reproches que tu ne réussissais plus à contenir, même malgré toute ta bonne volonté. Mais est-ce-que votre relation n'était pas justement basée sur le secret, le mutisme et la liberté ? Est-ce-que cela t'allait-il seulement encore ? Les questions commençaient sérieusement à se multiplier. Il avait fallut une simple apparition pour foutre en l'air tout ce temps précieux que tu avais passé à foutre avec minutie un semblant d'ordre dans tes pensées - tes pensées à propos de vous. Et ça aussi, c'était frustrant. Tes yeux s'encrèrent à la couleur âcre que tu pouvais apercevoir au fond de ta bière. Te calmer, voilà ce qu'il te fallait. Du calme. Mais il était tellement plus simple de le dire plutôt que de l'appliquer.

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MessageSujet: Re: Mais trois nuits pas semaine √ Amaya.   Lun 9 Juin - 0:23

Amaya Ikeda a écrit:

❝ Tonight take me to the other side


Son colocataire était absent, mh ? Tu te demandais comment elle faisait pour payer les traites de l’appartement, dans ce cas. Un appartement de cette taille devait coûter relativement cher, tout de même. Tu avais entendu dire, à ton retour dans la vie moderne et hors de No Dawn, que Motors District avait été gratifié d’un nouveau président directeur général. Rien de bien surprenant, cette entreprise n’avait à terme jamais été stable et avait passé sa vie à alterner entre la dernière et la seconde place. Mais, la conséquence d’une arrivée nouvelle pouvait aussi se résumer à une hypothétique promotion pour Moe. Tu savais qu’elle avait toujours été exemplaire, dans son comportement ou alors dans son travail, une promotion ne serait pas une chose incroyable. Qu’est-ce qu’elle était devenue, réceptionniste en chef ? Elle travaillait dans les étages du haut ? Tu attrapas la bière dans un geste plutôt désintéresser, tu n’étais pas un fan d’alcool, mais la bière c’était comme un soda, rien de bien grave. Tu portais la bouteille à tes lèvres et commençait à boire un peu de ce liquide que tu trouveras toujours aussi amer.

En tout cas, le départ de son colocataire, manifestement définitif, te laissait la voie libre pour rester ici sans anticiper l’arrivée d’une personne étrangère à ta connaissance. Tu en serais presque souriant, de cette intimité qui commençait à se reformer sous tes yeux. Une intimité qui serait manifestement impossible de nier, si Moe ne te répondait pas avec tes phrases aussi ou avec un ton lourd de reproches. Elle avait toutes les raisons de t’en vouloir, c’est un fait. Et bien que tu n’aimes pas quand les gens prenaient ce ton avec toi, tu dois dans le cas présent accepter de t’incliner face à ça. Tu répondais avec un « tch », dans un premier temps. Tu devais encore te mettre d’accord sur le fait de filtrer ou non tes réponses, mais au point où tu en étais, tu n’avais aucune raison de le faire. Tu hausses les épaules, faisant par la même occasion tomber les serviettes sur le canapé humidifiée par tes vêtements.


─ Tu veux vraiment ce que j’ai fait pendant ces derniers mois, hein ? Bien, Moe, je vais répondre à ta question. Et tu vas entendre la stricte vérité.


Tu te levais, laissant complètement tomber les serviettes à tes pieds, avec un haussement de sourcil. Tu en avais assez de devoir te cacher de tout avec tout le monde, tu en avais marre de devoir être quelqu’un d’autre, tu en avais marre de souffrir de crimes que tu aurais de toute façon commis, contraint et forcé. Tu as fait ça pour sauver ta vie, tu n’avais pas de regrets à avoir. Tu portes ta main à ton visage, plus précisément sur le bandeau qui cache ton œil mécanique. Rapidement, tu arrachas ce bandeau de ton visage et le laissa lui aussi tomber à tes pieds, une mèche de cheveux se déplaçant sur l’œil à cause du mouvement brusque. Bien décidé à te montrer comme tu étais, tu portes à nouveau ta main à ton visage, mais cette fois-ci pour attraper cette mèche et la plaquer en arrière, en maintenant bien cette mèche.

Tu aurais aimé l’avoué dans d’autres circonstances et pas avec une chemise mouillée et collante contre ta peau. C’est comme si les rôles s’étaient inversé avec la dernière fois, cette fois c’est toi qui te montrait transparent, mais avec ce même ton que tu avais utilisé la dernière fois, sous la pluie. En un plus froid, peut-être. En tout cas, tu en avais fini de te tourmenter sur un canapé humide, tu étais venu pour faire avancer les choses.


─ Tu veux savoir ce que j’ai fait des derniers mois ? Très bien. Tu as sûrement entendu parler de l’organisation des traqueurs, non ? Tu as devant toi le sous-lieutenant de cette organisation. J’ai échoué à ma mission d’infiltration à Atlantide, mon objectif était de mettre à mort Kotaro s’il venait à en reprendre le contrôle. Suite à cet échec, mon supérieur m’a arraché l’œil à vif et l’a remplacé par cet immonde appareil électronique qui possède tellement de fonctions que j’ai l’impression d’être un Terminator. Depuis, je suis resté de garde dans la prison du gouvernement, où j’ai torturé un homme pendant 4 semaines.


Tu relâchais ta mèche, la laissant tomber à nouveau sur cet œil horrible qu’on t’avait greffé. Elle n’avait pas nécessairement de preuves que tu racontais la vérité et de toute manière, tu n’avais fournis aucunes informations sur l’organisation. Seulement sur toi-même. Et puis, après tout, tu n’avais déjà plus de couverture depuis un moment et ton nom était déjà publiquement connu comme étant un des traqueurs, raison pour laquelle tu avais arrêté ton commerce. Tu t’approchais de Moe, doucement, sans la moindre hostilité, mais avec ce regard mystérieux auquel tu l’avais habitué. Un regard qui n’avait pourtant pas lieux d’être, car tu commençais enfin à lui révéler la vérité.


─ Et ce soir, j’ai tué un homme. Ça te va comme explications, Moe ? C’est ça, ma vie.
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MessageSujet: Re: Mais trois nuits pas semaine √ Amaya.   Lun 9 Juin - 0:24

.

Mais trois nuits pas semaine.

Son attitude singulière et détachée, suite à tes derniers mots, t'arracha un grincement de dent incisif et involontaire. Tu regardas avec irritation la serviette choir contre le dossier du sofa lorsqu'il haussa les épaules avec un désintérêt frôlant l'irrespect à tes yeux. Imperceptiblement, tu papillonnas des des paupières, comme si tes lentilles que tu supportais depuis l’aurore t'incommodaient soudainement. Ton pouls prit la tangente. Tu n'aurais pas eus le cran de l'avouer toi-même mais ce timbre grave et profond, que tu n'avais plus entendue depuis des mois entiers, avait le don de t'émoustiller comme jamais rien n'avait su passer tes barrières sensorielles. Ta main libre, à la manucure impeccable et ne tenant pas ta bière ruby, se crispa contre le rebord lisse de la table en bois massif. Bien que tu l'eus attendus de pied ferme, tu en appréhendais les conséquences. Les conséquences de ses explications. La vérité, rien que la vérité, juste la stricte vérité, hein ? Était-ce seulement dans ses cordes, ça ? Après tous ces mensonges commis par omission et que tu avais appris à reconnaître mais aussi à ignorer et à prendre sur toi avec le temps. Tant bien que mal.
Brusquement tu le vis se relever d'un geste uniforme mais toujours si emprunt d'une once d'indifférence. Le linge mouillé partit choir contre le parquet impeccable de ton appartement. Tout naturellement, tu esquissas un geste de retrait vers l'arrière, bien vite condamné par la surface plane de la table allant épouser la courbure de tes reins. Ce ne fut que lorsque sa main effleura son bandeau que tu pris conscience de ce détail que tu n'avais jusqu'alors même pas entraperçu. Était-ce pour cela que tu avais tant de mal à croiser son regard depuis le départ, ce soir ? Sa chevelure avait dissimulée l’élément à la perfection. Cette chevelure indomptable dont tu en ressentais encore la texture au creux de tes paumes nouvellement blanchies par l'effort de la stupeur. Tu n'appréciais que moyennement la tournure que prenait les choses. Tu n'avais pourtant fais qu'être naturelle avec lui, et ce depuis le départ de cette soirée mal engagée. Au même titre que tu l'étais avec les autres depuis des mois. Avait-ce été de trop avec lui ? Lui qui avait toujours le don de te prendre par surprise avec ses faits et gestes, avec son naturel. Tes sourcils se froncèrent plus encore, comme pour répondre à son propre air contrarié. D'un geste vif, le morceau de tissu fut arraché et tu eus tout le mal du monde à ravaler ton exclamation surprise. Un infime petit cri aiguë perça sur la fin, à peine. Ton regard se détourna, il reprit la parole.

Le terme « traqueur » t'arrachas un tremblement d'appréhension. Bien-sûr que tu en avais eut vent. Qui donc dans ce bas monde pouvait se vanter de ne rien savoir à ce sujet ? D'autant plus en vue des statistiques non officielles dénombrant la population nommée de « mutante ». Celle à laquelle tu appartenais, toi aussi. Les informations fusaient, t'embrouillant que plus l'esprit. Des noms jaillissaient, des noms t'étant pour la plupart parfaitement inconnus. Un groupe cité, cependant, piqua ta curiosité malmenée : Atlantique. Ce groupe dont la réputation n'était plus à faire, de notoriété publique. Tes pensées s'évadèrent un instant vers Taiga. Ami pour lequel tu nourrissais bon nombre de doutes quant à son appartenance à ce dit clan. Et cette bagarre dont t'avait fait part l'intéressé il y a de cela quelques semaines ? Des mots clairs et nets, mordants, te revinrent à l'esprit. Une dispute qui avait mal tournée, et qui s'était mal terminée d'ailleurs. Une altercation qui avait opposée Taiga à Amaya ; deux amis de longue date que tu pensais endurcis par les années. Et Amaya qui te crachait maintenant son rôle d'infiltré au visage. Pareille à une pièce manquant d'un puzzle temporel, l'impression d'y voir plus clair vint soudainement te nouer la gorge.
Ton regard se releva, se vrilla le plus vaillamment que tu le pu à cet œil bionique dont tu ne connaissais rien, alors qu'une mèche se rabattais sur l'innommable. Avec les nouveautés apparues au sein de l'entreprise à laquelle tu appartenais - et notamment avec l'officialisation de la branche artefacts - tu savais pertinemment que ce type de retouche sur l'homme était parfaitement plausible. Plausible et envisageable. Mais mêler savoir et réalité n'était pas une chose si simple. Et le voir là, de tes propres yeux, sur lui, t'était profondément éprouvant. Toucher à des véhicules, à de la matière non vivante ; avait toujours eut le don de te fasciner depuis ta plus tendre enfance. Mais aucunement ce type de déviante sur l'être humain. Non. C'était inhumain. Tout ça pour enrichir une course toujours plus effrénée vers l'évolution. Mais qui avait décidé que l'évolution était la bonne voie à choisir ? Ta langue claqua contre ton palais bruyamment, pour la énième fois et comme l'avait fait Amaya un peu plus tôt, à ton image.
Ton regard fixe, comme perdu dans le lointain de tes souvenirs ravivés,  tu te remémoras nombre de ces indices qui avaient parsemés ces derniers mois d'absence. Tant de rumeurs devant lesquelles tu avais préférée tourner les talons. Tant de messes basses et de noms cités pour lesquels tu avais mis une minutie experte à te rendre parfaitement étanche... Tes iris retournèrent se fixer sur lui lorsqu'il fit mine d'esquisser quelques pas de plus vers toi. Malgré le rythme effréné sur lequel ton petit palpitant tambourinait dans ta cage thoracique, tu mis un point d'honneur à ne rien laisser paraître de ton affolement. S'intimer au calme. Ne pas devenir hystérique.
« Et ce soir, j’ai tué un homme. Ça te va comme explications, Moe ? C’est ça, ma vie.  »
Tes yeux se braquèrent sur les nombreuses planches revêtant le sol. Tout t'apparaissait flou. Une véritable douche froide. Pareille à une vague glacée dévalant ton corps de son sommet à la jointure de tes orteils, saccageant tout sur son passage. Un meurtre ? Un fou rire jaune, mauvais, clairement hystérique viola tes lippes purpurines. Il te parlait de mort, d'une putain de mise à mort, faite de ses propres mains ; et le seul élément qui semblait malmener le peu de conscience qu'il te restait était le terme « traqueur ». Bordel de merde. Comme s'il t'aurait fallut une preuve visuelle tangible pour que tu puisse croire à tout fameux meurtre, ce simple terme sortant de sa propre bouche, lui, arrivait à te persuader de sa complicité avec les dits traqueurs. Alors quoi ? Quel était le détail qui t'avait toujours fait douter ? Qui t'avait mis la puce à l'oreille ? Son appartement singulier ? Son soit disant métier franchement douteux ? Son caractère implacable ? Son physique envoûtant ? Cette part de mystère qui t'avais faite succomber comme la plus puérile des écolières ?

Ton regard éperdu n'eut de cesse de voyager un peu partout aux alentour, détaillant la pièce sans y trouver d'attache. La casserole, encore sur le feu éteint, son costume indéniablement taché d'un rouge carmin, le bar - véritable mine au trésor pour une alcoolique telle que toi, ces mèches folles et ondulées par l'humidité que tu discernais avec des reflets violacés, la planche à découper maladroitement rangée entre deux étuis à couteaux, ces épaules larges et finement dessinées auxquelles tu vouais de nombreuses nuits agitées à présent, l'absence de porte entre le couloir et le séjour mal éclairé, ta poitrine revêtant ce décolleté que tu ne pouvais te retenir de trouver vulgaire sur l'instant, le parquet couleur marrons orangé pour lequel tu avais bataillée bec et ongle pour l'adopter, et cette fameuse manucure impeccable et raffinée - résumant à elle seule tout ce qui constituait ta vie. Tout, sauf lui.
Tu ravalas une larme d'énervement.

Soudainement, un courant électrique vint engourdir la plante de tes pieds sensibles ainsi que tes paumes un peu plus moites qu'à l'ordinaire. Rien de plus flagrant sur ta perte de contrôle. Ça n'était plus arrivé depuis de nombreuses années. Cette impression de lâcher prise, d'abandonner les brides. Cette impression de laisser libre court à ton don. Ta sale mutation.
Avec affolement, tu osas une œillade vers son unique œil valide, avant de t'en détourner presque aussitôt. C'était mauvais. Très mauvais. Tu aurais jurée qu'il était plus près qu'il y a quelques secondes à peine. Arrêtes toi, bordel. Lentement, ta main s'éleva entre vous deux, comme si elle pouvait représenter à elle seule l'ultime barrière à ne pas outrepasser. Puis, brutalement, ton index inquisiteur s'écrasa contre sa poitrine avec toute la violence qu'Amaya venait d'éveiller en toi. Un grincement de gencive s'éleva. Une autre bouffée d'adrénaline te consuma et tu ouvris la bouche sur un long silence lourd en sous entendus, en non dits. Lui jetant un franc regard quelque peu affolé, de par derrière ta franche en bataille, tu ne retins pas plus longtemps les mots qui fusèrent alors avec violence.
« Putain de... Merde, tu le savais! Tu le savais depuis le départ, hein ? Alors pourquoi m'avoir laissée m'enfoncer dans mon petit jeu de séduction ? C'était trop stupide ! »
Ta voix partit dans les aiguës, chevrotante, émoussée par tant d'énervement. Et les brides de ce pouvoir indéterminé que tu lâchais maintenant allègrement. Ressentait-il les méfaits sur son organisme ? L’équilibre qui vous fuit, branlant, le sol qui semble vous aspirer. Les sensations qui se brouillent, les sifflements languissants qui ne cesse en fond sonore, vous rendant dingue. Ces petits délices qui vous taraudent une seconde, pour mieux vous délaisser l'instant d'après tout en vous laissant pantelant et incertain quant à ce que vous venez de subir de plein fouet.
La rage monta d'un cran.
Pourquoi tout ça ? Pour te rappeler à quel point tu pouvais être inhumaine ? A quel point tu avais su être gâtée et remerciée par cette chienne de vie ? A quel point tu étais une dotée. Dotée... Et à quel point tu allais le payer cher.
Le rouge de tes pommettes à peine maquillées s'intensifia.
« Mais merde ! Tu te fous de ma gueule, c'est bien ça ? »
Comme s'il t'eut brûlé, tu retiras vivement ton doigt. Ton regard électrique revint à la charge, se vrillant au sien. Tu reprenais petit à petit un contrôle précaire. Maintenant qu'il t'avait balancé tout ça à la gueule, maintenant que tu l'avais assimilé. Il te fallait des informations. Et tu savais pertinemment qu'hausser le tons avec lui ne te mènerais à rien, tu le savais. Aussi t'intimas tu à nouveau au calme. Ta voix redevint miel.
« J'imagine que tu sais donc... Vous devez être suffisamment bien informés, n'est-ce-pas ? Dis moi, tu sais la vérité, n'est-ce-pas ? Depuis combien de temps ? Depuis notre première coucherie ? »
Doucement ta tête se pencha vers ta droite, tes traits esquissant une mimique narquoise, violente et infiniment mauvaise. Désabusée, voilà ce que tu étais, désabusée. Bientôt la blessure te reviendrait en pleine gueule, tu le savais. Tout comme tu savais que tu t'effondreras à ce moment là. Mais place à la brutalité primaire avant ça. Oui. Tu tenais là une magnifique opportunité de te délester de tes propres démons ; aussi futiles qu'ils puissent paraître à ses yeux.
« J'espère que t'y as pris ton pied, au moins. »
Ta voix se cassa sur la fin, même malgré tout le soin farouche que tu avais mis à paraître fière et forte face à lui.
Les mots dépassaient tes pensées. Mais c'était tellement simple de lui renvoyer la boursouflure faisant enfler douloureusement ton cœur... tellement simple. Et cette envie insatiable de le sentir t'allonger contre cette table, le sentir t’étouffer de tout son poids avec férocité. Mais tu savais que rêver n'amenait jamais le fantasme à la réalité.

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MessageSujet: Re: Mais trois nuits pas semaine √ Amaya.   Mer 11 Juin - 15:06

Amaya Ikeda a écrit:

❝ Tonight take me to the other side


Une main. Une main fébrile se dressait devant toi. Entre vous. Une main si frêle que tu pourrais la briser en plusieurs parties en utilisant un tout petit peu de ta force. Force que tu ne voulais visiblement pas utiliser, main que tu ne voulais visiblement pas briser, barrière insurmontable qui te rappelait encore une fois qu’être traqueur ce n’était pas vivre mais survivre. Survivre, un concept qui semblait échapper à Moe, ou plutôt que ne semblait pas l’intéresser. Mais, elle te repoussait de son index accusateur, ses yeux pleins de questions pour tes réponses. En effet cette révélation était probablement un choc, un choc que tu avais décidé de lui imposer, un choc que tu avais décidé de lui autoriser avant tout. Et tu regardais ce doigt appuyé contre ta poitrine, t’incitant à reculer. Lourdement, tu reculais, tu t’éloignais un peu d’elle. Il valait mieux provoquer la désillusion tout de suite, vivre ton unique relation complète dans un mensonge perpétuelle commençait à devenir bien trop pesant. Si pesant que tu te demandais des fois même comment t’en sortir. Un regard franc, colérique, violent, triste. Et puis des mots.

Depuis quand tu savais ça ? Je le savais, c’est tout. Tu savais pour son pouvoir, bien entendu. Tu savais qu’elle faisait partie de la caste des mutants, de cette race que tu avais juré devant le gouvernement et ce que tu pensais avoir de plus cher, que tu la combattrais. Cette race effrayante par ses capacités physiques, ses pouvoirs. Tu connaissais le pouvoir de Moe, elle ne faisait pas partie de ces mutants que l’on pouvait considérer comme potentiellement dangereux, elle aurait été en sécurité sans avoir fait ta connaissance. C’était toi qui avais décidé de lui imposer cette épée de damoclès, qui avait décidé de lui imposer un danger qu’elle aurait pu éviter si jamais ton chemin n’avait pas croisé le sien. Tu es égoïste, ce fait n’était plus à prouver et n’avait de toute manière plus lieu de l’être. Tu regardais tristement cette jeune fille bien trop fragile qui cherchait à te cacher ses faiblesses, ton œil mécanique qui t’imposait de suivre son rythme cardiaque, de voir sa peur. Voir ce sentiment de peur alors que plus tôt tu ne ressentais que l’intimité était une véritable torture. C’était peut-être ça, la pire chose avec cet œil. Etre capable de voir ce que tu ne voulais pas voir, être obliger de voir ce que d’autres ne pouvaient pas comprendre. Alors tu la laissais criser, hausser le ton, faire des gestes, tu ne parlais tout simplement pas. « Trop stupide », c’est comme ça qu’elle avait maintenant qualifié votre relation. Une relation qui pour toi était pourtant ce qui te permettait de garder de l’espoir en ce côté humain que tu pensais pourtant disparu.

Bien sûr, tu étais un humain comme les autres, tu pouvais ressentir la douleur et les mots de Moe te faisaient mal. Et le plus drôle dans tout ça, c’est qu’elle était dans son bon droit. Si tout ceci était un film, c’est toi qui aurais le rôle du méchant. C’est toi qui serais hué par la foule, détester, c’est ta mort qui serait une chose agréable. Manque de chance pour toi, tu n’avais même pas en bonus le fait d’être une personne attachante. Tu étais détaché et froid, mystérieux et menteur. La dernière phrase de ta crise te percutait en pleine tête. Si tu y avais pris ton pied ? C’est bien ça le problème. Continuant à reculer pour lui laisser un espace plus large, tu répondais à ses questions comme une sorte de machine, bien conscient qu’il était inutile de chercher à te délester de tes fautes ou encore à te justifier.


─ Si j’y ai pris mon pied ? Je n’y ai tout simplement rien pris. Je n’ai pas ressentis quoi que ce soit. J’ai tué une personne qui de toute manière était incapable de se défendre contre moi, j’ai écrasé son crâne jusqu’à en faire de la bouillie et laissé son corps mutilé sur le toit de son propre immeuble. Et malgré tout ça, toujours rien. Depuis combien de temps je sais pour quoi ? Ta mutation ou le fait qu’à chacune de nos retrouvailles, je mettais ta vie en danger ? Je sais pour ta mutation depuis notre premier soir, depuis que je me suis renseigné à ton sujet.


Tu poussais un long soupire, tu restais calme. Tu te voyais mal incendier Moe, mais tu ne pouvais pas non plus lui permettre de te traiter comme le monstre que tu cherches à éviter. Si tu es venu ici, c’était pour justement redevenir un humain. Alors, la laisser te traiter de monstre sans broncher ? Certainement pas.


─ Si j’avais voulu te tuer Moe, tu ne serais pas dans ce grand appartement luxueux à boire divers alcool devant une série romantique. Et si tuer des mutants m’avait un jour apporté le moindre plaisir, tu serais peut-être déjà morte. En tout cas, je ne te laisserais pas continuer à me traiter de monstre ou de manipulateur sans rien savoir. Je ne tue pas par plaisir, mais tout simplement parce que si je ne le fait pas, c’est moi qui me retrouverait dans un cercueil. Alors Moe, trois choix s’offrent à toi. Le premier, tu peux continuer à criser, à tout me reprocher et ensuite me faire sortir de ton appartement et de ta vie. Le deuxième, tu peux prendre un couteau dans la cuisine et m’ouvrir la gorge pour ensuite le regarder me vider de mon sang sur ton petit plancher en buvant un verre de vin. Le troisième, c’est que tu m’écoutes simplement et que tu essayes enfin de comprendre.


Tu mettais tes mains dans ton dos, signe que tu ne protesterais pas contre ces choix. Elle pouvait aussi décider de partir d’elle-même d’ici, si elle ne voulait pas t’affronter. Mais quelque chose te disait que si elle voulait te fuir, elle l’aurait déjà fait depuis plus longtemps. Alors, tu détournais les yeux, tu regardais un mur.


─ En tout cas, si tu décides de prendre le deuxième choix, j’espère qu’il y aura ensuite quelqu’un pour te demander si tu as pris ton pied, toi aussi.
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MessageSujet: Re: Mais trois nuits pas semaine √ Amaya.   Mer 11 Juin - 15:06

Moe Toya a écrit:
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Mais trois nuits pas semaine.

Le souffle te manquait terriblement. Tu n'en pouvais plus d'hurler comme la pire des teignes, comme une veuve éplorée, comme une fiancée trompée. Et pourtant tu te sentais ainsi, parjurée jusqu'au plus intime de tes souvenirs de vous deux.
Baissant la tête, ta main libre allant se pauser sur ta poitrine haletante, tu écoutas ces mots dévalés les uns après les autres la commissure de ses lèvres tentatrices. Il te fallait te calmer. Et ses dires avaient le don de te refroidir allègrement. Ton regard eut vite fait de s'écarquiller face à la méprise stupide qui venait visiblement d'avoir eut lieu. Tu écartas même les lippes pour rectifier la faute, mais tu n'eus pas le courage de l'interrompre dans sa tirade. Tes yeux se fermèrent brusquement face à la dureté de ses mots. Il avait beau ne pas t'épargner les détails les plus horripilants, cela ne t'émus pas outre mesure. Et c'était peut-être bien ça le plus abjecte. Comme quoi, il n'était peut-être pas le plus inhumain de vous deux, à terme. Où est le mal à ne pas assimiler travail et vie sentimentale ? Pourtant, il ne te fallut que deux tout petits mots à propos de vous pour te rendre toute chose. Alors c'était comme ça, hein, Moe ? Tu n'avais donc rien à cirer de tous ces autres ? Tu serais prête à les envoyer au Diable, pourvu que ta petite histoire frivole, que tu avais tant idéalisée depuis des mois, ne volait pas en éclat ? Tes orbes faussement émeraudes qui avaient suivis les quelques pas esquissés par Amaya vers l'arrière, allèrent scruter ses longues jambes que tu savais robustes.
Depuis le début. Il savait tout depuis le début, pour toi. Et pire que tout, il avait ressentit le besoin de s'informer à ton propos avant même l'ombre de votre première fois. Mais comment lui en vouloir de s'être montré prévoyant ? Stupide Moe, simpliste Moe. Tant d'omissions depuis les premiers instants à peine. Pouvait-on parler de mensonge ? Doucement, ses mains quittèrent ton champ de vision. Tu tressaillis un instant, retenant ton souffle avec appréhension, mais rien ne vint. Peut-être aurais-tu préférée ça. Ça plutôt qu'être acculée à devoir faire un choix. Plutôt qu'il ne reste ainsi face à toi, pareil à un roc, imperturbable. C'est tellement simple pour lui. Ton choix était écrit depuis longtemps tant il te semblait limpide comme l'eau. Était-ce une énième manipulation de sa part ? Imaginait-il déjà ta décision ? Tu ne savais plus, tu ne voulais plus savoir - trop éperdue comme tu l'étais à tenter d'assimiler un maximum d'information. Et ces mots qui s'échappaient de ses lèvres. Comme tu aurais aimée le faire taire d'une quelconque manière. Tout plutôt qu'avoir à supporter ça. Mais tu ne t'en sentais plus véritablement la force. Quel tableau stérile et puérile tu pouvais bien peindre à ses yeux... ?

Tu relevas finalement la tête. Ses yeux rivés vers ta gauche remua les braises de ta colère étouffée. A peine épurée. Ne valais-tu plus l'ombre d'un regard ? L'avais-tu seulement valu un jour à ses yeux ? Ton pouls s'excita, ta main enserrant toujours ta bière se crispa un peu plus contre les parois de verre, atteignant son paroxysme. Un sourire ironique vint étirer tes lèvres avec lenteur. Tu te serais bien passée de sa dernière réplique. Acide. Pure retour du fouet. Mais soit.

Te penchant en avant avec douceur, ton front parti épouser son torse. Tu sentais sa chaleur, son odeur, électriser tes sens même malgré sa chemise imbibée d'humidité. Ramenant ton regard vers le sol, tu soupiras avant d'inspirer une longue goulée d'air. Il te fallait à tout prix stabiliser cette voix chevrotante. Mais cela ne vint pas à bous de tes bégaiements gênés.
« T... Tu, hm...
Tu sais, par prendre son pied, je parlais surtout de notre relation... »
Avec maladresse, tu déposas ta bière sur le plan de la table dans un équilibre plus que précaire, avant d'aller remettre une mèche dorée, un peu plus longue que les autres, derrière ton oreille échauffée.
« Je ne me serais pas permise de te juger sur... Sur cette affaire. Je ne suis pas suffisamment bien placée pour le faire. »
Tu soupiras bruyamment.
« Je... J'ai peur, Amaya. En toute franchise, je crois que ce qui nous arrive est en train de me dépasser complètement. Je... »
Une courte pause s’imposa, ta voix déraillant déjà.
« Alors,... Alors expliques moi pourquoi je ne suis pas fichue de te foutre à la porte. Expliques-moi pourquoi je ne peux plus me passer de toi, près de moi, de te sentir contre moi. Expliques moi pourquoi... »
 Tu juras tout bas.
« Je ne tiens pas à m'emballer toute seule, tu comprends ? Et voilà maintenant que tu débarques dans mon appartement, que tu me jettes tout ça sur les bras, pour finalement me demander de faire un choix... A quoi ça rime, bon sang ? »
L'une de tes mains passa sur le tissu spongieux de sa chemise, étudiant la texture qui te semblait coûteuse.
« Tu pensais que je me défilerais, c'est ça ? Tu l'espérais, même, peut-être... »
Sous-lieutenant, citas-tu muettement. Qu'est-ce-qu'un tel grade pouvait bien représenter ? Légèrement, ta main dévia vers les pans de sa chemise malmenée, pour les relever. Oh, rien de bien obscène, à peine de quoi y passer une main ; et ce fut exactement ce que tu fis. Tes doigts courant contre l'épiderme tendre de son dos musclé, tu l'attira à toi, frottant légèrement ton visage contre sa poitrine comme pour mieux te dissimuler. Comme pour t'imprégner de son odeur quelque peu musquée.
Seigneur, ce que ça avait pu te manqué.

Pourtant, ne risquait-il pas de te rejeter ne serait-ce pour ton manque d'émotion face à toutes ces vérités avouées ? Tous le monde meurt, à un moment donné... Il n'est qu'une faucheuse de plus, voilà tout. Au, bien sur, la gravité des événements te rattrapera surement d'ici quelques heures, mais pas maintenant. Comment imaginer qu'un homme tel que lui puisse baigner dans ce type d'acte immoral ? Tu le savais, pourtant, que ce monde n'était pas tout rose. Alors à quoi bon te battre contre la fatalité. Je ne suis pas réputée pour être courageuse, ni même persévérante, tu sais... Et c'était bien vrai.

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MessageSujet: Re: Mais trois nuits pas semaine √ Amaya.   Mer 11 Juin - 15:07

Amaya Ikeda a écrit:

❝ Tonight take me to the other side


Tu pouvais sentir sa main se crisper sur la bière, ou plutôt entendre sa peau se coller un peu plus contre le verre froid. Tu t’attendais à te prendre une gifle, une réplique cinglante, peut-être même l’entendre pleurer. Tu étais prêt à tout ça à partir du moment où tu lui avais exposé les choix, imposé les choix plutôt. Mais comme à son habitude, elle avait décidé de sortir de la ligne directrice que tu avais imposé, elle avait décidé de te surprendre comme toujours. Et elle collait son front contre ton torse, elle s’était approchée de toi et avait épousé ton torse avec son front. Tu voyais en ça un geste d’abandon, peut-être de manque, ou d’acceptation. Elle ne voulait sûrement pas en apprendre plus. De toute façon, tu lui avais déjà révélé tout ce que tu pouvais te permettre de lui dire, tu lui avais déjà révélé des choses que tu n’avais révélées à personne d’autre. Tu tournes la tête, tu regardes le haut de son crâne coiffé de ses cheveux blond. Ironiquement, tu comprenais un peu mieux la bataille d’Atlantide et d’Eldorado, ou plutôt l’élément déclencheur. A cette époque, tu n’avais affronté Eldorado que pour sauver ton supérieur et l’empêcher d’être tué, mais tu n’avais jamais pourquoi lui, continuais à se battre.

L’ironie, c’est qu’il t’avait fallu perdre un œil et des mois entier pour comprendre pourquoi il s’était relevé et qu’il avait repris le combat, malgré l’humiliation et les moqueries. C’était ça d’avoir des relations profondes, de véritables relations. Toi tu ne pouvais pas prétendre en avoir beaucoup, des relations. Ton statut de traqueur avait balayé tes possibilités de parler de nouveau à Sora Kitsue ou à Taiga, Sébastien passait son temps à disparaitre et était de toute manière complètement contrôler par les traqueurs. Toi tout ce que tu avais vraiment, c’était ce petit brin de femme devant toi, que tu faisais souffrir par ta simple présence et tes mots.

Tu l’écoutais parler, elle te posait encore des questions. Pas des questions sur toi, pas des questions sur elle, des questions sur vous. Et finalement faire partie d’un vous, c’était ce que tu voulais. C’était ce que tu étais venu chercher ici, c’était ce que vous étiez. Pourquoi était-elle incapable de te foutre à la porte, de s’éloigner du prédateur numéro un des mutants, pourquoi était-elle incapable de te détester de se passer de toi. Des questions que tu t’étais posé plus tôt, des questions que tu t’étais posé avant même d’arriver chez elle, mais sous une autre forme.


─ Et moi Moe, pourquoi je me suis senti obligé de venir te voir après  tout ça ? Pourquoi j’avais besoin de répondre à tes questions, ce soir ? Pourquoi j’avais l’impression que de toute manière je ne quitterais pas cet appartement ? Je ne peux pas répondre à tes questions, c’est évident. Comme tu ne peux pas répondre à mes questions.


Et pour lui prouver que tu étais bien là, avec elle, ta main se posa sur le haut de son crâne pour ensuite glisser à l’arrière de ses cheveux. Tu étais là, pour l’écouter. Ce soir tu ne partirais pas comme à ton habitude, comme un voleur. Ce soir vous aviez dit trop de chose pour simplement repartir sans rien dire. Alors qu’elle passait sa main douce contre ton dos, tu te souvenais de sa douceur. De la douceur de cette femme qui t’avait toujours accepté dans sa vie malgré tes absences, tes mensonges et tes secrets. Et même maintenant qu’elle connaissait la vérité, elle te gardait quand même avec elle, contre elle. Et ça te faisait du bien, ça te faisait plaisir. Depuis combien de temps tu n’avais pas eu de contact physique avec une femme, hein ? Et surtout avec cette femme. Il y avait encore deux mois, tu regardais un homme que tu torturais derrière un écran de télévision, avec un masque lugubre sur le visage et des idées sombres dans la tête. Et aujourd’hui tu avais enfin ton répit, ton moment de repos, ta douceur. Alors tu profitais de la sentir contre toi, bien sûr que tu n’espérais pas qu’elle se défile. Tu avais même besoin qu’elle reste, si tu ne voulais pas perdre toute ta tête. Et tu posais le bout de tes doigts sous son menton pour relever sa tête, pour qu’elle te regarde. C’était une mutante, mais tu ne lui ferais pas de mal. Tu en subiras les conséquences, c’est évident. Mais aucun œil ne valait d’être préserver si c’était pour continuer à vivre avec une laisse autour du cou, loin des autres, à avaler des morceaux de charogne comme un chien fou. Et si jamais quelqu’un devait tenir cette laisse, tu préférais encore que ce soit Moe.

Tu n’allais pas te lancer dans les niaiseries, tu n’allais pas te lancer dans des discours sur l’amour. Tu n’étais pas une personne sentimentale et tu restais avant toute chose une personne horrible qui même maintenant serait capable de tuer n’importe qui sans bouger un sourcil, si ça pouvait t’apporter d’avantage d’argent et de sécurité. En tout cas, tu ne ferais pas ça pour la satisfaction personnelle. Mais, Moe était différente et tu n’avais pas de mots à lui dire à ce sujet, elle le savait, elle s’en doutait. Comme toi tu le savais.


─ Je ne peux pas non plus lire l’avenir et dire ce qu’il te réserve ou ce qu’il me réserve, c’est sûr. Mais cette fois-ci, ne pourrions-nous pas sortir des méandres du temps et faire quelque chose sans se soucier des conséquences ?


Lentement, comme à votre première rencontre, vos lèvres entraient en contact. Mais pas ce baiser volé sur une table de café miteux. Cette fois-ci, c’était toi qui avais décidé de lui offrir ce baiser. C’était sûrement la dernière nuit d’un condamné à mort.
« just you »

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MessageSujet: Re: Mais trois nuits pas semaine √ Amaya.   Mer 11 Juin - 15:08

Moe Toya a écrit:
PUISQUE MONSIEUR SE MOQUE. PFFFFF. LAISSES MES PAPILLONS TRANQUILLES;

.

Mais trois nuits pas semaine.

Les syllabes s'écoulaient encore et toujours, te gonflant le cœur d'un tumultueux mélange d'assurance mêlée à une once de fierté. La fierté d'avoir réussi à ne pas tout foutre en l'air. La fierté d'avoir un homme un minimum compréhensif. Un homme qui réussissait l'exploit de te faire passer des larmes aux rires les plus francs. Au bien être, aussi. Tes lèvres esquissèrent l'ombre d'un sourire alors que sa main, que tu avais sentis naviguer au creux de ta chevelure dorée, vint redessiner les traits anguleux de ton visage avant d'atteindre ton menton fin. Une crispation, pareille à une envolée de petits papillons minuscules, te retourna l'estomac. Tu laissas sont odeur t’enivrer. Depuis combien de temps rêvais-tu seulement de ce simple échange ? Ton regard, dans un premier temps fuyant et malhabile, allât finalement se perdre dans l'étincelle envoûtante de son iris si particulier. Ses lèvres vinrent épouser tes propres lippes avec perfection. Tu refoulas alors un petit gémissement appréciatif, tant le manque semblait te tarauder. Tu t'en voulais presque d'être à ce point si manipulable. D'être si facile à cerner, d'être si simple à combler. Et pourtant, tu n'aurais échangé cette soirée haute en couleur - mais surtout cet instant si salvateur - pour rien d'autre au monde. L'échange te parus durer une éternité. Une éternité diablement lente mais aussi magnifiquement douce.
Laissant échapper un rire cristallin, comme indéniablement joyeuse de ce revirement de situation, tu pris le temps de lui planter un rapide baiser sur la commissure de ses lèvres, avant de reprendre la parole d'un tons plus léger.
« Ça risque de te paraître stupide, mais... Suis-moi. »
Avec une délicatesse savamment étudiée, ta paume allât trouver la sienne, infiniment plus chaude. Si chaude. L'attirant doucement à toi, tu l'intimais silencieusement à te suivre sans t'opposer de contestation. D'un geste rendu spontané par la force de l'habitude, tu attrapas à la volée la bouteille solitaire trônant sur le buffet du couloir. Rien de tel qu'un bon vin. Seuls quelques pas infimes vous séparaient encore de ta chambre. Ton excitation s'éleva d'un cran, comme à chaque fois que tu te retrouvais dans une pièce close en sa compagnie. Mais tu pris sur toi pour ne pas succomber à l'appel si tentateur, suant de luxure, qu'il pouvait bien représenter. Tu t'obstinais à ne rien prévoir, ce soir. A ne rien envisager à l'avance, comme à l'accoutumée. Plus rien ne comptait plus que la présence de cet homme à tes côtés. Cette présence qui t'avait tant manquée. Tu aurais payée très cher pour être affublée d'un don temporel et pour ainsi pouvoir suspendre le temps sur l'instant présent. Tu ne désirais rien de plus que quelques mots échangés - dans l'espoir, peut-être, de combler ces deux derniers mois d'absence. Ça et le fait de le sentir si près de toi. Là et pourtant inaccessible. Sentir cette tension palpable entre vous...
En moins de temps qu'il ne t'en avais fallut pour l'imaginer, vous vous retrouvèrent à passer l'encadrement de ta chambre. Creusant les reins, tu te cambras vers la moquette couleur crème revêtant le sol, déposant doucement la bouteille de rouge contre le pied du lit. Effectuant un gracieux demi-tour sur toi même, tu lanças un regard amusé en direction d'Amaya. Le scrutant d'une œillade perfectionniste, ses doigts toujours enlacés aux tiens, tu haussas théâtralement un sourcil, comme dans l'espoir de paraître un poil irritée. Ton timbre, redevenu franc et mielleux, résonna.
« Tu m'excuseras, mais tu viens de foutre en l'air un canapé d'une valeur inestimable... »
Le plus chastement du monde, tes doigts remontèrent déboutonner un à un chacun des boutons de sa chemise encore lourde d'humidité. Un large sourire taquin fleurit sur tes tendres lèvres.
« Tu peux comprendre que je veuille préserver mon lit. »
Tu venais de lui lancer ça avec un air de défis, tout en relevant vers lui ton regard faussement émeraude et néanmoins pétillant d'amusement. D'un geste vif, tu débarrassas ses larges épaules du tissu encombrant, avant de l'attirer une nouvelle fois à toi. Te laissant sombre vers le sommier, tu l'amena contre la tête du lit. Tu pouvais sentir son souffle appuyé et chaud venir effleurer tes cheveux avec délice. Cheveux que tu décoiffa d'un geste naturel. Ton corps allât alors se lover contre lui, tu reprenais petit à petit tes marques qui avaient creuser une si profonde absence ces derniers mois. Laissant tes yeux s'attarder sur les nervures de ses mains, tu pris le temps d'inspirer profondément avant d'ouvrir à nouveau la bouche.
« Alors, racontes moi donc les bons moments que j'ai ratés, depuis tout ce temps... »
Pareille à tes bonnes vieilles habitudes, ton index droit partit dessiner des arabesques imaginaires sur son ventre exposé. Sans que tu ne le veuille vraiment, tu ne pu te retenir d'ajouter quelques mots emprunts d'une pointe de maladresse.
« Promets-moi que le travail ne pendra jamais le dessus sur notre relation. »
Ton timbre était celui propre aux confidences. Celui que tu utilisais le plus couramment lorsque tu ressentais le besoin d'être rassurée. Pourtant, ce dernier fait ne t'empêchas pas de trouver ton attitude profondément gamine et stupide après coup. Comme à chaque fois que tu ouvrais la bouche sans prendre le temps de peser tes mots.

.

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Mais trois nuits pas semaine √ Amaya.

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