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 L'entraide ne coûte pas cher, abusons-en ₰ TWELVE

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Niwie en Or et Femme de BATMAN
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MessageSujet: L'entraide ne coûte pas cher, abusons-en ₰ TWELVE   Mer 8 Aoû - 2:35

LIO(nel) a écrit:
Le contexte du RP

Mise en situation


Who dat who dat who dat boy
Mais qui est, qui est, qui est ce garçon..
Sumanheun saram sok nune ttuin
Attirant mon attention parmi la foule ?
Musimhan geu pyojeong I like that
J'aime cet air quasi inaccessible
Nae hogisimeul jageukhaji
Cela attise ma curiosité
AN 30XX –  PLANETE TERRE :
au cœur d’une époque guère tant éloignée de la nôtre…

Il subsiste dans ces villes cyberpunk devenues la pointe en matière d’évolution, où la technologie règne en maître et où humanoïdes et autres espèces (artificielles ou non) se disputent chaque monceau exploitable.. une certaine beauté inhospitalière et nauséeuse. Pareille à la beauté que l’on pourrait croire déceler à la vue d’une carcasse échouée au bord d’un somptueux paysage, ce sentiment poignant d’admiration que vous vous empresserez pourtant de rejeter dès que l’information aura atteint le cortex de votre pensée. Tout ça est malplaisant. Ici-bas, échoué sous des dizaines de mètres bétonnés filtrant les rayons U.V. depuis lors devenus mortels à l’homme, d’innombrables ombres grouillent à quelques mètres du bitume. Au point même qu’il soit franchement impossible de relier chaque visage encapuchonné avec le bon bras, la bonne cuisse ou la bonne excroissance que laissent apparaître par intermittence certaines capes suintantes de graisses et de saleté.
Malgré ce décor fort peu reluisant certains semblent décidés à gagner leur croûte et à demeurer, quitte à essuyer quelques rencontres inopportunes et prématurées…
Contexte s’inspirant d’œuvres telles que : Gost In the Shell, Blade Runner, Le Cinquième Element…
Mais remanié à notre sauce @Twelve

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Niwie en Or et Femme de BATMAN
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MessageSujet: Re: L'entraide ne coûte pas cher, abusons-en ₰ TWELVE   Mer 8 Aoû - 2:36


Nam Min-ho

J'ai la vingtaine et je vis au 36ème district, de ce que vous appeliez New-York. Dans la vie, je suis droguiste et je m'en sors hasardeusement, par mes propres moyens. Sinon, grâce à ma chance, je suis célibataire et je le vis plutôt sans encombre.



Kim Jong In ©️ SOLSKEN



« Je t'en prie... ne me lâche pas. »
Somptueuse entrée en matière, vous ne trouvez pas ? Une main comprimée contre mon flan, je sens un liquide chaud et visqueux imbiber mes doigts crispés et ma chemise avec eux pendant que le peu de vitalité qu'il me reste encore se fait la malle. Devant mes yeux de petites lucioles viennent jouer entre elles virevoltant en tout sens sans but précis. La lumière des néons et des spots encore allumés à cette heure avancée de la nuit m'agresse la vue et je plisse les yeux malgré moi. Un murmure douloureux accompagné d'une grimace m'échappent. Mais je doute que mon nouvel interlocuteur puisse distinguer quoique ce soit tant mes lèvres sont pressées contre la courbure nacrée de son cou. J'inspire à fond, tremblant, les effluves d'une eau de toilette qui m'est inconnue et pourtant guère désagréable, sucré.

Quelques heures plus tôt...
Comme à mon habitude lorsque sonnent les sirènes indiquant la fin du jour, je m'étais résolue à fermer boutique (où je vend des denrées périssables pour la plupart, des herbes médicinales, des remèdes, et d'autres produits plus licencieux que je réussis à dégoter sur les marchés illégaux et que je refourgue toujours contre de belles sommes aux âmes les plus désespérées du quartier) lorsqu'une bande de délinquants juvéniles armés jusqu'aux dents et visiblement désireux de finir la journée sur une bonne note, avait débarquée. Ce n'était pas un fait rare dans le coin, mais mon ancienneté par-ici avait jusqu'ici réussi à m'éviter ces tracas. Tout du moins jusqu'à il y a quelques semaines, lorsqu'il m'avait fallut emprunter de l'argent au gang régissant les lois dans cette zone du district 30. Ce prêt, je l'avais remboursé dès le lendemain, mais j'avais été assez dupe pour croire que je pourrais m'en sortir sans avoir à payer des intérêts. Ces petits cons de casseurs constituaient la première étape dans la courte échelle des mises en garde avant que leurs mandataires ne se décident à vous faire définitivement la peau. Pour l'instant je n'y avais laissé que quelques vitrines renversées et une ou deux vitres cassées. N'ayant pas réalisé tout de suite de quoi il en retournait et croyant à une simple tentative de vol, j'avais eu la bonne idée de me retrousser les manches et de montrer les dents en sautant tête la première dans le tas. Ce qui me valu d'être roué de coup...
Mais à un contre cinq, qu'espérais-je au juste ?

Après avoir réussi à envoyer deux de mes adversaires au tapis, je finis par m'extraire de la rixe tout en comprenant que ce qui se jouait ce soir était plus sérieux que ce que j'avais bien voulu croire au départ. Bazardant une bibliothèque en direction des derniers de mes assaillants encore debout, je filais droit vers la sortie. Suite à quoi je pris littéralement mes jambes à mon cou, dévalant les sombres ruelles aussi rapidement qu'il m'était possible de le faire. Chaque parcelle de mon corps me vrillait de la même façon que l'auraient fait des milliers d'échardes qui se seraient enfoncées dans ma chaire. C'était une douleur intermittente et chaotique, qui use sur le long terme. Le vacarme de pas précipités à ma suite me fis comprendre que malgré ma rapidité légendaire au sprint, certains de mes opposants avaient réussi à me rattraper. Esquinté comme je l'étais je me dis qu'il valait mieux pour moi feindre de disparaître dans la foule plutôt que de continuer à courir sans destination précise. Retourner à la droguerie signerai mon arrêt de mort tout comme me rendre directement dans le taudis qui me servait d'appartement ne servirait qu'à les y conduire avec moi et ainsi retarder l'échéance... Non, il me fallait une doublure et vite.

Ce qui suivit se déroula en l'espace de quelques secondes à peine.

Après avoir décrit un virage serré à l'angle d'une ruelle isolée vers une rue plus passante, je jetais une œillade rapide par dessus mon épaule pour m'assurer de ne plus être à portée de vue de mes poursuivants que je distançais malgré tout d'une avance respectable. Ensuite, j'attrapais la première épaule frôlant la mienne pour aller m'y reposer de tout mon poids. Ma main alla chercher le coude de mon nouveau vis-à-vis pour l'inviter à passer son bras autour de ma taille. A défaut d'avoir l'option capuche sur mon blouson en cuir, j'entrepris de nicher mon visage au creux du cou de mon nouvel ange gardien -malgré lui-, histoire de cacher un peu mes traits aux regards des curieux. La suite, vous la connaissez.
« Je t'en prie... ne me lâche pas. »
Une supplique chuchotée, un gémissement, puis une délicate odeur sucrée...

« Encore quelques minutes, s'il te plais... »
Murmurais-je, relevant les yeux vers les deux orbes noisettes de mon interlocuteur. Au même moment, le capharnaüm des pas frénétiques émergèrent de la même ruelle que celle que je venais d'emprunter à l'instant. Un frisson d’appréhension me remonta le long de l'échine à l'idée que cet homme dont je ne savais rien puisse brusquement me repousser et me livrer aux bras de mes poursuivants. C'est sans doute cette dernière pensée, peu réjouissante, qui me poussa à déposer presque bestialement mes lèvres contre les siennes, les happant entre les miennes dans l'espoir d'offrir un tableau plus véridique que la réalité. Au même moment, les pas précipités nous dépassèrent. Un second électro-choque me traversa de toute part et eut raison de mes jambes flageolantes. Mes lèvres boursouflées par endroits glissèrent le long de son menton tandis que mon buste alla chercher le sien pour s'y lover, obligeant mon archange à me supporter tel un poids mort. Le contact de mes côtes abîmées contre les siennes m'arracha un énième gémissement de douleur. Je n'aurais su expliquer quand est-ce que cela était arrivé pendant la baston à la boutique, mais cela ne faisait aucun doute, ce coup de couteau allait mériter quelques points de suture à n'en pas douter.

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Niwie en Or et Femme de BATMAN
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MessageSujet: Re: L'entraide ne coûte pas cher, abusons-en ₰ TWELVE   Jeu 9 Aoû - 2:45

twelve a écrit:

Seo Levi

J'ai 23 ans et je vis au 36ème district, de ce que vous appeliez New-York. Dans la vie, je suis assistant et je m'en sors moyen. Sinon, grâce à ma chance, je suis célibataire et je le vis plutôt pas trop mal.



Kim Taehyung ©️ SKATE VIBE
Juste un gars qui ne sait rien faire de ses mains. Je n’ai même pas été capable de finir mes études d’infirmier, mais j’avais une bonne raison pour ça. Au déclenchement de mon pouvoir, j’ai vraiment cru pouvoir parvenir à extraire toutes ces voix plus différentes les unes que les autres qui se faisaient entendre tour à tour dans ma tête, m’apparaissant comme une cacophonie insupportable. Je pensais sincèrement en faire abstraction. Mais ça me prenait aux tripes. Tous ces gens pensaient sans cesse la même chose. Des plaintes, des plaintes, et encore des plaintes. Je ne pouvais pas le supporter. C’était bien trop pour un seul homme. Il arrivait parfois qu’on me regarde d’un air bizarre après avoir pensé entendre ma voix dans leur tête. Parfois, trop souvent, je répondais à ce que j’entendais par la pensée. Je n’arrivais pas à le contrôler. C’était bien trop puissant pour que je puisse l’arrêter.

Il m’a fallu changer de métier. Au détour d’une ruelle, je me rangeais sur la rue principale, toujours bondée. Je rentrais du bureau. J’avais trouvé un travail qui me permettait d’être seul, constamment, histoire d’éviter une souffrance inutile et les regards étrangement froids de mes collègues. Je passais mon temps enfermé dans un bureau à tamponner des documents que je ne lisais même pas. Des plaintes… Cela me suivait, je ne pouvais pas le nier. J’étais fait pour ça. Mais ça m’ennuyait tellement que parfois, je me retardais en rêvassant, le regard perdu par la fenêtre qui donnait sur le parking généralement vide. C’était un endroit si calme comparé au lieu dans lequel je vivais. Un tout petit appartement deux pièces, juste une chambre et une salle d’eau. Trente mètres carrés. C’était ni plus ni moins tout ce que je pouvais m’offrir avec mon salaire misérable.

Ce jour-là, je traînais des pieds pour rentrer chez moi. Je rêvais encore d’aventure. De m’éloigner de cette vie toxique qui m’ennuyait presque mortellement. Un peu d’action pour m’éclairer ne serait-ce qu’un moment. Mais jamais rien ne venait. Il y avait des jours où j’espérais secrètement d’avoir été cambriolé pour ainsi sortir de ma routine le temps d’un instant. Mais rien ne venait. Et il fallait avouer que c’était une grosse idée de merde. Cela m’apporterait beaucoup plus d’ennuis qu’autre chose. Non, c’était ce sentiment de liberté dont je rêvais. L’impression de voler, d’avoir le corps si léger qu’on ne ressent même plus l’apesanteur, ce poids qu’on a tous sur nos épaules comme un boulet à nos pieds qu’on devrait traîner.

Alors que j’allais accélérer le pas, la fatigue menaçant de me faire tomber au sol de maladresse, je fus saisi par une main qui avait attrapé mon épaule. Surpris par la situation dans lequel le protagoniste me mettait, je levais les sourcils en cherchant son regard. Son visage était bouffi, ses lèvres gonflées et ses joues rouges. Son bras visqueux invita le mien à passer autour de sa taille et j’obéis pour le retenir d’une probable chute. J’avais senti un souffle dans mon cou, mais j’avais clairement entendu ses mots suppliants. Comme s’il les avait prononcés à mon oreille. Je rabaissais mon regard sur son visage lorsqu’il remontait le sien. « Qu’est-ce qu’il se passe ? » pensais-je assez fort pour qu’il l’entende dans sa tête. Mais il ne me répondit pas, à la place, j’entendais un groupe courir, des bruits effrayants, saisissant la foule. C’est là qu’il plaqua ses lèvres contre les miennes et sans réfléchir, je me tournais pour le maintenir contre le mur le plus proche et le plus éloigné de la source de bruit. Mon bras enroulé autour de sa taille, le tenant fermement contre moi, je réalisais que le liquide visqueux s’étendait à travers mes propres vêtements. Il saignait, et c’était inquiétant.

Le bruit diminua lentement, il s’effondra dans mes bras sans que je ne puisse faire quoi que ce soit. Je lançais un regard autour de moi, m’assurant du calme revenu dans la rue. Le danger était parti. Mes yeux se posaient à nouveau sur l’homme que je tenais encore contre moi. Je l’analysais, lui, son visage boursoufflé, son corps lacéré. Je passais mon autre bras autour de lui dans le seul but de presser la plaie de la paume de ma main. Premier réflexe qui pourrait lui sauver la vie sur le trajet du retour. Non, je n’allais pas le laisser là. Cette scène ressemblait à un règlement de compte et pourtant, mon jugement de comptait absolument pas. Je n’avais pas le droit de le juger, je devais seulement lui porter secours. Alors qu’il s’appuyait sur mon corps, je l’emmenais chez moi, un grand immeuble d’une dizaine d’étages aux allures délabrées.

J’habitais au sixième étage. Cela pouvait être pire, mais cela pouvait aussi être mieux. Je ne pouvais décemment pas prendre le risque d’emprunter les escaliers, non. Il m’a fallu attendre quelques longues secondes que l’ascenseur arrive. « Tiens bon. » dis-je à l’homme que j’entendais gémir sous la douleur de ses coups. Bon sang, j’espérais seulement avoir de quoi le soigner chez moi. Nous ne tardions pas à entrer dans mon appartement et lui, je l’installais sur la table à manger, question de pratique. Puis, je partais dans la salle de bains chercher la trousse de soin bien garnie et je revenais vers lui, relevant son T-shirt pour examiner sa blessure. Une chance qu’il m’ait attrapé moi et pas quelqu’un d’autre… Une chance qu’il ne soit pas tombé sur quelqu’un qui n’aurait rien compris ou s’en foutrait juste, signant au passage l’arrêt de mort de ce type. Sa blessure était critique. Il allait avoir besoin de points de suture. Je grimaçais et fouillais dans la trousse pour en sortir le matériel nécessaire au soin de sa blessure. « Comment tu t’appelles ? » Je commençais à le désinfecter, essayant d’attirer son attention sur autre chose afin qu’il ne ressente pas trop la douleur mais il fallait le prévenir : ça n’allait pas être une partie de plaisir. « Tu devrais serrer les dents… Ca risque de piquer un peu. »

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MessageSujet: Re: L'entraide ne coûte pas cher, abusons-en ₰ TWELVE   Jeu 9 Aoû - 2:47



Abrutis par la douleur et la fatigue mêlées, j’aurais bien été dans l'incapacité d’expliquer lucidement ce qu’il venait de se passer. Tout ce que je pouvais assurer était que le bras que j’avais forcé à m’enlacer était toujours à la même place contre mes reins. Et c’était déjà une petite victoire pour moi. Mieux que ça, loin de me rejeter mon interlocuteur avait dû vouloir m’éviter les ennuis pour que je me retrouve ainsi coincé entre le mur suintant l’humidité et son corps pressé contre le mien. Pas trop fort pour ne pas aggraver ma situation, juste assez pour me maintenir en place sans que je m’écroule au sol. Je voulu le remercier dans un élan de gratitude, mais je ne trouvais plus les mots. Tout s’embrumait autour de nous. La masse de passants ne se résumaient alors plus qu’à ça : un aplat grouillant et informe qui semblait se mouvoir comme si il était doté d’une conscience globale… Au moins, il ne subsistait plus aucun écho de ces petits cons lancés à ma poursuite.
J’en étais rendu là dans mon analyse de la situation lorsqu’un deuxième bras s’insinua entre ma chemise trempée et ma veste. La surprise réveilla un frisson de satisfaction au creux de mon estomac bien vite balayé par une douleur aiguë quand les doigts de l'inconnu vinrent prendre le relais des miens. Il est vrai que je n’avais plus la force nécessaire pour comprimer ma blessure tout seul. Je devais avoir perdu plus d’un litre de sang depuis le début des rebondissements de ce soir. Pas sûr que je tiendrais encore très longtemps debout sur mes jambes.

De nouveaux points aveuglants remplirent mon champs de vision lorsque nous firent mine de nous mettre en route. Il me semblait que je perdais conscience par intermittence si bien que j’aurais été incapable de dire combien de temps dura le trajet, néanmoins je visualisais très bien cette cage d’ascenseur que nous empruntâmes toujours serrés l’un contre l’autre. « Tiens bon. » Je vais essayer, songeais-je mais lorsque je voulu lui répondre les mots ne réussirent pas à me venir et seul un gémissement plaintif passa la barrière de mes lèvres mutilées.

Lorsque les portes de l’ascenseur se refermèrent une nouvelle vague de douleur me fit tourner de l’œil et pour éviter de perdre connaissance pour de bon j’intimais à ma conscience de se concentrer sur le petit bouton lumineux qui indiquait le sixième l’étage. Sur le moment mon cerveau ne sût pas comment traiter l’information, je n’étais même pas certain d’être toujours dans le 36ème district.
Puis lorsque nous eûmes passé la porte de ce qui semblait être un appartement, le garçon faisait littéralement les ¾ du boulot tout seul. Plus aucun de mes membres n’était résolu à donner signe de vie et j’étais trop absorbé à écouter ma respiration lente et difficile qui soulevait ma cage thoracique à intervalles régulières pour l'aider. Il me traîna sur les derniers mètres, puis me hissa tant bien que mal sur la table. L’instant d’après il avait disparu derrière une porte d’où une vive lumière filtrait brusquement. Il venait sans doute de l’allumer. Je plissais les yeux face à l’agression et préféras me détourner pour contempler mon environnement.
J’y décelais quelques détails, un placard dans un coin, un verre échoué dans un autre, mais la douleur me tenaillait trop pour que mon esprit s’y arrête vraiment. « Comment tu t’appelles ? » Sa voix douce et rassurante ramena mon attention vers lui. Je n’avais même pas remarqué qu’il était revenu et qu'il avait relevé ma chemise sur mes côtes pour mieux ausculter ma blessure. Ses doigts fourrageaient avec frénésie dans une trousse que je jugeais être de couleur blanc cassé.
Il en sortit des ustensiles peu réjouissants lorsque je me décidais enfin à ouvrir la bouche. Ma langue, jusqu’alors collée à mon palais, me parut aussi lourde que du plomb. Je ne réussis pas à trouver la force de lui répondre, seul mon regard plongé dans le sien lui indiquait que j’étais conscient de ce qui se passait. Il avait posé cette question sur un ton détaché comme si la réponse n’avait pas tellement d'importance, comme s’il voulait m’occuper l’esprit. A cette idée ma conscience dériva et mes yeux partirent scruter la soyeuse chevelure blonde de l’inconnu. Même dans la pénombre de la pièce j’aurais pu parier sur la douceur de ses mèches couleur blé. Une coloration sans doute, à en juger à ses orbes en forme d’amandes similaires aux miennes. Min-ho. A peine cette autre pensée me traversa que justement ses yeux vinrent chercher les miens ce qui me fit froncer les sourcils. Quelque chose me disait que ce mec était plus rusé que ce que j’imaginais, ou bien il avait un instinct à toute épreuve. Je refis une tentative pour lui répondre, mais à nouveau les mots me manquèrent. « Tu devrais serrer les dents… Ça risque de piquer un peu. » Sa main s’empara d’un flacon remplit d’un liquide transparent et par réflexe mes doigts poisseux partirent enserrer brusquement son bras pour éviter qu’il ne se rapproche de ma blessure, bien qu'il ai déjà commencé à la désinfecter.

« Tu.. Tu es sur de savoir ce que tu fais avec ça? »
Ce furent les seuls mots que je réussis à aligner. Ma voix était si rauque que je ne la reconnu pas moi-même. Une grimace désolée étira mes traits. Je ne pouvais pas vraiment faire le difficile compte tenu de la situation néanmoins je ressentais l’envie d’être sûr qu'il n’allais pas m'utiliser comme cobaye pour que je-ne-sais-foutrement-quoi. Alcool, j’ai besoin d’alcool, l’envie terrible de boire un coup pour oublier me vint. Et sans même que je le veuille vraiment - ma main toujours serrée sur son bras - cette idée s’achemina jusqu’à sa conscience à lui. Je revisualisais nettement la bouteille de vieux whisky que j’avais déjà entamé et qui depuis reposait au pied de mon lit dans mon appartement. Je savais reconnaître mon pouvoir quand il s’enclenchait et à n’en pas douter ce souvenir venait de lui être transmis. Je n’avais même pas besoin de relever les yeux vers les siens pour le savoir, j'avais l’intime pressentiment qu'il venait de le voir aussi. Un deuxième souvenir fugace me revint alors : celui d’une voix douce et mesurée m’ayant questionnée sur ce qu’il se passait dans la ruelle il y a de cela quelques minutes déjà. Nul doute qu’il s’était agi de mon interlocuteur pourtant je ne me souvenais pas avoir vu ses lèvres bouger sur l’instant. Qu’est-ce-que cela signifiait-il au juste ? Je relevais vers lui un regard interloqué.

« Je ne dirais pas non à un verre, tu as de l’alcool ? Fis-je tout en faisant mine de me relever en position assise sur la table mais déjà ma vision se voilait à nouveau de blanc. Fort, de préférence, gémies-je tout en fermant les yeux de peur de voir les placards valser. »

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MessageSujet: Re: L'entraide ne coûte pas cher, abusons-en ₰ TWELVE   Jeu 9 Aoû - 2:47

Min-ho. Il s’appelait Min-ho. J’aurais voulu lui répondre que j’étais heureux de le savoir et ravi de le rencontrer, seulement, le temps pressait un peu. Sa blessure saignait toujours, et je ne savais pas combien de temps il me restait avant qu’il ne tourne de l’œil. Il devait bien avoir perdu un litre depuis… sans compter le trajet de l’endroit où il s’était glissé contre moi jusqu’ici. Alors, à la place de lui répondre, j’enfilais des gants. C’est vrai, de toute façon, il l’avait pensé. Il n’avait rien dit. Il avait juste pensé son prénom, comme s’il souhaitait m’y répondre. Comme s’il savait pour mon secret. Je me souvenais l’avoir clairement entendu me répondre devant l’ascenseur, par la pensée toujours. Car seul un gémissement plaintif fut sorti de sa bouche à ce moment-là. Peut-être qu’il le savait, mais cela m’étonnerait. J’évite d’en parler, en général. Les gens me regarderaient trop bizarrement. Et puis, s’il ne le savait pas, je ne pouvais pas prendre le risque de le lui révéler.

Enfin, j’attrapais le flacon d’alcool pour en imbiber une autre compresse lorsqu’il m’arrêta, me demandant si je savais ce que je faisais. Sa voix me parvint forcément, cette fois. La même que celle qui me suppliait quelques minutes plus tôt, si ce n’était qu’elle fut un peu plus rauque. « Ne t’inquiète pas. J’ai fait ça beaucoup de fois. Je devais être infirmier mais pour une certaine raison, j’ai dû arrêter mes études à la quatrième année. Par contre… Je n’ai rien pour anesthésier. » Je grimaçais en lui annonçant cela. Il allait avoir mal, mais cela n’allait pas durer. Après ça, je soignerais ses autres blessures et il sera bien vite remis sur pieds avec un peu de repos dans les pattes. Sa main serrait toujours mon bras et alors que j’allais m’en dégager, une image me vint à l’esprit. Celle d’une bouteille de whisky posée négligemment à côté d’un lit. Une bouteille déjà ouverte, dont le liquide faisait refléter la lumière artificielle de la pièce. Il avait envie de boire. De l’alcool. Peut-être se saouler pour oublier la douleur qui l’accablait. Et puis, autre chose. De son point de vue à lui, je vis le moment où je lui avais demandé ce qu’il se passait, sans utiliser la parole. Bon sang, il avait bien remarqué que mes lèvres ne bougeaient pas. Il avait remarqué ça. Je n’étais définitivement pas discret.

Je me remettais à peine d’avoir vu ses images, ses souvenirs, quand il tenta de se redresser. Ma main partait sur son torse pour le pousser et faire en sorte qu’il se rallonge. « Min-ho, si tu ne me laisses pas te soigner, tu mourras. » dis-je alors d’un ton assez ferme, d’un regard menaçant. C’était la vérité. S’il continuait à se vider de son sang de cette manière, il y passerait très probablement. Et c’était la seule menace que j’avais trouvé pour qu’il m’écoute. « Je sais que je t’ai ramené chez moi et que je devrais t’offrir un verre en premier lieu mais là, c’est critique. On pourra discuter après, et boire un verre aussi. Mais d’abord, il faut te remettre sur pieds. Alors… Serre juste les dents, ferme les yeux et fais de ton mieux pour éviter de bouger, ok ? Je ne veux pas te faire plus mal que je le dois. » Je m’assurais qu’il m’écoute bien. Il avait l’air encore en état de choc et ça pouvait parfaitement se comprendre. Mais je ne tenais pas à ce qu’il décède. Je ne tenais pas à avoir fait tout ça pour rien.

Alors, je faisais de mon mieux. Je m’appliquais pour désinfecter sa peau, pour le recoudre avec précision comme je le faisais dans le temps. C’était il n’y a pas si longtemps que ça, alors les gestes revenaient très vite, ils ne m’avaient jamais vraiment quitté, d’ailleurs. Je faisais au mieux pour qu’il évite de sentir une trop grande douleur, avec délicatesse, je recousais sa peau du plus rapidement que je puisse faire. Et une fois fait, je lui appliquais un pansement fait d’une compresse et d’adhésif médical. Je soupirais une fois mon travail terminé, l’admirant avec un léger sourire. J’étais assez fier de moi, finalement. J’avais sauvé cet homme d’une mort certaine en le cachant des vandales, et maintenant en le soignant efficacement. Mais tout n’était pas terminé. Je me rapprochais de lui, posant enfin mon regard sur son visage, pour le détailler plus longuement. « Min-ho ? Tout va bien ? J’ai terminé. Tu es tiré d’affaire mais j’aimerais bien soigner le reste. Et… Aussi, il faudrait que tu changes de chemise. Tu baignes dans ton sang, là. » J’espérais qu’il ne se rebelle pas trop, parce qu’il allait falloir nettoyer le reste du sang sur sa peau. Et tout à l’heure, il avait vraiment l’air de vouloir son verre d’alcool. Mais ça ne l’arrangerait pas, la seule chose que ça ferait, c’était empirer son état. Il ne devait déjà pas y voir très clair alors si en plus il buvait…

Je l’aidais à s’asseoir sur la table avant d’aller chercher quelques glaçons que j’enroulais dans une serviette. Seule poche de glace disponible ici. Je retournais ensuite vers lui pour la lui donner, lui sommant de l’appliquer sur sa joue gonflée pour que je m’occupe du reste. En même temps, je ne pouvais pas m’empêcher de lui poser certaines questions. Cela me brûlait les lèvres depuis tout à l’heure, depuis qu’il m’a montré ses souvenirs. Et si j’avais trouvé quelqu’un comme moi ? Qui souffrait d’un pouvoir, ou qui n’en souffrait pas d’ailleurs, mais qui en possédait un ? « Alors, mh… Est-ce que c’est toi qui m’as montré… Le whisky ? » Je marchais un peu sur des œufs. Mais je ne pouvais pas me tromper, ces visions n’ont pas pu m’apparaître comme par magie, ainsi, alors que je n’avais jamais rien vu de tel.

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MessageSujet: Re: L'entraide ne coûte pas cher, abusons-en ₰ TWELVE   Jeu 9 Aoû - 2:49



« Je ne veux pas te faire plus mal que je le dois. » Il vient de prononcer mon prénom là, non ? Sa longue tirade me laissa pantois un instant, juste le temps pour moi d’assimiler tous les ordres qu’il venait de me donner en même pas deux minutes. Puis, je compris après mûre réflexion qu’il détenait la vérité et qu’il valait mieux l’écouter. Selon ses dires, je ne risquais pas grand-chose entre ses mains, j’avais même eu plutôt de la chance de tomber sur lui. Docilement, mon dos se rallongea contre la surface froide de la table sur laquelle j’étais allongé de tout mon long. Cet homme, malgré son jeune âge certain, avec le don de me mettre en confiance. Ou alors étais-ce seulement moi qui, trop déboussolé, plaçait en lui les espérances que j’étais résolu à voir ? Je sentais mon esprit prêt à repartir loin, très loin. Et mes divagations étaient toujours le signe avant-coureur que je me déconcentrais.

« Putain, fait chier merde. »
Fulminais-je plus pour moi-même qu’à son égard, ravalant un sanglot désespéré et fatigué. Je fermais les yeux très forts comme si cela aurait pu me transporter à mille lieux de là et vint cacher le haut de mon visage derrière mon avant-bras. L’opération me sembla durer de longues minutes. La douleur vive de l’antiseptique ne fut rien comparée à celle de l’aiguille perforant la chaire pour la suturer. Parfois une légère pression se faisait ici ou là, aux endroits où le blond posait ses doigts. Cet infime contact, peau contre latex, était sans doute ce qui me permettait de ne pas me laisser submerger par l’angoisse. Et je lui étais reconnaissant de tout le soin et la délicatesse qu’il mettait dans ses gestes envers moi. Qu’est-ce qu’un infirmier comme lui, ayant été aussi loin dans ses études, pouvait bien voir en moi à cet instant ? Est-ce que je me résumais plus qu’à une blessure qui nécessitait des soins ? A un bout de viande qu’il fallait recoudre ? Ou est-ce que le patient gardait malgré tout toujours une identité même une fois allongé sur la table d’opération ? Ces questions un peu fugaces me tirèrent un léger sourire. C’était au moins le signe que j’allais mieux et en effet la douleur me tiraillait moins depuis quelques secondes. Lorsque ses doigts méticuleux entreprirent de déposer un adhésif ce contact me fis rallonger mon bras contre mon flan et relever les yeux vers lui. Il laissa échapper un soupire visiblement satisfait tandis qu’un sourire vint dévorer ses traits délicats. J’interprétais sa bonne humeur comme un signe positif et me laissais moi-même aller à un sourire plus franc cette fois. Je venais de reposer ma tête contre la table lorsqu’il fit mine de se rapprocher de cette dernière, ses iris noisettes venant étudier les miennes. « Min-ho ? Tout va bien ? J’ai terminé. Tu es tiré d’affaire mais j’aimerais bien soigner le reste. Et… Aussi, il faudrait que tu changes de chemise. Tu baignes dans ton sang, là. »

« Je ne dirais pas non à une douche ahahmf... »
Mon rire se transforma en toussotement provoqué par un énième élancement douloureux de mes côtes. Cela m’apprendra à faire le con, songeais-je intérieurement. Une fois la toux dissipée je levais une paume vers lui et lui décochait un sourire désolé pour lui signifier que tout allait bien et que je ne m’étouffais pas. Néanmoins l’idée qu’un organe ai pu être touché et perforé m’amena un nouveau tressaillement d’angoisse et je ne pu m’empêcher d’enfoncer deux doigts dans ma bouche pour être certain de ne pas avoir recraché de sang. Je n’étais même pas certain que cela serve vraiment à quelque chose aussi, un peu frustré par mes propres lacunes et mon idiotie déposais-je ma main derrière ma jambe, tel un enfant prit en faute.
Mon regard évita soigneusement le sien lorsqu’il m’aida à me remettre en position assise. Le temps que j’essuie mes doigts recouverts de bave contre mon jean mon hébergeur était déjà de retour à côté de moi, un linge remplis de glaçons dans la main. Il me le tendit en me désignant sur son propre visage les zones qui en avaient le plus besoin. Oui papa, pensais-je avec ironie face à son autorité tandis que je ravalais une grimace quand le linge entra en contact avec ma joue boursouflée.
Relevant les yeux vers les siens je constatais que quelque chose avait changé depuis tout à l’heure. Une lueur nouvelle, curieuse, brillait dans son regard. Je levais un sourcil intrigué. « Alors, mh… Est-ce que c’est toi qui m’as montré… Le whisky ? » Je restais un instant interdit à le regarder droit dans les yeux, mon visage ne trahissant rien d’autre que l’engourdissement provoqué par la glace.

« Où est-ce que tu as eu mon prénom ? »
Une question pour une question. Pas que j’étais désireux de garder le mystère autour de mon don, je tenais simplement à faire moi aussi la lumière sur certains détails de cette soirée et quelque chose me disais qu’il allait être difficile à faire parler. Autant jouer au jeu du « une réponse pour une autre ». Malgré mon affaire dans le quartier je ne jouissais pas d’une quelconque réputation dans le coin. Peut-être qu’un de mes habitués lui avait mentionné mon identité mais je ne me souvenais pas l’avoir déjà vu et auquel cas je ne vois pas comment il aurait pu être certain qu’il s’agisse bien de moi et pas de quelqu’un d’autre… Etait-il lié à mon autre clientèle ? Celle qui venait pour les substances litigieuses que je détenais dans l’arrière-boutique… Toutes ces nouvelles interrogations et le nombre innombrable d’autres questions qu’elles soulevaient me firent revoir des étoiles un instant. Moins fortes celles-là heureusement. Mais la fatigue pesa soudainement sur mes épaules comme un poids mort.

« Merci de m’avoir autant aidé ce soir. Sans toi il est certain que j’y serais resté. Tu as eu le choix de me laisser et tu ne l’a pas fait, je t’en serais toujours reconnaissant. M’exclamais-je puis marquant une courte pause je repris : Est-ce que je peux pousser le vice à te demander un t-shirt propre ? J’ai peur qu’en gardant cette chemise elle ne finisse par me rester collée à vie. »
Je me rendais moi-même compte que j’alignais plus de mots : signe que le pire avait été évité. Maintenant que mon esprit était un peu plus calme la vue de mes fringues dégueulassées me dégouta au plus haut point. Il fallait que je m’en débarrasse. Par automatisme je fis rouler mes épaules pour me débarrasser de mon blouson en cuir, mais je ne réussis qu’à raviver le brasier niché aux creux de mes côtes.

« Putain de merde, laissais-je échapper et mes yeux allèrent chercher les siens avec un air compatissant, aides moi. »
Déjà ma tête recommençait à me tourner. Ce fut pourtant plus violent que toutes les fois précédentes, assez pour me prendre totalement au dépourvu. Apeuré à l'idée de définitivement faire une syncope je fis mine de passer mes jambes par dessus le bord de la table pour me relever et bien sur tout ce que je réussi à faire fut de m'écrouler au sol face contre terre. Les bras encore à moitié défaits de l'emprise du blouson dans mon dos la courbe que décrivait mes épaules réveillèrent des douleurs que je ne soupçonnais pas. Un long râle m'échappa, à 90% dû à la douleur plus que par frustration. Tout ce que je réussis à faire par moi-même fut de relever la zone où le couteau avait pénétré ma chaire, juste au dessus de l'aine, pour éviter de la comprimer contre le sol. Cet effort et la vue de la traînée toute fraîche et rougeâtre en dessous du pansement neuf eu raison du peu de conscience qu'il me restait et un drap noir vint recouvrir mes yeux. Au loin, j'entendis un glaçon glisser sur la table et venir s'écraser au sol avec un tintement léger et aiguë.

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MessageSujet: Re: L'entraide ne coûte pas cher, abusons-en ₰ TWELVE   Jeu 9 Aoû - 22:17

J'étais plutôt fier de moi. Je venais tout juste de terminer mon travail et il fallait dire que j'avais bien assuré. J'étais certain qu'il guérirait vite. En tout cas, il guérirait vite s'il ne s'amusait pas à jouer les rebelles. Pour le moment, il lui fallait beaucoup de repos. Bon, d'accord. Je n'étais pas médecin pour lui dire quoi faire mais c'était quelque chose de plutôt évident. Il avait perdu tellement de sang qu'il fallait laisser du temps à son corps de s'en remettre. Enfin, je me redressais pour le regarder, lui annoncer qu'il était sorti d'affaire. Il fit une blague mais s'étouffa, eveillant alors mon inquiétude. Décidément, ce n'était pas vraiment son jour à ce garçon... Mais tout allait bien, alors je l'aidais à se redresser pour qu'il puisse s'asseoir et filais ensuite chercher des glaçons pour son visage. Je me demandais toujours comment tout ça lui était arrivé mais je gardais ma curiosité pour plus tard. A mon avis, il ne devait pas avoir envie de parler de ça tout de suite... Et je préférais éviter de le laisser dans le choc encore un peu.

Sa pensée me parvint et sans que je ne puisse le contrôler, un léger rire s'extirpa de ma gorge. Merde, il n'est pas censé savoir que je lis dans ses pensées. Alors je me raclais la gorge pour dissiper mon malaise. « Excuse-moi. » dis-je en reprenant mon sérieux. Il fallait que je continue de le soigner, il était peut-être sorti d'affaire mais il fallait encore le nettoyer et ses hématomes lui feraient mal un bout de temps si on n'y appliquait pas du gel. Je m'affairais donc à lui procurer les soins nécessaires et, curieux, je lui posais une question qui me brûlait les lèvres. Je ne m'attendais pas à ce qu'il me retourne la question... Oups ? J'avais un peu merdé, là. Je n'étais pas censé connaître son prénom. Je souriais face à son audace et me mordais la lèvre maladroitement. « Disons que tu l'as juste pensé trop fort. » Un moyen de réveler mon pouvoir sans le révéler. Après tout, il était dans les vapes depuis un bon moment maintenant, peut-être qu'il penserait qu'il l'avait prononcé sans en avoir le souvenir.

J'appliquais le gel sur son dernier bleu visible lorsqu'il se mit à me remercier. Je ne savais pas pourquoi ça m'étonnait autant parce qu'il avait raison, je lui avais sauvé la vie mais j'étais persuadé que n'importe qui l'aurait emmené à l'hôpital. Même s'il aurait très bien pu tomber sur une personne qui n'en aurait rien eu à foutre. Tout n'est pas lié au hasard parfois, il faut juste de la chance. Et après un gros coup de malchance que Min-ho avait eu juste avant de me rencontrer, le menant à cet état physique déplorable, il fallait bien que la roue tourne un peu. « Ce n'est vraiment pas la peine de me remercier, n'importe qui aurait fait la même chose. Ou t'aurait emmené à l'hôpital en tout cas. J'ai juste fait mon devoir de citoyen... » J'aurais très clairement pu l'emmener à l'hôpital mais je n'ai pas réfléchi. Je me suis dit qu'il ne valait mieux pas l'emmener dans un lieu aussi facile, ces voyous l'auraient retrouvé trop aisément. « Bien sûr. Après tout, tu as bien poussé le vice jusqu'à m'embrasser, alors tu peux bien m'emprunter un t-shirt. » dis-je en haussant les épaules, armé d'un sourire. Peut-être que c'était un sujet à éviter, peut-être qu'il ne s'en souvenait même pas, enfin j'en doutais. Il était conscient à ce moment-là alors s'il se souvient de la pensée que je lui ai transmise, il doit se souvenir de ça aussi.

Je le regardais faire en levant un sourcil et j'entreprenais déjà de l'aider juste au moment où il me le demandait. Mais ce rebelle gigota beaucoup plus que prévu et finit par s'écrouler sur le sol sans que je ne puisse le rattraper. Et merde. Je me ruais sur le sol à ses côtés pour vérifier s'il allait bien mais il était définitivement tombé dans les pommes... Je soupirais. Il était évident que je n'allais pas le laisser là, sur ce sol imprégné de son sang. Je me relevais alors pour le porter jusque sur la table et de là, je lui retirais ses vêtements tâchés de sang. Son jean avait pris aussi... Ainsi que son boxer. Génial. Un nouveau soupir et je partais dans la salle de bain chercher une bassine d'eau savonneuse et un linge pour entreprendre de le nettoyer.

Aujourd'hui fut un jour spécial. J'ai sauvé un inconnu d'une mort certaine, avant de l'emmener chez moi pour lui prodiguer les premiers soins. Et je me retrouvais désormais face à cet homme, inconscient et nu comme un ver à nettoyer tout le sang sur son corps. Drôle de journée, en effet. Enfin, une fois terminé, j'essayais de l'habiller comme je pouvais, le mettant simplement dans un boxer et un t-shirt propre, puis je l'emmenais dans mon lit. Pour qu'il se repose un peu, évidemment. Je laissais la porte ouverte au cas où il se réveillerait et pendant ce temps, je partais nettoyer tout le reste du sang dans le salon. J'imaginais qu'il aurait faim à son réveil et comme j'avais aussi pas mal la dalle, je m'étais mis à cuisiner un peu. Rien de folichon, ceci dit, juste des oeufs et de la dinde. Vraiment pas folichon, en effet.

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MessageSujet: Re: L'entraide ne coûte pas cher, abusons-en ₰ TWELVE   Jeu 9 Aoû - 22:17



« Bien sûr. Après tout, tu as bien poussé le vice jusqu'à m'embrasser, alors tu peux bien m'emprunter un t-shirt. » Ces derniers mots me revinrent en tête lorsque je me réveillais enfin. Surement une façon pour mon subconscient de me rappeler les faits qui s’étaient déroulés quelques heures plus tôt… Tout d’abord j’ouvris les paupières pour détailler mon environnement. Tout semblait calme et sans grand danger à première vue, la pénombre préservait mes yeux qui avaient connus trop d’aveuglement au cours de la soirée. En effet les stores étaient abaissés, si bien que je ne pouvais être certain de l’heure qu’il était exactement. J’avais aussi bien pu dormir une demie heure comme trois jours d’affilé. Je soupirais, puis inspirais à fond pour vérifier si mes poumons marchaient bien comme d’habitude. Tout allait bien. Ma main gauche passa sous les draps pour tâter le pensement qui protégeait mon flan. Tout avait l’air normal, pas d’impression sang séché et la douleur avait même diminuée depuis hier. Bien-sûr elle commençait à se réveiller en même temps que j’émergeait de mon sommeil réparateur néanmoins cette douleur là était supportable. C’était rien comparé au brasier d’hier. J’hésitais un instant à me relever complètement dans le lit ou bien à héler mon bienfaiteur pour attirer son attention ; mais de toute façon il n’était pas dans la même pièce que moi et je ne connaissais même pas son nom. Je n’allais pas simplement hurler dans tout l’appartement comme une bête qu’on égorge. Je n’étais même pas sur d’avoir la les ressources nécessaires pour aligner plus de trois mots. Un léger bruissement me revenait depuis l’autre pièce, comme si quelqu’un s’y affairait en faisant un effort pour ne pas trop faire de bruit. Tant pis, j’allais faire un essai après tout je ne risquais pas beaucoup pire que ce qu’il s’était passé un peu plus tôt dans la cuisine.
Tout doucement je commençais d’abord par me tourner sur mon côté valide puis marquais une pause pour respirer un coup. Quand l’absence de douleur se fit je pris une inspiration et en profitais pour me redresser, sur mes coudes d’abord puis petit à petit je pris appuis sur mes paumes larges et noueuses pour me mettre en positon assise. Rien que ces quelques efforts me coûtaient autant que si je venais de courir un marathon complet. Mon souffle était erratique, j’avais un mal fou à calmer mon rythme cardiaque. De la sueur dégoulina le long de ma carotide me chatouillant. C’est à ce moment précis que je remarquais que je ne portais des vêtements propres qui sentaient bon un parfum qui n’était pas le mien, un parfum sucré, le sien, songeais-je un peu naïvement le temps pour moi de penser à autre chose que la douleur. De l’autre côté de la porte laissée ouverte le tintement caractéristique de couverts percutants le nacre d’une assiette retentirent. Je tournais la tête vers la sortie dans l’espoir de voir le blondinet apparaître tel le messie mais c’était trop abuser que d’espérer que cela se produise vraiment. Aussi, délogeant mes jambes de l’emprise des couvertures, je posais mes pieds au sol en me demandant comme il avait réussi l’exploit de me soulever du sol et de me transporter jusqu’ici. Je n’étais pourtant pas un poids plume et il n’avait pas l’air si épais ni même beaucoup plus grand que moi. Il n’y avait pas à dire la formation d’infirmier devait non seulement entretenir l’esprit mais aussi corps vraisemblablement, pensais-je en rigolant intérieurement. Pas question que je refasse l’erreur de la dernière fois et que je m’étouffe à nouveau en avalant ma salive de travers. J’étais même pas sur de savoir encore déglutir…

Alignant un pied après l’autre et en faisant de tout petits pas je réussis à atteindre l’entrebâillement de la porte sans trop d’encombre. Avec une once d’appréhension je jugeais bon de d’abord passer la tête par la porte pour jeter un petit coup d’œil dans la cuisine avant d’y débouler la bouche en cœur. Ce que j’y vis me surpris au point que ma bouche s’ouvrit en formant un « O » admiratif. La cuisine que j’avais salopé contre mon gré était maintenant nickel comme un sou neuf. Si bien que je redécouvrait la couleur d’origine de la table qui trônait au milieu de la pièce. Contre un mur une cuisinière était toujours éteinte et sur celle-ci une poêle contenait une viande blanche que j’imaginais être de la dinde. Ca sentait terriblement bon – ou alors était-ce ma faim qui rendait le tout plus alléchant ? Mais cela devait faire un petit moment que la nourriture avait été préparée car, balayant le plan de travail du regard, je remarquais de la vaisselle sale. Le reste reposait dans l’évier non loin tandis qu’un set était dressé sur la table, pour une personne. Toujours est-il qu’il n’y avait aucune trace d’un quelconque blond. Je ne tenais pas tant à me servir sans gène aussi je préférais me détourner pour aller checker dans la salle de bain attenante d’où le chuintement de l’eau qui coule me revenait étouffé. Il me fallut un temps fou pour atteindre mon but, en partie à cause du fait que je préférais longer les murs pour me prémunir contre toute nouvelle chute éventuelle. Mes doigts se refermèrent fermement sur la poignée de la porte alors que je bandais tous les muscles de mon bras pour faire pression du haut de mon corps sur cette dernière. Très lentement j’ouvris la porte sans un grincement.
Je me sentais nerveux comme un enfant qui violerait l’intimité d’une autre personne et en même temps une pointe d’excitation réchauffa mon bas ventre. Pas que je tenais à passer pour un voyeur, je préférais néanmoins signaler mon réveil. Je me sentais déjà suffisamment redevable comme ça sans à avoir à attendre comme une princesse le retour du blond dans la chambre. Oh et puis finalement je m’en fichais un peu de ce pour quoi je passais. Il l’avait très bien souligné lui-même hier en lâchant une référence à mon excès de zèle et au baiser que je lui avais presque littéralement volé dans la rue. Pourtant, si mes souvenirs étaient fidèles à la réalité, cela n’avait pas eu l’air de le révulser plus que ça. Il me semblait même qu’il avait approfondit l’échange pendant qu’il me retournais dos contre la façade humide… Mon excitation remonta d’un cran et je fermais les yeux pour empêcher mon esprit d’extrapoler plus encore. Après tout je n’étais pas très sûr que mes souvenirs étaient réels et réalistes. Peut-être que j’avais simplement rêvé ça entre deux pertes de consciences hier soir. Ou peut-être même que mon cerveau avait rejoué tous les évènements de la nuit dernière en les enjolivant pendant après que je me sois effondré inconscient sur le sol de la cuisine.
Le bruit des anneaux d’un rideau de douche que l’on tire et qui viennent jouer contre la tringle me fit rouvrir les yeux. Et la première chose qu’il me fut donné à voir fut les magnifiques iris noisettes striées de filaments plus clairs, presque dorés, qui me dévisageait. Un frisson presque imperceptible me traversa l’échine mais je fis de mon mieux pour ne rien laisser paraître.

« Peut être que je pousse le vice un peu loin en te roulant des pelles dans la rue, en attendant toi tu es bon à marier. » M’exclamais-je en tirant sur mon t-shirt pour justifier mes dires et ainsi lui faire comprendre que je faisais allusion à tout ce qu’il avait fait pour moi. Mon regard dévia vers le bas, s’attardant un instant sur son aine, avant que je ne me décide enfin à poser le pied dans la pièce pour me rapprocher du lavabo sur lequel reposait une serviette propre. Je la lui tendis tout en faisant bien attention à ce que mes yeux ne détaille pas ses courbes à nouveau. « Tiens. » L'envie de le remercier encore et toujours me pris les tripes mais je savais que tout ça ne servirait pas à grand chose d'autre qu'à l'agacer. Aussi préférais-je me taire m'intimant de rester concentré sur ses yeux dans lesquels j'avais l'impression de lire comme dans un livre ouvert. Après un court instant silencieux je finis par craquer et je repris la parole une dernière fois : « Ça n'a pas du être facile de me porter jusque la chambre. Ni même de m'administrer un brin de toilette... » Merci, ne pu-je m’empêcher de penser. Cela me faisait me sentir un peu moins abusif et profiteur, même si en théorie il ne l'entendais pas.

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MessageSujet: Re: L'entraide ne coûte pas cher, abusons-en ₰ TWELVE   Ven 10 Aoû - 1:24

Maintenant seul, j'en profitais pour réfléchir à tout ce qui venait de se passer aujourd'hui. Tandis que je rentrais chez moi, en manque d'aventure, voilà que mes prières sont exaucées. Ce gars s'est présenté à moi sans que je ne m'y attende, et je suis certain qu'il ne s'y attendait pas non plus. Je me remémorais la scène en me demandant ce que j'aurais pu faire de plus. Perfectionniste jusqu'au bout, hein. Finalement, la seule chose que j'aurais dû faire, c'est de ne pas dévoiler que je connaissais son prénom quand je le soignais. C'est comme ça qu'il avait su pour mon pouvoir et à bien m'en rappeler, il n'en avait pas été choqué. Alors, je songeais tout en mangeant mon assiette que les soupçons que j'avais quant aux siens étaient vrais. L'image du whisky, c'était lui. L'autre souvenir, j'étais à sa place. Et ça me faisait tout drôle. Je n'ai jamais été à la place des autres, mis à part m'imaginer l'être. Mais c'était une chose banale de ne jamais l'être. En revanche, de l'être, c'était tout autre chose. Qu'est-ce que j'aurais aimé rester dans sa tête l'instant d'après. Ne serait-ce que pour savoir ce qu'il a ressenti lorsque nous nous sommes échangés ce baiser. Bon, il devait certainement être beaucoup trop souffrant et paniqué pour ressentir quoi que ce soit. Mais je dois bien avoué que ce souvenir me plaisait plutôt bien et surtout, mon esprit en faisait une scène extrêmement romantique. Avec de la musique romantique et de la pluie qui tombe. Oui, mon souvenir était clairement déformé par mes désirs. En même temps, combien de temps cela faisait-il depuis mon dernier baiser ? Je pouvais compter des années. Des années que je ne m'y étais plus intéressé. Les études d'infirmier me prenaient un temps fou, je n'avais quasiment pas de vie. Et depuis, c'était devenu une habitude. La solitude était comme une vieille amie dont on ne se débarrasse pas par peur de changer sa routine, ou de ne plus jamais la retrouver.

Un long soupir traversait la barrière de mes lèvres et je me levais, débarrassant mon assiette pour ensuite mettre le couvert de mon colocataire improvisé. Je songeais aussi à aller piquer un coussin pour la nuit, parce que je n'allais décemment pas dormir à côté de lui alors qu'il était encore dans les vapes. Ce n'était pas correct. Mais pour le moment, je me rendais compte que moi aussi, j'avais du sang. Et qu'il avait séché. Une bonne douche bien chaude ne serait pas de refus. Allant dans la salle de bain, je retirais mes vêtements et les mettais dans la machine pour un prochain lavage. J'y insérais aussi les vêtements de Min-ho, histoire qu'il puisse les retrouver ensuite tout propres. Puis, je me glissais dans la douche. Elle ne dura pas longtemps, juste le temps de me savonner correctement. Mais j'étais tellement plongé dans mes pensées que je n'avais même pas entendu Min-ho se lever. Alors, je fus sacrément surpris lorsque je sortais de la douche, me retrouvant nez à... nez avec lui. Bordel. Mon premier réflexe fut de cacher mon entre-jambe. Évidemment... J'imaginais qu'il voulait simplement me signaler son réveil, mais je n'étais pas prêt. Je ne m'attendais pas à le retrouver là, juste en face de moi. A dire des choses qui me font rougir. Et merde, comment suis-je censé réagir à ça ? « Mh... Je n'ai rien fait d'autre que de m'occuper de toi. » Dis-je alors, un rire nerveux s'échappant de ma bouche sans que je ne le contrôle vraiment.

Je sentais bien son regard me brûler la peau lorsqu'il décida de descendre plus bas que mes yeux. Mes joues rougirent davantage. Qu'est-ce que je suis censé faire, là ? Je glissais mon regard jusqu'à la serviette au moment où il l'attrapa pour me la tendre. Je le remerciais d'un signe de tête et l'enroulais autour de ma taille en me disant que, après tout, je l'avais bien vu nu aussi. Alors, ça devait être donnant-donnant, je suppose. Enfin, ça n'empêche pas ma pudeur de se manifester, ni même les souvenirs de ce baiser presque trop violent pour être innocent de refaire surface dans mon esprit. Oh non, il ne fallait pas, surtout pas que je me mette à penser à ça, mon corps pourrait réagir d'une façon que je n'aimerais pas. Alors, je me raclais la gorge encore une fois pour dissiper ces images et je me concentre sur ce qu'il me disait encore. J'entendais clairement un merci dans mon esprit, mais je savais très bien qu'il l'avait pensé. A cet instant, c'était plutôt moi qui le remerciait car il m'empêchait clairement de dériver vers autre chose de plus... De moins catholique. Je ne pouvais m'empêcher de sourire.

« Je suis sûrement plus musclé que j'en ai l'air et tu n'es pas si lourd que tu peux le croire. Et puis, tu ne bougeais pas... Ca m'a rendu service. » Essayez d'habiller une personne qui a bien trop de dignité pour se laisser faire, vous verrez que vêtir quelqu'un d'inconscient devient alors un jeu d'enfant. Je n'avais pas trop souffert de le porter, comme je l'avais dit, il était assez léger finalement. Il devait être à peine plus lourd que moi. Enfin soit, mes yeux rivés dans les siens, je réfléchissais. Cette situation était assez étrange mais l'aventure était là et ça, je ne pouvais pas le nier. Un parfait inconnu se trouvait face à moi, je l'avais déjà vu nu, il m'avait déjà vu nu, et nous nous étions embrassés une fois seulement dans le but de se cacher des malfrats qui le coursaient. Une situation un peu cocasse qui me rappelait qu'il ne savait même pas mon prénom.

« Au fait, je m'appelle Levi. » Je me présentais, mais j'étais toujours dégoulinant et nu. Enfin presque. Mais maintenant que ma partie la plus intime était cachée, je n'éprouvais pas le besoin d'en dissimuler davantage. J'étais même plutôt à l'aise. Seulement, je ne savais pas trop quoi dire, maintenant. « Tu... Dois avoir faim. Tu devrais aller manger avant que ça ne finisse vraiment par refroidir. » Je me mordais la lèvre. Mon esprit me jouait des scènes assez salaces auxquelles je n'ai pas vraiment envie de penser. Dans le genre ? Eh bien, son regard qui s'était promené sur mon corps m'avait électrisé et ce baiser me torturait l'esprit. Dans ce dernier, tout pouvait arriver. D'autres baisers par exemple... Je détournais les yeux pour éviter d'y succomber. Ce serait certainement mal venu et très incorrect de ma part. De plus, s'il devait me remercier, je souhaitais vivement qu'il ne le fasse pas en m'offrant son corps. Pas que je n'aimerais pas ça... C'est juste... Par principe.

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MessageSujet: Re: L'entraide ne coûte pas cher, abusons-en ₰ TWELVE   Ven 10 Aoû - 1:25



Un sourire espiègle étira mes lèvres lorsqu’il fit sa remarque à propos de sa musculature. En vérité c’est surtout la suite de sa tirade qui m’amusa et d’ordinaire j’aurais ramené mes bras contre mon torse pour les croiser dans une posture vexée et désabusée, mais j’avais trop peu confiance en mes jambes pour me permettre de lâcher le mur. Dis tout de suite qu’il vaut mieux m’avoir en photo plutôt qu’à la maison ahaha pensais-je sans pour autant lui faire cet affront-là de vive voix. Il était déjà bien assez gentil de m’accepter pour la nuit je n’aurais pas osé lui tendre la perche pour qu’il me jette dehors. Il fit mine de réfléchir à je ne sais quoi et je préférais lui laisser le temps de se remettre de ses émotions. A en juger le léger rougissement qui lui montait aux joues il ne s’attendait pas à me voir débarquer dans sa salle de bain. Ce qui paraissait logique en soi, bien que lorsqu’on prend le temps de me connaître un peu mieux on comprend que : 1) la notion de gène m’est quasiment -pour ne pas dire totalement ?- inconnue 2) je ne m’embarrasse pas beaucoup de l’impression que je peux renvoyer, j’agis comme il me paraît le mieux sans trop m’attacher aux conséquences. Ce qui me vaut souvent pas mal d’ennuis en fait.

« Au fait, je m'appelle Levi. » Mon air espiègle se mua en un franc sourire amusé à ces mots. « Et bien enchanté Levi. » Lui répondis-je presque aussitôt, mon amusement perçant dans le timbre de ma voix. « Tu... Dois avoir faim. Tu devrais aller manger avant que ça ne finisse vraiment par refroidir. » Je haussais les épaules d’un geste désinvolte et retins in-extremis une remarque déplacée à propos d’un autre type de faim qui pouvait m’habiter actuellement.
Ses dents vinrent mordiller ses lèvres, pareil à un geste inconscient, et ce fut la goutte de trop pour moi. Sans que je puisse l’expliquer une envie terriblement puissante me remonta du creux des cuisses jusqu’au fond de la gorge. Une envie de lui évidemment, une envie de regoutter son goût sucré et surtout l’envie de déloger ces dents qui me rendait mécontent du mauvais traitement appliqué à ses lèvres roses et gonflées…
Une voix dans ma tête n’avait de cesse de me jouer la même rengaine, celle-là même selon laquelle si je n’avais pas le courage d'accepter l’occasion qui s’offrait à moi, maintenant, une aussi belle chance d’assouvir mes envies envers Levi ne se représentera surement jamais. Et je n’avais pas envie d’avoir à étouffer ma faim et ma frustration toute la nuit pendant que nous dormirions – et il était hors de question, après tout ce qu’il avait fait pour moi, que je le laisse dormir ailleurs que dans son lit. Tout comme je me voyais mal dormir ailleurs que dans ce même lit compte tenu de mon état, ce qui rendrait la chose mille fois plus insupportable si je ne me décidais pas à agir ici et maintenant. Assumerais-je de devoir lui renvoyer des sourires à moitié biaisés par la déception ? Et surtout assumerais-je demain de passer le pas de sa porte pour la deuxième et probablement dernière fois, en repartant avec mes fantasmes et mes envies inassouvies ? Non, clairement, c’était hors de question. Et je m’excuse pour ça, pensais-je l’espace d’une seconde ; juste le temps qu’il me fallut pour parcourir l’espace qui nous séparais tous deux.

Lâchant le cadre de la porte, je fis un pas en avant, mes yeux cherchant les siens qu’il avait détourné comme par gène. Était-ce moi qui le mettait mal à l’aise ? Ce qui semblait assez logique en soi, mais autant lui donner une vraie bonne raison de se mettre dans cet état n’est-ce-pas ? Penser comme cela me permis à la fois de me dédouaner tout en remplumant mon courage jusqu’ici pas mal amoché par les événements. Encore assez affaiblit par mes blessures, je ne put pas faire grand-chose de mieux que de laisser, très lentement, mon torse partir à la rencontre du sien sur lequel j’exerçais très vite une pression comme pour l’obliger à supporter notre poids à tous les deux. Je voulais surtout être certain qu’il pourrait me rattraper si jamais mes jambes venaient à défaillir.
D’un geste très doux je lui prit le menton entre mon pouce et mon index pour l’obliger à me regarder dans les yeux. Si je me forçais à prendre mon temps c’était en parti pour lui en laisser suffisamment pour assimiler ce qu’il se passait et faire son choix. Je ne voulais pas non plus lui donner l’impression de le forcer à quoique ce soit. Loin de là mon intention.

Je le sondais littéralement du regard pendant que des flash hachés de notre baiser échangé dans la ruelle me revenait à l’esprit. A la façon dont il m'avait coincé contre le mur et à quel point j'avais pu aimer ça. Ces remémorations était dû à mon impatience à l'idée de retenter l’expérience. La peau humide de son torse ainsi collée à celle de mes bras nus était un lien suffisant pour que je sois certain de lui insuffler mon désir directement au fond de son cerveau. Était-ce fourbe de ma part ? C’était un peu comme lui forcer la main finalement… Un remord me traversa, bien vite balayé par tous ces autres sentiments mille fois supérieurs à celui-ci. Assez pensé.

Enfin, mes lèvres se posèrent sur leurs consœurs. L’échange fut tout d’abord très chaste, doux et chaud, pendant que je lui laissais sa dernière chance de me repousser. Puis le baiser devint plus ardent, ma bouche vint aspirer sa lèvre inférieure et ma langue alla la caresser, d’abord en longeant la limite extérieur avant de s’insinuer doucement entre ses lèvres pour aller titiller ses gencives. Au même instant ma main remonta le long de son bras pour aller se nicher dans sa nuque, à la naissance de ses cheveux, où mes doigts s’entremêlèrent avec ses mèches blondes.
C’était bon, terriblement bon et ça me donnait envie d’en acquérir toujours plus. Mon autre main suivit le chemin strictement opposé, descendant le long de son torse jusqu’à venir effleurer la peau encore accessible juste à la lisière de l’endroit que la serviette passée autour de ses reins préservait.
Puis, mes lèvres firent enfin mine de s’éloigner de quelques centimètres, le temps de nous laisser reprendre notre souffle tandis que mon front reposait contre le sien.
Nos souffles saccadés ainsi mêlés ne fit qu’empirer mon état tandis que je refondais sur ses lèvres pour notre troisième baiser de la soirée.

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MessageSujet: Re: L'entraide ne coûte pas cher, abusons-en ₰ TWELVE   Ven 10 Aoû - 19:19

« Dis tout de suite qu’il vaut mieux m’avoir en photo plutôt qu’à la maison ahaha. » Je pinçais les lèvres pour m'éviter de glisser un rire mal placé. Ce n'était absolument pas ce que je pensais, parce que j'étais bien loin de le connaître. Si ça se trouvait, lui aussi était bon à marier. Et pas que, d'ailleurs. Oh, non. Couché Levi, couché. Son air espiègle me détendait un peu, signe qu'il prenait ma gêne avec beaucoup plus de légèreté que je ne le faisais. Évidemment, ce n'était pas tous les jours que je me retrouvais nu face à un inconnu. Ce n'était pas tous les jours que des inconnus se trouvaient chez moi... Et je n'avais pas du tout pensé à ce qu'il rentre ainsi dans la salle de bain. Quelque part, il m'intriguait. Ce côté rebelle qu'il avait eu en me demandant de l'alcool fort alors qu'il était au bord de l'évanouissement, ce côté je-m'en-foutiste à rentrer dans cette pièce sachant que je m'y trouvais certainement nu, et de hausser les épaules de cette manière comme s'il n'en avait que faire de se nourrir. Et ce regard qu'il portait sur moi à l'heure actuelle. Tout ça allait finir par me dépasser.

Mon coeur était prêt à exploser dans sa cage. Je le sentais se rapprocher de moi petit à petit, discrètement, comme si je ne pouvais pas le remarquer. Ou alors, cherchait-il à ce que je le remarque ? J'entendais encore une fois sa voix dans ma tête, qui s'excusait déjà. Pourquoi ? Je ne le saurais que quelques secondes plus tard, en attendant, sa voix m'avait rendu curieux. Je le sentais arriver. Cela n'aurait pu se passer autrement et au plus profond de moi, je le savais. Je sentais déjà mon ventre se tortiller alors qu'il venait à peine de se coller contre moi. J'étais obligé de passer mes bras autour de lui pour supporter son poids, le maintenir pour qu'il ne flanche pas. Il devait encore être très faible... Je me mettais à penser soudainement que ce n'était pas une très bonne idée de faire ça. De continuer dans cette voie là. Mais son regard désormais planté dans le mien exprimait toute son envie et son désir d'aller un peu plus loin. Ses gestes étaient lents, comme s'il me demandait la permission à chaque fois qu'il voulait me toucher. Et bon sang, j'étais torturé entre une envie déconcertante et l'angoisse certaine que j'aurais à la seule pensée qu'il puisse faire ça uniquement pour moi. Partagé entre l'envie d'assouvir ses désirs et la crainte de le blesser et de ne plus jamais le revoir par la suite. Parce que je n'étais pas comme ça. L'idée qu'il puisse s'en aller ensuite sans jamais revenir me parler me provoquait un frisson que je ne pouvais pas contenir plus longtemps.

Mes doutes se dissipaient lorsque ses images s'immiscèrent dans mon esprit. Je pouvais ressentir ce qu'il avait ressenti quand je l'avais plaqué contre le mur dans le seul but de le sauver. C'était profond, comme s'il avait conservé ce souvenir toute sa vie seulement pour me le dévoiler maintenant. Je déglutissais face à toutes ces émotions auxquelles mon corps devait faire face sans aucune prévention. Je sentais déjà mon souffle se faire plus bruyant, je n'arrivais même plus à réfléchir. Je n'avais plus qu'en tête ces images qui me trituraient le ventre. Je n'avais même pas le temps de m'en remettre que déjà, ses lèvres trouvaient le chemin des miennes. Cette sensation fut la meilleure. Mes yeux s'étaient fermés, je savourais totalement l'impact de ce baiser au plus profond de mon être qui frissonnait déjà en s'imaginant la suite des événements. Et si le baiser était d'abord innocent, il avait bien vite fini plus brûlant que je ne l'avais prévu.

Comme une réponse à ce baiser et alors que j'entrouvrais les lèvres pour laisser passer sa langue, mon corps se pressait doucement contre le sien. J'avais toujours la crainte de lui faire mal, c'était la dernière chose dont j'avais envie. Ses doigts me collaient des frissons et je sentais déjà mon bas-ventre se tordre sous le désir de le faire mien. Mes doigts à moi ne tardaient pas à rejoindre sa peau sous le t-shirt que je lui avais enfilé bien plus tôt et qui, de mon avis, finira très probablement en boule quelque part sur le sol. Je m'amusais à explorer les courbes de son dos musclé, apprécier la douceur étonnante de sa peau jusqu'à la presser entre mes doigts. C'est au moment où ses lèvres quittèrent les miennes que je reprenais un peu mon souffle. « Dis-moi que c'est ce que tu veux. » Je grognais à cette pensée que je lui transmettais. Mon corps poussait le sien pour le faire reculer alors que je le maintenais toujours contre moi lors de ce troisième baiser échangé, beaucoup plus fougueux que les premiers. J'étais certain qu'il pouvait déjà sentir mon envie grandir contre lui.

Son corps heurte le mur à côté de la porte avec douceur, j'en profitais pour laisser le mien se presser davantage contre lui tandis que l'une de mes jambes passait entre les siennes. Mon genou remontait contre son entrejambe, mes doigts filèrent dans ses cheveux que je tirais légèrement, comme pour me contenir alors qu'il n'y avait plus rien à contenir. Tout était déjà en train d'exploser autour de nous, si tant est qu'il restait quoi que ce soit. Ma langue frappait la sienne avec force, l'emprisonnant pour la caresser longuement. Je laissais mes sentiments prendre le dessus sans savoir à quoi m'attendre. « Dis-moi que tu en as envie tout autant que moi. Dis-le moi... » le suppliais-je par la pensée, dans un gémissement incontrôlé. Je tirais un peu plus sa chevelure afin qu'il me laisse l'accès dans son cou où mes lèvres ne tardèrent pas à dériver. J'y exécutais alors de nombreuses caresses buccales, mordillant sa peau fraîche, la léchant, la suçant, je m'en délectais alors que mon genou exerçait des pressions délicieuses sur son entrejambe à peine recouvert d'un tissu. Ma main libre glissait sur les courbes de sa hanche jusqu'à remonter contre son torse. Et mon coeur, lui, cognait si fort pour se libérer, tandis que mon esprit faisait des loopings tant il était heureux d'assouvir ce désir qui n'avait fait que grandir depuis le premier baiser. Bon sang, que j'avais envie de lui. Je le voulais, je le voulais si fort que ça m'en faisait devenir fou. Et c'était loin d'être correct... L'idée de profiter de lui, alors qu'il était encore faible. Était-il vraiment conscient de ce qu'il faisait ? « S'il te plaît, dis-le moi... » le suppliais-je à nouveau sans rien prononcer. J'avais besoin qu'il me l'exprime. J'avais besoin de savoir qu'il était sûr de lui.

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MessageSujet: Re: L'entraide ne coûte pas cher, abusons-en ₰ TWELVE   Ven 10 Aoû - 19:20



Sans que je sache trop quand les choses prirent cette tournure, Levi commença à répondre à mes avances. Non pas par la paroles – pas tout à fait – mais d’abord physiquement. Dans cet échange intime dont j’étais l’initiateur, les rôles s’échangeaient. Au départ Levi me laissait pour ainsi dire le champs libre en permettant à ma langue d’explorer sa bouche. Ses doigts remontèrent le long de mon dos, parcourant mon épiderme nouvellement sensible. Je fus parcouru d’un frisson qui me fit gigoter entre ses bras. J’étais partagé entre vouloir me dégager face à ses caresses qui me chatouillaient les omoplates, et l’envie intenable de me laisser aller contre lui. Un élan de fatigue mêlé à un sentiment profond de complaisance m’emplit la poitrine et à cet instant je su que j’étais prêt à m’abandonner complètement sous ses mains. « Dis-moi que c'est ce que tu veux. » Cette voix, pareille à un grognement rauque, s’insinua dans ma tête sans que je ne comprenne comment cela était possible. C’était à la fois dérangeant d’entendre les pensées d’un autre dans sa tête, mais ça me semblait aussi infiniment naturel. Et pas mal excitant par-dessus le marché. Un râle profond et guttural lui répondit, signe qu’il n’avait même pas besoin de me poser la question. J’étais prêt à faire tout ce qu’il désirait s’il me le demandait avec ce timbre-là. Je n’étais cependant pas en état d’aligner trois mots.

J’eus conscience que, son torse toujours collé au mien, il nous déplaçais dans l’espace exiguë de la salle de bain, sans pour autant comprendre l’endroit vers lequel il nous emmenait. Son entre-jambe réveillée effleura la mienne et m’arracha un long feulement appréciateur par la même occasion. Le mur heurta mon dos - ou était-ce l’inverse ? – avec toute la douceur du monde. Néanmoins je sentis mes jambes flageoler un instant sous l’impact et, heureusement, le corps de Levi pressé contre le mien m’empêcha de défaillir complètement. J’avais du mal à garder l’esprit lucide et pertinent. C’était un mélange de toute sortes de sensations, hautement agréables, qui me désorientaient en se mêlant dans ma tête.
Le contact terriblement provocateur de son genoux s’insinuant entre mes jambes fit rouler mes yeux dans leur orbite et m’arracha un hoquet appréciateur. Bon sang, merde ! Songeais-je à la fois abasourdi et un peu irrité aussi. Comment Levi faisait-il pour savoir exactement à quel geste s'adonner pour m’exciter ? Pareils aux zones érogènes, certains gestes étaient susceptibles d’en exciter certains tandis que chez d’autres cela n’avait pas plus de résultat qu’un simple baiser sur le bras. Jusqu'ici rien de nouveau. Pourtant dans le cas présent, l’impression d’appartenance que me procurait sa jambe ainsi placée entre les miennes réussissait à détraquer le peu de conscience qu’il me restait.
Mon rythme cardiaque s’emballa, doubla presque, si bien que j’eu peur de finir dans les vapes à nouveau. Attends une seconde, laisses moi redescendre sur terre un instant, voulus-je l’implorer mais je n’eut pas la force nécessaire. Ma bouche s’ouvrit pourtant, mais ce ne fut que dans l’espoir de faire le plein d’oxygène tandis que l’impression de me noyer me broyait l’estomac.
Sa main agrippa les cheveux à l’arrière de ma nuque, encore un putain de geste contre lequel je savais pertinemment que je réussirai à rien hormis fondre littéralement entre ses bras. Et je fermais les yeux totalement perdu sous les émotions qui m’envahissait.
Étrangement, plus je m’abandonnais et plus lui, à l’inverse, semblait se contrôler et rester lucide.
Sa langue vint jouer avec la mienne avec une brutalité que je ne lui soupçonnais pas. La longue caresse qu’il me procura était le signe avant-coureur que quelque chose avait sauté dans son fort intérieur, un peu comme si la soupape qui contenait son désir et qui s’était contenté de se soulever par intermittence jusqu’ici, venait de sauter définitivement à l’instant. « Dis-moi que tu en as envie tout autant que moi. Dis-le moi... » C’était sa voix, beaucoup plus rauque que d’ordinaire, qui s’immisçait à nouveau dans ma tête. Arrête de dire des conneries putain, j’ai l’air de vouloir que ça s’arrête ? Ses mots à lui sonnaient comme une supplique de la dernière heure ce qui eut le don de m’irriter.
Pourtant c’était justement ça que j’aimais chez lui : la crevasse béante entre son côté serviable et le culot avec lequel il prenait l’initiative parfois. La façon dont il semblait docile, fragile et angélique. Cette façon dont il m’étais venu en aide sans demander son reste, la façon dont il m’avait aidé jusqu’au bout, me soignant, me lavant et me changeant. Il avait même été jusqu’à me préparer à manger – était-il d’ordinaire aussi seul qu’il en avait l’air, pour me combler d’autant d’attention ? – tout comme il avait fait l’effort de m’amener jusqu’à son lit pour m’y installer le mieux possible. Oh mon dieu ! Ses doigts exercèrent une pression plus forte sur mes cheveux, m’obligeant à rejeter la tête en arrière. Un long râle appréciateur m’échappa tandis que mes jambes me lâchèrent un peu plus.
Lorsque mon entre-jambe, douloureusement dressée, entra en contact avec sa cuisse musclée toujours placée entre les miennes ; ma respiration devint erratique et un nouveau sursaut me fit frissonner entre ses bras. Mon Dieu ce que je pouvais aimer ça. Sa bouche décrivit des sillons le long de mon cou, énième zone érogène dévoilée. Brusquement ma tête parti à la rencontre du mur derrière moi, m’assommant presque au passage. C’est pas possible il lit en moi ou quoi ? Mes mains redescendirent suivant le dessin de muscles sur ses bras. Je bouillonnais littéralement de le voir trouver une à une et aussi facilement chaque partie sensible de mon anatomie. Cela réveillait en moi des pulsions refoulées. Des envies de revanche, de prendre le dessus. De lui redonner au quintuple toutes ces émotions qui m’emplissait. Cela m’aida à ressortir du voile de plaisir qui me rendait totalement inconscient jusqu’ici. Son genoux vint remplacer sa cuisse contre mon intimité si tendue que mon caleçon était devenu plus gênant qu’autre chose. S’en était même presque douloureux. Un grognement guttural fuita entre mes lèvres, tandis que mes yeux se baissèrent pour regarder le jeu auquel se prêtait son genoux contre mes bourses.
Une main toujours perdue dans les méandres de ma chevelure, je sentis l’autre glisser sur mes hanches et remonter sur mon torse. Je me fis violence pour garder les yeux ouverts, j’avais besoin de tout voir pour ne pas perdre pied. Mon regard remonta vers son visage que je scrutais une minute. A en juger l’expression qu’il faisait les rôles venaient à nouveau de changer. Il semblait en proie au plaisir, un plaisir au moins aussi grand que celui qui m’avait rendu fou l’instant d’avant. « S'il te plaît, dis-le moi... » A nouveau cette voix dans ma tête, la sienne. C’était trop. « Tu m’agaces. » Dis-je de vive voix dans l’espoir que cette réponse fasse taire ses suppliques.

Presque aussitôt mes lèvres fondirent sur les siennes pour un baiser violent, animal. Je voulais le sentir à moi, je voulais le voir se tordre sous mes mains, le voir rougir et goutter à un plaisir qui l’enverrait loin, très loin au plus profond de lui-même. Un sourire dérangeant vint étirer mes lèvres encore collées aux siennes. « Laisses-toi faire, tu vas aimer. » Lui susurrais-je à l’oreille l’instant d’après, ma langue venant titiller son lobe avec une provocation non feinte.
Mes dents le mordirent un moment au niveau de l’hélix avant que ma langue ne reprenne le relais et ne vienne dessiner des arabesques le long de sa carotide. J’aimais le goût de sa peau sous ma bouche. Ma main gauche exerça une pression sur son ventre, retraçant chaque sillon de ses pectoraux, avant d’aller pincer ses tétons dressés. Cela n’avait rien de doux, c’était même presque tout l’inverse, comme si tout mon être n’aspirait qu’à le provoquer. Mon autre main disponible, jusqu’ici encore contre son bras, alla se poser sans préavis sur sa cuisse, l’empoignant avec fermeté. Puis, d’un geste rapide, la serviette – unique rempart contre sa nudité totale – fut chassée et envoyée un peu plus loin dans la douche – simple erreur de trajectoire – où elle finit de s’imbiber d’eau. Mais je ne me laissais pas le temps de m’y intéresser outre mesure que déjà, ma main remontait le long de l’intérieur de sa cuisse pour venir malaxer la peau tendre de son intimité.
L’idée de le faire ici et maintenant, à même le sol de la salle de bain me traversa l’esprit, mais une voix me disait qu’il valait mieux ne pas tenter l’expérience si je voulais conserver mes côtes blessées. Aussi, au prix d’un énorme effort, je me décollais un peu de Levi pour l’intimer à quitter la pièce en le poussant de mes paumes sur ses épaules. Mes jambes, qui venait de recouvrir un peu de leur force passée, reprirent leur rôle de soutient alors que d’un coup de pieds un peu excessif j’envoyais valser la porte de la salle de bain restée entrouverte. Ma main gauche, avec le plus de délicatesse dont il m’était possible, vint se lover dans la sienne, entremêlant nos doigts. Un sourire rassurant étira mes lèvres et je lui décochait un clin d’œil séducteur avant de l’entrainer en dehors de la pièce.

Nous traversâmes rapidement l’espace de vie, dédaignant la cuisine et l’alléchante odeur de plat préparée qui l’embaumait encore. Une fois arrivés vers le lit, je tirais la main de Levi pour l’inciter à passer devant moi et à s’installer entre les draps défaits. Puis une fois ma main libérée, je pris le plus grand soin pour me dévêtir sans perdre conscience cette fois.
Heureusement le t-shirt, plus ample que ma veste, fut plus simple à faire passer au-dessus de ma tête. Un air satisfait se peignit sur mon visage pendant que je me laissais un instant pour profiter de la vue que m’offrait Levi ainsi allongé sur le lit. Puis, lorsque mes pieds furent libérés de l’emprise de mon caleçon – qui n’était pas vraiment le mien finalement – je me dirigeais à pas chaloupés vers lui pour venir me lover entre ses bras, ma tête contre son épaule et le visage tourné vers le sien.
La scène que nous devions dépeindre en cet instant, celle d’un simple couple unis dans la pénombre d’une chambre, remplissais mon ventre d’une satisfaction au moins aussi forte que l’excitation qui m’avait étreint le cœur jusque-là. « Merci. » Fis-je à demi-mot comme si ces quelques syllabes m’avaient coûté. Puis ma bouche repartit à l’assaut de son épaule, mordant et suçant sa peau par endroits, tandis qu’une main taquine partit flatter le bout de sa verge gonflée.

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MessageSujet: Re: L'entraide ne coûte pas cher, abusons-en ₰ TWELVE   Sam 11 Aoû - 19:43

Je me rendais compte petit à petit que j’étais son esclave. Complètement à sa merci. Je n’étais entre ses doigts qu’une boule de sensations avec laquelle il s’amusait à sa guise. Chaque fois que ses doigts touchaient mon corps, j’avais l’impression d’imploser. Et pourtant, j’avais tellement envie de lui, de lui montrer tout l’effet qu’il me faisait en trouvant chacun de ses points faibles pour qu’il ne me résiste plus, comme s’il l’avait déjà fait, que j’en devenais presque animal. J’avais toujours eu ce petit côté autoritaire, entrepreneur lorsque je me laissais emporter par mes émotions, cela dit, elles contrastaient beaucoup avec mes expressions faciales qui montraient surtout que le désir me rongeait à tel point qu’il m’était presque insupportable. Et je devenais esclave de celui qui pouvait me délivrer.

J’avais bien entendu clairement sa voix s’immiscer à nouveau dans mon esprit, s’exclamant avec vulgarité à quel point il en avait envie, lui aussi. Mais j’avais besoin de l’entendre, de le voir. De le constater. Alors j’avais insisté tandis que mes dents savouraient l’aspect tendre de sa peau. Cependant, cette fois, il ne manquait pas de me reprendre sèchement, me faisant remonter le regard sur son visage. Le baiser qu’il me donnait ensuite me faisait frémir de tout mon corps. Un léger gémissement heurtait ses lèvres gonflées des baisers passés, mon corps réclamait le sien si fort que mes doigts dans ses cheveux descendaient pour presser sa nuque. Je me retrouvais à frissonner encore à ses mots, sentant mon bas-ventre se tordre davantage sous le plaisir qu’il m’infligeait à triturer ainsi mon oreille et mon cou. De longs soupirs se faisaient entendre de ma part, réactions des nombreux frissons et du plaisir qu’il me procurait sans vergogne. J’en venais à me faire violence pour ne pas l’emmener tout de suite dans la chambre et lui faire l’amour sauvagement. Lorsqu’il se mit à torturer mon téton, je ne pouvais retenir un râle, mes dents se serraient. Et puis, je me retrouvais à nouveau nu devant lui. Vulnérable, mais je ne ressentais plus aucune gêne. Je n’avais plus qu’une seule pensée : qu’il me soulage au plus vite, qu’il me libère de cette tension masculine perceptible, de tout ce désir que j’avais accumulé sans y faire attention. Et c’est bien ce qu’il fit ensuite. Mon regard cherchait le sien, presque désespérément, tandis qu’un nouveau grognement perçait le silence.

Cela ne durait pas longtemps mais c’était bien assez pour me faire succomber. Je n’en pouvais plus d’attendre, je le voulais, mon corps le demandait. J’aurais pu le déshabiller ici, lui faire l’amour contre ce mur, mais c’était une idée que je balayais d’un revers de manche car il était blessé. Le but n’était pas de le faire souffrir, mais bel et bien de lui faire ressentir des sensations qui l’emmèneraient ailleurs. C’était ambitieux mais de mon avis, et au vu de ses réactions sous mes baisers et mon toucher, c’était très faisable. J’avais découvert ses zones érogènes sans grand mal, je le ferais jouir sans grand mal aussi. J’en étais convaincu, tout comme j’étais convaincu que le contraire soit possible aussi. Quand il me repoussa, je le questionnais du regard avant de comprendre. Lui non plus ne voulait pas le faire ici, alors je le suivais sans lâcher sa main, mécontent d’avoir lâché son corps cependant. Nous arrivâmes rapidement dans la chambre et c’est là où je m’installais dans le lit, sous les draps, afin de le contempler dans son entreprise. Il se déshabillait avec soin et je ne pouvais m’empêcher de me mordiller la lèvre sous ce spectacle qui ne faisait qu’augmenter mon désir pour cet homme si beau. La lumière éteinte, celle de la pièce à vivre jaillissait dans son dos, ombrant délicieusement son corps qui ne pouvait qu’être admiré.

Je n’attendais plus qu’une seule chose : qu’il me rejoigne. Et dès lors que ce fut fait, j’enroulais mon bras autour de ses épaules pour l’accueillir contre moi, ne lâchant pas son regard. Cela devait être une scène très romantique, je m’imaginais du point de vue extérieur face à un tout nouveau couple, fougueux, qui se découvraient l’un l’autre sans jamais s’en lasser. Son remerciement me faisait secouer la tête, mais quand est-ce qu’il aurait fini de le dire ? J’avais été heureux de lui être venu en aide. Il n’avait pas à m’en remercier, j’ai seulement fait ce que j’avais à faire, j’ai seulement fait tout ce que je devais faire selon moi. Laisser un homme mourir était pire que de le tuer.

Ce moment de pensées sérieuses ne dura pas bien longtemps puisque je ressentais déjà les dents de mon nouvel amant s’attaquer à mon épaule et sa main me caresser à nouveau. Je partais ressentir toutes ces sensations encore une fois, le laissant faire quelques instants, le temps pour moi d’arriver au point de non-retour, celui qui annonce que je ne pourrais plus reculer. J’attrapais son menton entre mes doigts pour l’attirer à moi, et l’embrasser sauvagement, presque brutalement, laissant de nouveau ma langue valser avec la sienne dans une danse suintant la fougue et le désir. Mon corps se déplaçait au-dessus de lui, mes genoux remontaient ses jambes pour m’y faire une place alors que, désormais sans aucune gêne, ma main droite descendait le long de son corps pour atteindre son sexe déjà durcit, y appliquant des caresses féroces. Je jouais avec sa peau, je le serrais entre mes doigts, laissant mon pouce caresser son extrémité, tandis que mes dents venaient attraper son inférieure pour la sucer de manière suggestive. « Qu’est-ce que tu es beau… » pensais-je alors que je reprenais un baiser des plus animés. Mon autre main s’affairait à attraper la sienne pour la placer avec fermeté au-dessus de sa tête. Je voulais qu’il goûte à ce plaisir qu’il m’avait donné plus tôt, je voulais le rendre aussi fou que je l’étais de lui à cet instant précis.

Après de longues minutes à le caresser, mes lèvres partant tantôt dans son cou, tantôt contre son oreille, et à gémir de toutes ses réactions, je décidais de laisser mes doigts partir dans une autre direction. Ma main venait palper ses fesses sans grand ménagement et glissait ensuite jusqu’à atteindre son anneau de chair que je titillais d’un doigt. Mon regard, lui, se planta dans le sien, lui demandant silencieusement son autorisation pour la suite, alors que ma langue s’amusait avec ses lèvres et mes hanches bougeaient contre sa cuisse pour moi-même me soulager un peu. J’avais chaud, j’étais rempli de désir pour ce gars-là, j’avais envie de lui comme jamais je n’avais eu envie de quelqu’un auparavant. Serait-ce parce qu’il m’était similaire ? Ne serait-ce que par son pouvoir ou son apparence. Ou peut-être était-ce bien à cause de la façon dont il m’avait aguiché plus tôt. Toujours était-il que je bouillonnais d’impatience, je bouillonnais clairement, et il pouvait le sentir.

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MessageSujet: Re: L'entraide ne coûte pas cher, abusons-en ₰ TWELVE   Sam 11 Aoû - 19:43




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Dernière édition par DOME+ le Sam 11 Aoû - 19:46, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'entraide ne coûte pas cher, abusons-en ₰ TWELVE   Sam 11 Aoû - 19:44

Mon regard cherchait le sien un instant. Je voulais son approbation, et à la place de l'avoir de vive voix, il venait prendre mon visage entre ses mains pour m'embrasser à nouveau. D'un baiser beaucoup plus doux cependant auquel je me laissais aller sans mal pendant qu'il torturait divinement bien la peau de mon cou. Un instant plus tard, je le sentais demander une nouvelle place et pour lui faciliter la tâche, je roulais sur le côté afin de me retrouver sur le dos. Il venait sur moi et je ne pouvais m'empêcher de détailler lentement son corps assis sur le mien, le frôlant du regard comme pour le caresser une énième fois. J'aurais voulu me relever pour embrasser chaque parcelle de sa peau, titiller chacun de ses tétons un à un pour le stimuler davantage, mais le rythme qu'avait entreprit ses hanches contre les miennes m'arrachait un long gémissement, comme une supplique pour en demander davantage. Le contact était léger, comme une brise vous caressant la joue, il n'en fut pas moins meilleur. Mon regard se posait sur son sourire tandis qu'il s'amusait bien à me faire languir, chose qui rendait mon corps brûlant d'envie. Il était réellement en train de me faire perdre la tête et si je n'avais pas conscience qu'il était blessé, je l'aurais certainement pris sans attendre une seconde de plus.

Lorsqu'il cessa sa douce torture et qu'il vint s'installer sur mes cuisses, une autre commençait. Bon sang, ce qu'il pouvait être bandant comme ça, à lécher mes doigts de cette manière. A soupirer de cette manière. Il me teasait de ce qui allait probablement arriver et ça m'excitait tellement que j'en avais mal. « Bon sang ce que tu m'excites. » Laissais-je échapper par la pensée tant il m'était difficile de l'exprimer à voix haute. Mes dents se serraient, mon bassin s'agitait d'impatience et ma respiration s'affolait, rejoignant ainsi ses soupirs suggestifs. Je regardais ma main partir en direction de nos verges et je devais me redresser sur mon coude pour atteindre son entrée qu'il caressa de mes doigts. Je le laissais gérer cet instant bien que mon impatience s'agrandissait encore et encore jusqu'à ce que je sente mes parois chaudes et serrées. Voilà donc ce qui m'attendait : une vague de plaisir à laquelle je ne saurais jamais résister. Jamais, j'en étais certain. Je le sentais trembler sur moi, je me mordais la lèvre en imaginant qu'il puisse avoir mal à cause de ses blessures peut-être, ou de l'intrusion par mon index. Mais je le laissais contrôler la chose jusqu'à entendre un nouvelle fois sa voix dans mon crâne, d'une façon magnifiquement naturelle.

J'entreprenais de lui obéir, me rallongeant alors et ma main désormais libre se glissait sur sa hanche pour l'empoigner avec force. Son point de vue m'apparut plus clairement que je n'aurais jamais pu l'imaginer. Comme si son fantasme venait se glisser dans mon esprit, je ressentais son plaisir face à ce geste qu'il avait demandé. A cet instant, j'aurais voulu connaître chaque émotion provoquée par chacun de mes gestes depuis que tout était devenu plus sensuel entre nous. Je n'imaginais pas encore ce que ça pourrait me provoquer, que de savoir ses sensations en plus des miennes. Ce serait certainement trop pour un seul homme mais son plaisir comptait autant que le mien et l'idée de le voir prendre son pied et de le sentir en même temps m'excitait terriblement.

Alors que je le tenais avec fermeté, il faisait bouger mes doigts en lui avec tant de brutalité que je ne pouvais que gémir en chœur avec lui. Mes doigts sur sa hanche la pressaient comme pour l'encourager à continuer ses mouvements, et parfois se relâchaient comme pour l'apaiser de quelques caresses. Et puis, ma main finissait libre de ses mouvements, je prenais le relais tentant de lui procurer davantage de plaisir, tentant de buter contre son fond et de le rendre aussi cinglé que je l'étais de lui à cet instant. Mon dos se courbait bien vite lorsqu'il entreprit des caresses sauvages et rapides, un râle rauque s'échappa de ma gorge sous la surprise de ces caresses. Il allait vraiment me faire vriller. Je ne répondais plus de rien, tout ce que je voulais, c'était lui. Mon regard n'avait de cesse de regarder les traits de son visage, délicieusement déformés par son plaisir, m'encourageant à y mettre encore plus du mien, et quand son corps heurta le mien avec une douceur infinie, que son visage vint se lotir dans mon cou, mes mouvements effrénés se stoppaient sous ses ordres.

Mon visage se tournait vers le sien à son baiser, je plaquais mes lèvres contre les siennes pour lui en offrir un aussi doux que celui qu'il m'avait donné sur ma mâchoire tendue. Je passais mon bras autour de sa taille, ma main guidant ma verge jusqu'à son entrée sans m'être préparé au préalable aux sensations qui allaient sans aucun doute me submerger. J'entrais lentement en lui, comme pour savourer chaque centimètre que je parcourais tout en lui laissant le temps de s'habituer à ma présence intrusive. Je restais un temps au fond de lui sans bouger, tentant vainement de contrôler ma respiration essoufflée et mon cœur battant. Mais même immobile, je perdais pied. J'avais l'impression de goûter au paradis, son odeur venant se mêler à la mienne, la douceur de sa peau nue contre la mienne. Je pouvais sentir son cœur battre presque contre le mien. Un gémissement plaintif s'échappait à nouveau et je le serrais un peu plus contre moi tandis que j'entamais un mouvement de va-et-viens lent, presque tendre mais avec cette force que je ne pouvais plus contenir.

La position ne m'arrangeant pas vraiment, mon corps poussait le sien jusqu'à ce qu'il se retrouve de nouveau sur le dos. Ma main jusqu'alors dans son dos retrouvait ses cheveux et ma bouche la sienne pour un baiser plus violent, laissant enfin mes sensations se délivrer. Mon bassin entamait un mouvement plus brutal, essayant d'atteindre le plus profond qu'il pouvait atteindre et à mesure que les secondes s'écoulaient, je ne faisais qu'accélérer la cadence, friand de ce plaisir qui, comme je l'avais prédit, me submergeait complètement jusqu'à me faire perdre toute notion de l'espace et du temps. Je sentais mon ventre se contracter violemment, mon corps entier ne devenait qu'un brasier enflammé d'un plaisir sans nom. Mes dents trouvaient le chemin de sa nuque et torturait sa peau sensible, je lui donnais quelques coups de langue pour me faire pardonner de la brutalité retenue dont je faisais preuve. Ma main libre venait caresser les courbes de son corps crispé jusqu'à arriver à ses tétons que j'avais rêvé de triturer et qui m'était désormais possible de le faire. Je ne m'en lassais pas, examinant chacune de ses réactions à chacun de mes gestes. « Montre-moi. » Cette fois-ci, je lui susurrais ces mots, ma bouche collée contre sa gorge démunie. Je voulais qu'il me montre tout ce qu'il ressentait à cet instant, je voulais tout voir, tout savoir. Même si cela serait un plaisir trop extrême, je voulais qu'il me montre.

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MessageSujet: Re: L'entraide ne coûte pas cher, abusons-en ₰ TWELVE   Sam 11 Aoû - 19:45





Ma vue se brouilla et je fermais les yeux pour profiter de cet état de bien être absolu post-coïtal. Lentement j'allais me lover contre le torse de Levi, faisant fis de mon sperme qui poissait mon bas ventre, le tout sans prononcer un mot de peur de faire éclater cette bulle imperceptible qui nous entourait tous deux. J'étais bien là, entre ses bras. Aussi fis-je de mon mieux pour ignorer les premiers signes que mon ventre vide m'envoyait. Plutôt crever de faim plutôt qu'avoir à quitter ses bras, pensais-je en rébellion oubliant un instant que Levi avait le pouvoir de lire en moi comme dans un livre ouvert.

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MessageSujet: Re: L'entraide ne coûte pas cher, abusons-en ₰ TWELVE   Dim 12 Aoû - 23:35

Ses gémissements bruyants me faisaient clairement l'effet d'une bombe explosant à l'intérieur de mon bas-ventre. A chaque foutue fois que sa voix se faisait entendre, je me sentais davantage excité. Ma main partie à la conquête de son corps triturait ses tétons un à un et mes dents, elles, s'amusaient avec sa peau, ma langue comme excuse venant la caresser ensuite. Et ses griffes plantées dans mon dos, bon dieu que c'était bon. J'aurais voulu arrêter le temps ne serait-ce que pour savourer cet instant précis. Mais je voulais aussi le mener à sa perte, je voulais le voir, qu'il me montre aussi à quel point il aimait ce que je lui faisais, ce qu'il ressentait, ce qu'il voyait. Ma demande exaucée, mon esprit se mit à voir mon visage, entendre ma respiration, la sienne. Chaque douleur qui le tiraillait, je grimaçais. Je savais qu'il était encore fragile. Mon visage se nichait dans son cou tandis qu'il me montrait le reste. D'un seul coup, je fus submergé d'un plaisir tel qu'il m'était désormais impossible de contrôler mes gémissements, soupirs et autres râles pour extérioriser tout ça. Je ressentais son plaisir mélangé au mien et les sensations n'en étaient que plus divines, mais c'était beaucoup trop. Je devais me faire violence pour me calmer, résister encore un peu, ne serait-ce que pour le faire jouir.

Mes assauts en lui augmentaient peu à peu leur cadence, j'essayais comme je le pouvais de retenir la brutalité qui ne désirait que s'exprimer. Jusqu'à ce que je le sente bouger, mes yeux se relevaient vers lui. Je ralentissais le temps qu'il se positionne comme il en avait envie mais ne tardais pas à reprendre mes coups de reins sauvages et affamés. Je le sentais se cambrer sous moi, et j'entendais ses plaintes comme des suppliques. Je déposais un dernier baiser plus doux sur ses lèvres avant de redresser le dos, posant mes mains contre ses hanches. Je voulais atteindre l'angle parfait pour le mener à un orgasme dévastateur qui le ferait perdre l'esprit, et je sentais bien mon plaisir grimper en flèche à chaque fois que mon gland heurtait son fond. Je n'allais pas tenir bien longtemps de cette manière. Mon regard s'attardait sur ses courbes et se planta dans le sien qu'il ne pouvait plus tenir ouvert, je détaillais alors chaque trait de son visage déformé par le plaisir qu'il ressentait. En entendant sa voix résonner dans ma tête, un grognement animal s'extirpait de ma gorge tandis que je lui donnais tout ce que j'avais, laissant mon côté animal, brutal prendre le dessus. Mes mouvements s'accéléraient, je me délectais de son corps se tortillant. « Viens Min-ho, viens... » lui demandais-je alors que j'allais moi-même exploser. C'était la fin pour moi. Mon orgasme me coupait ensuite le souffle au même rythme que le sien. Je fermais enfin les yeux et savourais l'intensité du plaisir alors que je me déversais en lui sans aucun contrôle. Mes mains desserraient ses hanches à mesure que le plaisir prenait mon corps d'assaut et lorsque je fus assez sur terre pour reprendre conscience, mon corps se posait à côté du sien.

Je sentais le corps de Min-ho se coller contre le mien, je l'accueillais comme il se devait, en passant un bras autour de ses épaules pour l'attirer à moi. Mon regard détaillait à nouveau les traits de son visage apaisé et mes doigts allaient caresser ses cheveux le plus tendrement du monde. Je sentais aussi une substance visqueuse me coller à la peau de ma hanche, mais je n'étais pas con, je savais pertinemment de quoi il s'agissait. Et s'il avait décidé d'en faire abstraction, j'en ferais de même. Un sourire vint étirer mes lèvres lorsque j'entendais ses pensées qui m'emplirent le cœur de bonheur. Je ne le laisserais pas faire. Je lui apporterais certainement un plateau repas pour qu'il ne bouge pas, après tout, il était blessé et devait être encore plus fatigué maintenant. Mais pour le moment, je n'avais pas trop envie de bouger. Non, j'avais plutôt envie que ce moment de tendresse continue encore un peu.

Alors, je me redressais suffisamment pour pouvoir embrasser son visage. Je commençais par ses joues, une à une, le bout de son nez, ses yeux, son front, sa mâchoire, son menton. Puis je descendais sur son cou que je parsemais d'un millier de baisers plus tendres les uns que les autres et tant pis si ça devait le chatouiller. Je commençais à m'attaquer à ses épaules quand j'eus l'envie folle de l'embrasser à nouveau. Je remontais alors lentement mes lèvres jusqu'aux siennes que je pressais avec douceur et bienveillance, tandis que mes mains caressaient respectivement ses cheveux et le bas de son dos. « Tu n'as qu'à rester ici avec moi. » pensais-je suffisamment fort pour qu'il l'entende. Et puis, je plantais mes yeux dans les siens. Mon regard n'exprimait plus que de la tendresse à son égard, mes doigts étaient remontés pour caresser sa joue de leurs extrémités. « Tu as encore mal ?... » Aussi déplaisant soit-il de casser ce moment d'intimité, je ne voulais pas non plus risquer une autre hémorragie.

Je ne pouvais décemment pas le laisser dans cet état-là, à crever la dalle et à souffrir de sa blessure. Je posais alors un énième baiser sur ses lèvres avant de me redresser pour de bon. « Toi, tu ne bouges pas. Je reviens ! » dis-je alors joyeusement, tandis que je me levais et partais à la cuisine à pas de gazelle avec un grand sourire sur les lèvres. Je m'affairais alors : un plateau, son assiette réchauffée, des couverts, un morceau de pain frais au cas où, ainsi qu'un gant de toilette mouillé pour nettoyer sa semence. Je revenais les bras chargé mais toujours le sourire aux lèvres seulement quelques petites minutes après l'avoir laissé. « Ce n'est pas un festin mais j'espère que tu te régaleras. » J'imaginais sans mal que nous nous reverrons par la suite, dans l'espoir de lui donner cette fois-ci un plat beaucoup plus correct que ce que j'avais fait en quelques minutes seulement. Je l'aidais alors à s'installer correctement, plaçant plusieurs coussins derrière son dos pour qu'il puisse s'asseoir confortablement, et j'entreprenais de nettoyer son ventre avant de déposer le plateau sur ses genoux. « Bon appétit ! » D'un ton toujours aussi joyeux, je venais claquer un baiser contre sa joue et m'installer à côté de lui, sous les draps.

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MessageSujet: Re: L'entraide ne coûte pas cher, abusons-en ₰ TWELVE   Dim 12 Aoû - 23:35



Ainsi lové entre ses bras je sentais le sommeil pointer le bout de son nez insidieusement. J’étais prêt à me laisser aller dans les bras de Morphée lorsqu'une myriade de petits baisers vinrent consteller mon visage et bientôt mon cou.
Après un instant de ce petit jeu, ses lèvres se posèrent sur les miennes avec beaucoup de prévenance tandis que ses mains redécouvraient respectivement mon dos et mon cuir chevelu. Sa voix, reconnaissable entre toutes, s’immisça dans ma tête avec provocation et je ris intérieurement à sa remarque. Lorsque je rouvris les yeux ce fut pour tomber sur ses iris noisettes au creux desquels je lu tant de tendresse à mon égard que je sentis mon cœur rater un battement. « Hmmmm, toi tu ferais mieux d’arrêter tout de suite, avant que je ne me décide à te sauter dessus une deuxième fois... » Lui susurrais-je en appuyant mes dires d’un coup de hanche bien sentit vers les siennes. Ses doigts remontèrent caresser ma joue en un geste aérien à se damner et je me mordis la lèvre pour contenir ce nouvel élan d’excitation qui agitait mon bas ventre. « tu as encore mal ?... » L'air sérieux qui se peignit sur ses traits me réchauffa le cœur. C'était toujours rassurant de voir que quelqu'un se faisait du soucis pour vous. « Pas de la façon dont tu l’entends, répondis-je pour continuer sur ma lancée, tout sourire. Non mais, blague à part tout va bien. Nous sommes passés à côté du pire… » A peine venais-je de finir ma tirade qu’il me planta un baiser sur les lèvres avant de se redresser aussi rapidement que s’il avait été monté sur ressort. Il m’annonça qu’il revenait et l’instant d’après il s’éloignait déjà d’un pas sautillant en direction de l’autre pièce.
Je souris en regardant son petit cul nu s’éloigner. J’en profitais pour réajuster ma position histoire d’épargner mes côtés lésées, remontant le coussin derrière ma tête. Des bruits de vaisselles qui s’entrechoquent me revenaient de la cuisine et j’eu une pensée désolée envers cette dinde cuisinée qui devait encore attendre dans un coin que quelqu’un veuille bien la manger. Cela raviva mon estomac qui geignit un long moment, m’arrachant une grimace de douleur au passage.

D’une main j’entrepris de décoller un pans du pansement pour vérifier si la suture était toujours en place, mais la vue du sperme séché sur mon ventre me passa l’envie d’aller plus loin dans mon examen. « Ce n’est pas un festin mais j’espère que tu te régaleras. » A ces mots mes yeux se relevèrent vers Levi qui venait de réapparaître dans la pièce, un plateau bien garnit entre les mains. J’y retrouvais mon escalope réchauffée de laquelle une chappe de vapeur s’élevait et un air émerveillé me passa dans le regard à sa vue. « Merci. » Lui soufflais-je, répondant à son sourire par le mien.
Avec des gestes d’experts Levi m’aida à m’installer le dos contre le mur et lorsqu’il se pencha pour ajouter un énième coussin derrière mon dos je profitais de cette ouverture pour venir lui lécher le petit espace entre le lobe de son oreille et la naissance de ses cheveux. Toujours appliqué à son entreprise, son manque de réactivité me fit persévérer dans mon petit jeu alors que je lui plaquais un suçon sur la nuque.
Lorsqu’il s’éloigna pour récupérer le gant qu’il avait ramené avec lui je pu vérifier mon travail et fut amplement satisfait de la large plaque rougeâtre, presque mauve, qui s’étendait à proximité de la naissance de son épaule. Un sourire goguenard aux lèvres je le laissais nettoyer mon ventre tout en flattant le sien des mêmes gestes de la main, en une version plus lascive cependant. C’était mon côté taquin qui, après toutes ces émotions passées, revenait faire le malin. J’y pouvais rien, c’était plus fort que moi. C’était comme si cette promiscuité nouvelle entre nous deux avait fait voler en éclat le peu de politesse qui me retenait encore d’être tout à fait naturel envers lui. Et j’aimais plutôt ça. Tout comme j’aimais le fait de retrouver son petit côté enfantin à lui, à dix mille lieux de celui qu’il avait été quelques minutes avant cela, lorsqu’il me faisait sien avec violence et impertinence.

« Bon appétit ! » Le plateau fut déposé sur mes genoux. Je n’eus pas le temps de le remercier comme il se devait que Levi me claqua l’un de ces chastes baisers, dont lui seul avait le secret, sur la joue. Puis il disparu sous les draps et mon regard s’agrandit de surprise et d’amusement mêlé. « Ce n’est pas bien tu sais… Si tu continues à me gâter comme ça, il se pourrais bien que je ne quitte jamais plus cet appartement. »Lui lançais-je en rigolant.

Après tout ces événements manger un bout me fit un bien fou. D’autant plus que malgré le fait qu’elle ai été réchauffée la viande restait succulente ! Trop appliqué à dévorer mon repas je ne pris pas le temps de vraiment savourer ce dernier. Quelques minutes passèrent, uniquement entrecoupées par les bruits de vaisselle et de mastications. Je finis même le pain qui était moelleux à souhait tant mon appétit était intarissable. « Tu dois être fatigué. » Lui demandais-je, me tournant vers le sol pour y déposer le plateau nouvellement vide. Puis, me retournant vers Levi, je me rapprochais de lui pour placer un coude de chaque côté de son visage qui dépassait des draps. « C’est dommage je n’aurais pas dis non à mon dessert… » Laissais-je plané un instant entre nos deux visage seulement séparés par quelques centimètres à peine.
En guise de réponse à mes dires, mes lèvres vinrent chercher les siennes pour un échange mesuré. Ma langue passa le long de ses lèvres plusieurs fois, puis mes dents prirent le relais et vinrent le mordre avant que ma bouche ne dérive le long de son menton et enfin vers son cou où je laissais une pluie de baisers s’abattre à mon tour.
Je repoussais légèrement les draps pour que ma bouche puisse se frayer un chemin sur sa peau. Même malgré le goût qui du repas que je venais de manger, qui persistait sur ma langue, je pouvais très clairement déceler celui caractéristique de la peau de Levi. Plus sucré. Un sourire étira mes lèvres tandis que je poursuivais ma tendre revanche dans son cou.
Le souvenir de la marque dans ma nuque qui me tiraillait par ailleurs encore par moment ; me poussa à en faire de même dans la sienne. Aussi et sans le prévenir le moins du monde, ma mâchoire se referma sur l’épiderme infiniment doux et sensible de son épaule, et ma langue cajola la peau lésée comme pour me faire pardonner mon écart de conduite. C'était, geste pour geste, la reproduction fidèle de ce qu'il avait fait un peu plus tôt. Sauf que lui n'avait non plus une trace, mais deux dans le cou dorénavant.
Lors que je relevais les yeux pour jauger les siens un grand sourire me vint et je déposait un bisous chaste sur son nez avant de finalement déposer ma tête dans ma paume ouverte de façon à ne pas perdre une miette de ses expressions.
Je me sentais pareil à un adolescent venant de faire l’amour pour la première fois avec sa nouvelle petite amie, et c’était terriblement excitant. L’impression de voler sur un petit nuage – ou plutôt dans notre bulle rien que pour nous deux – gonfla mon orgueil avec satisfaction.« Alors ! Parles moi de toi. Que fais-tu dans la vie ? Maintenant que tu n’est plus étudiant infirmier… » Je lui décochais un clin d’œil pour l’inviter à se lancer dans les confidences. Mais ne soi pas trop long d’accord ? Je compte bien remettre ça pour un deuxième round. Laisses moi juste le temps de recharger les batteries, pensais-je très fort avec toujours cet amusement au fond des yeux.

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MessageSujet: Re: L'entraide ne coûte pas cher, abusons-en ₰ TWELVE   Mar 14 Aoû - 4:52

Je ne pouvais m'empêcher de sourire à ses mots ainsi qu'à son coup de hanche. Dis donc, soit il était vraiment en manque, soit je lui faisais un effet considérable. Mais je devais bien avouer que le coup de bassin qu'il venait de me donner ne me laissait pas indifférent non plus. Seulement, j'avais des choses beaucoup plus sérieuses en tête. Comme un exemplaire petit infirmier, je prenais soin de lui. Et je le retrouvais de nouveau blagueur avec ce sourire qui décidément ne voulait plus le quitter. Rassuré, je me levais alors en affichant un petit sourire et partit préparer le repas pour lui, ainsi qu'un gant de toilette pour le nettoyer. J'aurais aussi bien pu prendre la trousse de secours mais je jugeais que pour le moment, son pansement tiendrait. Enfin, s'il n'était pas arrosé en tout cas.

De retour dans la chambre, je m'affairais à le placer correctement et en sentant sa langue parcourir ce petit espace à côté de mon oreille, mon corps eut un léger frisson. Frisson qui s'intensifia en sentant sa bouche se coller contre ma peau. Je restais donc volontairement un peu plus longuement à ajuster les coussins dans son dos uniquement pour qu'il continue son petit jeu et une fois que j'eus terminé, je me redressais à peine pour mordre son cou avec amusement. L'instant suivant, je nettoyais son ventre et lui s'amusait à m'imiter d'une manière beaucoup plus suggestive. « Tu risques de te brûler si tu continues à jouer avec le feu... » le prévenais-je alors que je sentais déjà mon ventre se contracter sous ses délicieuses caresses. Alors, je terminais rapidement mon travail et posais son plateau sur ses jambes, m'enfouissant ensuite sous les draps. Un sourire espiègle apparut sur mes lèvres. « Tu peux le quitter si tu veux, je suis certain que tu reviendras tôt ou tard. » C'était ce que j'espérais. Pas que je fasse tout ce que je faisais seulement pour le revoir, mais disons que j'espérais qu'il ne s'en aille pas comme un voleur par la suite.

Allongé sur le dos, je le laissais manger tranquillement et pendant ce temps, je prenais un peu de repos. La journée avait été plus que pesante au bureau et là, je sentais la fatigue tirailler mes nerfs. Alors que je commençais à m'endormir, sa voix me réveilla. Je fis la moue en rouvrant les yeux, lui venait d'apparaître juste au-dessus de moi et ses mots m'arrachaient un nouveau sourire. Alors il était si demandeur que ça ? Comme si ça me gênait. Je répondais à son baiser en passant un bras autour de lui, posant ensuite ma main dans son dos que je caressais lentement du bout des doigts. Ma peau fragile frissonna à nouveau lorsque je sentais ses lèvres partir dans mon cou, je tendais d'ailleurs celui-ci pour lui laisser le loisir d'en visiter toute la superficie. Puis, je sentais ses crocs s'enfoncer dans ma peau, une grimace déforma mon visage le temps de quelques secondes et je soupirais bruyamment pour marquer l'excitation qui commençait réellement à faire son apparition. Je réalisais à peine un instant plus tard qu'il s'agissait exactement de ce que je lui avais fait plus tôt. Lorsqu'il remonta son regard dans le mien, je souriais de toutes mes dents, laissant même un léger rire filtrer à travers mes dents.

« — Alors ! Parles moi de toi. Que fais-tu dans la vie ? Maintenant que tu n’est plus étudiant infirmier… » Oh. Ca c'était un sujet plus que sérieux sur lequel je ne trouvais rien à dire d'intéressant. Ses pensées m'atteignaient juste après et je secouais la tête. « De toute façon, ce n'est pas assez intéressant pour que ce soit bien long. » Je mordillais ma lèvre en reposant ma tête contre le coussin. Mes doigts continuaient leurs caresses distraites allant de ses omoplates jusqu'au creux de ses reins. « Je suis l'assistant d'un banquier. Je travaille donc enfermé dans un bureau à traiter ses courriers, ses demandes et tout ce qui va avec. Un boulot plutôt emmerdant, à vrai dire... » Il voudrait forcément savoir pourquoi j'avais quitté le domaine de la santé pour atterrir dans un domaine beaucoup plus chiant. Alors je soupirais, mon sourire perdu pendant mon récit, et les yeux baissés. « J'aurais beaucoup aimé poursuivre mes études d'infirmier mais comme j'entends pratiquement les pensées de tout le monde, il m'était difficile, quasiment insupportable de les entendre se plaindre à longueur de temps. J'ai arrêté avant de devenir fou. Et je me suis rabattu sur quelque chose de beaucoup plus safe pour mon esprit. » Voilà, maintenant il en savait plus sur moi que n'importe qui d'autre. Étant plutôt solitaire, je préférais me contenter du minimum de sociabilité nécessaire à ma survie.

En remontant mon regard dans le sien, j'embrassais le con de ses lèvres avec tendresse. Je me mis à penser que moi non plus, je ne savais rien sur lui. Mes sourcils se fronçaient alors. « Et toi, alors ? Que fais-tu comme métier qui implique des blessures pareilles ? Tu ne m'as toujours pas raconté pourquoi tu t'es retrouvé dans cet état-là. » Je me redressais pour prendre le relai, le poussant par les épaules pour qu'il se place dans la même position dans laquelle j'étais quelques secondes plus tôt. Quant à moi, plutôt que de soutenir ma tête par mon bras, je préférais largement la poser contre le torse de Min-ho, ma main revenant caresser sa peau, celle de son ventre plutôt que son dos. Comme pour le taquiner à mon tour, je m'amusais même à la pincer légèrement à quelques endroits. « Tu as fait des bêtises, vilain garçon ? » dis-je alors que mon visage se redressait vers le sien, lui adressant un regard taquin accompagné du même sourire.

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Niwie en Or et Femme de BATMAN
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MessageSujet: Re: L'entraide ne coûte pas cher, abusons-en ₰ TWELVE   Mar 14 Aoû - 4:53



Je l’écoutais me raconter sa vie, mes yeux fixés sur la commissure de ses lèvres que ses dents malmenaient dans un réflexe inconscient. Il m’avait fallut une soirée pour faire l’inventaire de ses petits tics et manies, qui avaient le don de me mettre le feu à l’estomac. Un sourire malicieux étira mes lips et je relevais le regard dans l’espoir de croiser ses beaux yeux noisettes. Du bout de ses doigts Levi venait distraitement titiller mon flan indemne, je fis mon maximum pour ne pas gesticuler sous ses chatouilles.
Lorsqu’à la fin de sa longue tirade il vint m’embrasser le coin des lèvres avec tendresse, je lui volais les siennes pour un baiser plus enflammé. Ainsi donc son don était source de bien des ennuis... Je me sentais désolé pour lui. Cela ne devait pas être chose aisée de mêler vie quotidienne et un don tel que le sien. A terme, à sa place, j’aurais surement décidé la même chose que lui. Cependant je me sentais aussi peiné d’apprendre que son boulot actuel était aussi peu épanouissant. « Et ça va ? Ton boss de traite bien ? » lui demandais-je soucieux.

Il me questionna sur ma vie et sur les raisons pour lesquelles j’avais finis à ce point amoché et je laissais planer un « hmmmm » tandis qu’il inversait nos positions. Je le laissais faire sans opposer l’ombre d’une résistance, le laissant m’allonger de tout mon long avant qu’il ne vienne me chevaucher. Sa joue se posa sur mon torse, coupant l’attraction de nos regards plongés l’un dans l’autre, ainsi mes yeux partirent se fixer sur le plafond de sa chambre à coucher. A en juger les quelques fissures qui striaient ce dernier par endroit seulement, le bâtiment ne semblait pas avoir été construit récemment. C’était bien le seul témoignage en cette faveur, le reste de l’appartement, décoré avec goût, ne laissait rien paraître.
Sa main revint dessiner des arabesques sur mon ventre, me pinçant par endroit comme pour me défier d’y redire quoique ce soit. « Tu as fait des bêtises, vilain garçon ? » A ces mots ma paume, légèrement plus large que la sienne, alla recouvrir celle qui me taquinait le torse, tandis que mon autre main se logeait contre le creux de son dos pour y diffuser ma chaleur. Un sourire me vint lorsqu’il releva la tête vers moi avec son air mutin. « Je ne dirais pas ça… Disons plutôt qu’il faut savoir vivre avec son temps. » Je laissais planer mes mots dans le silence de la pièce juste histoire de le frustrer un petit peu. « Non la vérité c’est que j’ai eu le malheur de demander de l’argent aux mauvaises personnes. Lorsque je les ait remboursé je n’ai pas voulu céder en leur payant des intérêts, ce qui leur a déplu forcément. L'esclandre d'aujourd’hui n’était qu’un retour de bâton. Mais je compte bien régler le problème une fois que mes blessures auront guéries. » Je cru noter un léger changement d'expression sur son visage, aussi m'empressais-je d'ajouter : « Ne me fais pas ces yeux là, tout ira bien, tu verras. » Ma main qui jusqu’ici était restée encrée dans son dos, remonta le long de ses omoplates pour venir caresser sa joue dans un geste que j’espérais assuré et réconfortant. « Le reste du temps je m’occupe d’une droguerie tout ce qu’il y a de plus clean ! » Mentis-je l’air innocent. Levi n’avait pas à être mit au courant pour l’aspect licencieux de mon commerce. Et maintenant que j’étais certain qu’il ait entendu mon prénom depuis ma tête, plutôt que par une tierce personne, rien ne laissait entendre qu’il était au courant du reste. Bref, mieux valait pour moi changer de sujet et arrêter de songer à ça avant de vendre la mèche sans le vouloir.

Je fermais les yeux, profitant simplement de l’instant présent et de sa présence réconfortante au-dessus de moi. Malgré son poids certain, qui relançait très légèrement certaines de mes douleurs lorsque je tentais d'inspirer à fond – et par conséquent lorsque mon corps entrait en collision avec la résistance du sien pour le soulever – je préférais le savoir là, tout contre moi, plutôt qu’allongé de l’autre côté du lit.

Bienheureux je laissais échapper un long soupir. « C’est fou l’effet que tu me fais. » M'expliquais-je, refermant mes bras autour de ses épaules et le serrant tout contre moi. « Viens un peu voir par là. » Lorsque j'eus fais le plein de sa présence entre mes bras, mes mains vinrent l'attraper sous les aisselles pour le soulever et le ramener au-dessus de ma tête. Cela m’obligea à contracter les abdos qui rechignaient un peu à marcher comme je le voulais, ce qui m’arracha une grimace de douleur que je balayais bien vite avec un sourire encourageant.
Mes mains le tenait toujours fermement de chaque coté de sa cage thoracique lorsque mes lèvres vinrent chercher les siennes pour un échange si doux qu’elles parurent les effleurer seulement. « Tu travailles demain ? Je ne voudrais pas que tu te fasse enguirlander au travail par ma faute… » Fis-je, ravalant un sourire.
L'idée de lui proposer de me réveiller en même temps que lui, pour pouvoir prendre le temps d'émerger et de partir au même moment, me traversa l'esprit mais je m'abstint bien de lui en faire part tant l'envie de le quitter me manquait. Avec un peu de chance, compte tenu de toute la prévenance dont il avait fait preuve à mon égard, il préférera peut être me savoir chez lui plutôt que lâché dans la nature demain... Evidemment il faudrait que je rentre chez moi à un moment donné, ne serait-ce que pour récupérer deux ou trois affaires et aussi pour vérifier qu'il n'y avait pas eu de casse là-bas. Je ne comptais pas non plus risquer d'y amener Levi de peur de faire une mauvaise rencontre qui vire au drame sur le chemin. De plus, il fallait encore que je sécurise l'accès à mon commerce... Mais tout de suite maintenant, au cœur de cet appartement chaleureux et ainsi lové tout contre lui, je manquais franchement de motivation. « Tu veux qu'on dorme ? Promis je ferais un effort. Ironiquement tu as l'air plus K.O. que moi. » Mon rire cristallin se perdit un instant dans l'appartement, rebondissant contre la surface des murs et nous revenant tel un écho.

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