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 #leave me alone {JASPER}

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Niwie en Or et Femme de BATMAN
Niwie en Or et Femme de BATMAN
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Messages : 410
Date d'inscription : 26/10/2009

MessageSujet: #leave me alone {JASPER}   Sam 16 Juin - 21:28



Jhø & Cain
« DESTROY THE STRONG EGO - DESTROY THE STRONGE RELIANCE ...
DESTROY THE WEAK HEART. »

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Il me fixe. De ce regard creux, éperdu. Lasse. Comme mort. Et mon sourire mauvais s'élargie encore un peu plus. Affichant une lignée de dent parfaitement alignées et blanches à l'extrême. Qu'as-tu pensé, cette fois ? Qu'en venant te perdre là, dans ce lieu qui me répugne tant, je ne l'aurais sans doute pas sus ? Ou alors, était-elle trop indomptable pour ton petit gabarie d'androgyne, comme toutes les autres fois ? Tu en serais tombé dans les pommes que ça ne m'étonnerais qu'à moitié. La première fois, déjà, j'avais eus l'infinie honneur d'être pourvu du rôle de béquille humaine ... Et cette fois là, au même titre que toutes les autres fois, comme celle d'aujourd'hui, je peinais futilement à afficher ce sourire féroce de mes lèvres si tendres. Parce que, quelque part, ça me rassurais de pouvoir être aussi hostile, même si ce n'était là qu'apparence ... Et cette odeur de désinfectant m'enivrant, m'agressant. Inlassablement. Mon regard fixe sur ton corps gracieux fiché dans cette posture maladroite, tremblotante. Entendais-tu mon coeur, cognant si fort contre ma cage thoracique, semblant demander plus d'aide encore que ton air blafard ? Voyais-tu mes paumes aux doigts blanchis sous l'effort ? Ressentais-tu mon appréhension, ma haine, mon regret, mais aussi ma pitié émanant de tout mes membres à la fois ? Alors que mon regard dur te couvait de mépris et de compréhension maladive ...
« — Tafiole, éludais-je froidement à voix haute, n'esquissans aucun geste de ma chaise de plastique blanc immaculé postée contre le mur dont la couleur criarde se mariait à la perfection aux draps, à l’ambiance, à ma chaise, à nos chemises ... à ton teint. »

Cela devait bien faire une dizaine de minutes que j'étais là, simplement prostré à cette chaise froide faisant fasse à ton corps étendu sous les draps. Il-y-avait des fois où, étrangement, tes airs doux me faisait songer à ses contes ridicules dont une belle blondasse - aussi bonne que conne - se retrouvait héroïne, réveillée par ce prince de pacotille après un si long sommeil tranquille ... Héroïne, oui, à ta façon, cette petite appellation te saillait à merveille. Bien plus qu'à n'importe qui d'autre. Mon regard à jamais incendier - incendieur, je tentais vainement de faire abstraction à cette sensation immonde, telle la faucheuse, me laissant voir ce gosse aux cheveux blonds comme le blé et aux yeux bleus comme le ciel ; se fondre dans tes traits fins. Ce gosse perdu, manipulable et manipulé qui n'avait jamais rien fait d'autre que ce voiler la face avec des « et si » aussi rongeurs que le pire des acides. Oh, comme j'aurais aimé te détester, toi et ce sale gosse que tu faisais resurgir. Cette saloperie qui, pourtant, portait le même nom que moi. Les mêmes cheveux. Les même yeux. Ces putains d'yeux.

Ma respiration calme, fluide, contrastant tant avec la tienne semblait comme soudainement arrêtée, alors que mon regard se perdait dans tes iris couleur miel. Démon. Monstre. Qu'étais-tu donc pour avoir tant d'emprise sur mon pauvre être ? J'en trésaille presque, sous cette chemise trop fine. Sous ton regard fatigué, trop lourd. Comme si tu m'accusais, moi, d'être un monstre ... Détournant les yeux vers la fenêtre entrouverte, je détaillais d'un air absent la verdure luxuriante, priant mes bons petits sentiments d'arrêter de me malmener ainsi. Le calme de la pièce n'arrangeait en rien mon cas, et bizarrement, me retrouver seul avec toi me foutais une peur bleue. Parce que j'avais toujours eus l'impression que d'un seul regard, tu pouvais lire en moi comme dans un livre ouvert. Tu était. ma bête noir. Mon cauchemar sur patte. Et c'est peut-être bien pour ce fait que tu m’intriguais tant.

« — Arrête, murmurais-je si doucement qu'il m'aurait étonné que tu me comprenne, ne me fixe pas avec ces yeux là ... »
Obligation qui sonnait alors plus comme une supplication que toute autre chose. Mais qu'en avais-je à foutre, vraiment. Et mes pieds fermement logés contre les barreaux de mon siège, je compris bien rapidement que me lever aurait causé ma perte. J'aurais sombré, n'est-ce-pas ? Tout comme toi, maintenant, là. Pourtant dressé si fièrement devant moi. Ou alors hallucinais-je, peut-être. surement. « lavette, t'es pas très résistant comme marchandise » murmurais-je plus pour moi que pour toi. Et mon rire jaune éclata, résonant inlassablement entre ces quatre murs berceau de toutes mes peurs. Même malgré le calmant que m'avait refourgué la bonne femme qui nous servait d’infirmière, peu de temps avant qu'elle ne s'éclipse pour X et Y raisons. Nous laissant seuls, toi, moi et le bruit sourd des pas rapides - lointains. Me relevant de ma gestuelle incertaine, comme fébrile, le regard toujours fixe sur l’extérieur rayonnant, j'entamais ces quelques mètres nous séparant. Doucement, pour ne pas nous brusquer. Te laissant encore une chance de fuir face à ma colère. Mon désarroi. Parce que tu me connais aussi bien que moi, à présent. Je ne me générais pas pour lever la main sur un malade. Même si ce dernier, c'était toi.

« — Allez, met s'y du tiens, putain. lançais-je furieusement, t'infligeant ma poigne trop serrée sur ton bras doux. androgyne. fragile. Bouge ton cul, lève toi, ça va passer. T'es habitué, oui ou merde ?! »

Mais déjà, j'avais dépassé les bornes.
Emportés dans mon angoisse oppressante.

... Me croiras-tu si je te disais que j'avais peur ?

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